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Grande-Synthe : le premier camp humanitaire de France financé par l’État

Dans le premier camp humanitaire de France, à Grande-Synthe, le 10 mars 2016.
Dans le premier camp humanitaire de France, à Grande-Synthe, le 10 mars 2016. Mehdi Chebil, France 24

Après un long bras de fer avec la ville de Grande-Synthe, dans le nord de la France, l’État a finalement accepté de reprendre la gestion du premier camp humanitaire construit dans cette commune pour accueillir des migrants. La mairie se réjouit.

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Ira, ira pas… Finalement, ira. L’État français a scellé, lundi 30 mai, un accord avec la mairie de Grande-Synthe, dans le Nord, pour financer le premier camp humanitaire du pays, construit fin février. Les ministres de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et du Logement, Emmanuelle Cosse, se sont engagées à consacrer 3,9 millions d'euros à la gestion du camp.

"Nous voulons un accueil digne pour chaque migrant", a indiqué Bernard Cazeneuve, en rappelant que les 134 Centres d'accueil et d'orientation (CAO) ouverts un peu partout en France pour permettre aux migrants de réfléchir à une demande d'asile, avaient accueilli près de 4 000 personnes au total. Le maire Europe-Écologie Les Verts de Grande-Synthe, Damien Carême, a estimé "entre 3,5 et 4 millions d'euros par an" les dépenses de fonctionnement du camp.

Si la convention signée lundi pose en préambule "l'accueil républicain des personnes migrantes", la logique n'est toutefois pas de pérenniser le lieu. Le texte précise que l'accueil se fait "de façon temporaire". Il rappelle aussi que "la fermeture" du camp sera "progressive", "au fur et à mesure des départs des personnes migrantes".

"Fausse rumeur" d'une fermeture imminente

L'aide de Paris intervient après plusieurs mois de bras de fer avec la mairie, qui gérait seule l’afflux de centaines de migrants, kurdes essentiellement, de passage dans la commune. En avril déjà, l’État avait commencé à se raviser. Il avait annoncé son intention de participer aux frais de gestion du camp : eau, électricité, nettoyage des sanitaires et sécurité. Il paraît donc loin le temps où Paris, via son représentant, le préfet du Nord, Jean-françois Cordet, scrutait les moindres défauts de ce camp, baptisé La Linière, et faisait planer la menace d’une fermeture.

Un temps révolu, a fait savoir la mairie de Grande-Synthe à France 24, lundi 30 mai : "Depuis plusieurs jours, une fausse rumeur court sur la fermeture du camp. C'est absolument faux, et le maire a démenti cette information. [...] Nous fermerons La Linière - qui n'a pas vocation à se pérenniser - une fois que tous les réfugiés auront été régularisés".

Environ 700 migrants sur le camp

À l’hiver 2015, la mairie de Grande-Synthe avait décidé de reloger les centaines de migrants qui s'étaient installés dans le camp insalubre du Basroch à La Linière, le premier camp humanitaire de France construit selon les normes internationales.

Les défis avaient été alors nombreux : sans l'aide de l’État, la mairie avait fait appel à Médecins sans frontières (MSF). L'ONG avait investi 2,7 millions d’euros pour faire sortir de terre ce campement de 200 cabanons. Selon le dernier recensement de la mairie, environ 700 migrants se trouvaient sur le camp.

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