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Attentats du 13 novembre : les proches des victimes reçus par les juges

Une victime des attentats du 13 novembre, avant d'être reçue par les juges, le 24 mai 2016.
Une victime des attentats du 13 novembre, avant d'être reçue par les juges, le 24 mai 2016. François Guillot, AFP

Six mois après les attentats, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris, les rescapés et les proches des victimes ont été reçus mardi par les juges chargés de l'enquête.

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Les juges chargés de l'enquête sur les attentats du 13 novembre ont reçu, mardi 24 mai, des rescapés et des proches des victimes. Une première rencontre qui pourrait s'avérer "frustrante" pour eux, alors que le suspect-clé, Salah Abdeslam, refuse pour l'instant de parler.

Faire le point sur le dossier judiciaire

"Cette rencontre avec les juges d’instruction a permis de faire le point sur un dossier qui est extrêmement volumineux. Pendant deux heures et quart, le juge d’instruction a énoncé les faits. Il n’y a pas de révélations, mais cela a été mis en perspective, à la disposition des familles dans un langage simple et accessible. Cela était important qu’elles aient un aperçu détaillé des investigations déjà réalisées", a expliqué sur l’antenne de France 24 Stéphane Gicquel secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac).

"Il y avait de l’émotion et aussi chez certaines victimes de l’incompréhension et de la colère. Mais surtout de façon générale, les familles étaient extrêmement attentives à la parole du juge. Il y a eu des questions qui ont permis d’aborder très librement un ensemble de sujets", a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, la secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes, Juliette Méadel, avait estimé que "ces trois journées [participaient] au processus de reconstruction, car on met des mots sur ce qui s'est passé". Face à un risque de "flambée traumatique" et de résurgence de "souvenirs douloureux", "des psychiatres et des médecins urgentistes" sont sur place, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

"La rencontre en elle-même est importante. Elle est symbolique", a aussi expliqué l’avocate Samia Maktouf, qui représente 17 victimes. "La demande des familles, c'est d'abord qu'on les comprenne, qu'on les considère, qu'on les respecte."

Les explications de notre journaliste Karim Hakiki

Des familles en attente de réponses

Les proches des 130 morts et environ 350 blessés "attendent d'être reconnus avec un statut de victimes", dit encore Jean Reinhart, qui défend pour sa part 75 parties civiles.

Ces dernières espèrent aussi obtenir des réponses de la part des six magistrats instructeurs chargés du dossier, accompagnés pour ces rencontres de trois représentants du parquet. "On aimerait que les juges nous disent si on a des chances de monter plus haut" dans la chaîne de responsabilités, jusqu'aux commanditaires, explique ainsi Gérard Chemla, qui représente entre 70 et 80 victimes.

Certaines parties civiles souhaitent également des précisions sur le chemin emprunté par les djihadistes présumés avant les attentats, et les suites judiciaires prévisibles. Comment Abdelhamid Abaaoud, chef opérationnel présumé des attaques, a-t-il notamment pu revenir le soir même sur "les scènes de crime" et ne pas être inquiété ?

D'autres souhaitent connaître le sort réservé aux inculpés (plus d'une dizaine) détenus à l'étranger. La justice française a demandé à Bruxelles la remise de quatre suspects incarcérés en Belgique. Quand seront-ils "transférés en France" et "les personnes en prison en Autriche ou en Turquie" seront-elles "aussi réclamées par les juges", s'interroge l'avocat Philippe Stepniewski.

Enfin, l'une des revendications des familles vient juste d'être comblée. Les rapports d'autopsie, qu'elles réclamaient jusque-là, ont finalement été versés à l'enquête. "Une des questions qui revient très souvent, c'est : 'Est-ce que mon fils ou mon mari, ou mon frère a souffert ?'", souligne en effet Samia Maktouf.

Des réunions comme celles-ci sont organisées dans le cadre d'enquêtes sur des catastrophes de grande ampleur comme le crash du vol Rio-Paris en 2009 ou des attentats comme celui de Karachi en 2002.

Avec AFP et Reuters

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