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Égypte : le correspondant de La Croix et de RTL au Caire expulsé

Rémy Pigaglio, correspondant au Caire expulsé d'Egypte mercredi 25 mai 2016.
Rémy Pigaglio, correspondant au Caire expulsé d'Egypte mercredi 25 mai 2016. Vinciane Jacquet

Rémy Pigaglio, correspondant de La Croix et de RTL au Caire, a été arrêté, maintenu en détention pendant 30 heures avant d'être expulsé d'Egypte sans qu'aucune raison lui soit notifiée. Son journal et ses confrères réclament des explications.

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Le correspondant de La Croix et de RTL au Caire depuis près de deux ans, Rémy Pigaglio, a été expulsé d’Égypte mardi 24 mai.

Selon le journal La Croix, le journaliste, qui revenait de 10 jours de vacances, a été "arrêté lundi 23 mai à son arrivée à l’aéroport du Caire. Emprisonné dans la zone aéroportuaire où il a passé la nuit de lundi à mardi, il a été ensuite expulsé sans explication par les autorités égyptiennes, mardi soir, malgré une intervention au plus haut niveau de l’ambassade de France". Il devrait arriver au journal dans l'après-midi.

Rémy Pigaglio assurait la correspondance au Caire depuis août 2014. Il était muni d’un visa journaliste de six mois "dont la présentation permet habituellement de passer le contrôle sans problème", assure La Croix. "Rien ne m’a été confisqué et je n’ai pas été maltraité. Aucun interrogatoire n’a été mené.

Le journal explique que la police, lors de son arrestation, lui a confisqué son passeport et son téléphone et a refusé de le laisser parler à l’ambassade de France avant le soir. Son renvoi en France s’est fait "sans aucun motif". "Les autorités égyptiennes n'ont donné aucune explications aux autorités françaises qui ont géré l'affaire", explique Rémy Pigaglio, contacté par France 24. Et de poursuivre, "comme tous les correspondants, je fais des papiers qui peuvent parfois gêner le régime, mais pas plus que d'autres médias. Je n'ai senti auncun signe avant-coureur de ce qui allait se passer. Peut-être ai-je servi d'exemple? Je ne sais pas. Cette situation est assez incompréhensible..."

Selon le quotidien, "plusieurs éléments semblaient indiquer que les renseignements égyptiens (moukhabarat) étaient à l’origine de la décision d’expulsion".

À la suite de cette nouvelle, les correspondant français en Égypte ont, dans un communiqué commun, demandé aux autorités locales "des explications sur la nature et les raisons de cette décision". Ils déplorent "la répression grandissante des autorités sur les médias égyptiens et étrangers : surveillance, intimidation, arrestation, refoulement, expulsion, détention". 

 

Début mai, déjà, le syndicat des journalistes en Égypte a dénoncé un "recul" de la liberté de la presse dans le pays, accusant le pouvoir d'être en "guerre contre le journalisme", après l'arrestation le 1er mai de deux reporters au siège de l'organisation.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi est régulièrement accusé par les défenseurs des droits de l'homme d'avoir instauré un régime ultra-autoritaire qui réprime violemment toute opposition depuis qu'il a destitué en 2013 son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi.

Rémy Pigaglio, lui, ne compte pas rester à Paris. "Tous mes amis peuvent en attester : l'Égypte est un pays que j'adore aussi bien pour y vivre que pour y travailler. J'espère que les autorités reviendront sur leur décision pour que je puisse y retourner prochainement."

Avec AFP
 

 

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