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Le FMI refuse de s'associer financièrement à l'accord sur la Grèce "en l'état"

Wolfgang Schaüble, ici avec Christine Lagarde en 2015, a été présenté comme le gagnant du bras de fer avec le FMI sur la question grecque.
Wolfgang Schaüble, ici avec Christine Lagarde en 2015, a été présenté comme le gagnant du bras de fer avec le FMI sur la question grecque. Nicholas Kamm, AFP

Le FMI a refusé, mercredi, de soutenir financièrement l'accord conclu par la Grèce et l'UE sur la question de la dette. Même si ce n'est pas une remise en cause totale du compromis signé, c'est une douche froide pour les dirigeants européens.

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Désaccord sur l'accord. Le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré, mercredi 25 mai, ne pas vouloir s'associer financièrement au programme d'aide à la Grèce "en l'état". Une annonce surprise qui intervient quelques heures après la signature d'un nouvel accord entre Athènes et ses créanciers publics - FMI, Banque centrale européenne, Union européenne. Le compromis était censé donner le feu vert à 10,3 milliards d'euros de prêts à Athènes ainsi qu'à un futur allègement de la dette.

"Nous ne sommes pas dans une situation où le FMI peut dire 'nous sommes prêts à aller de l'avant' mais [...] je crois que nous pouvons y parvenir d'ici la fin de l'année", a indiqué un responsable de l'institution internationale à l'AFP.

Réjouis trop vite

Cette déclaration n'est pas, pour autant, une remise en cause totale du compromis signé. Les prêts débloqués à l'issue de 11 heures de négociations correspondent à des fonds européens qui n'engagent pas financièrement l'institution dirigée par la Française Christine Lagarde.

C'est, en revanche, une douche froide pour les différents dirigeants européens qui avaient salué la portée du compromis. Le commissaire français aux Affaires européennes et financières Pierre Moscovici était même allé jusqu'à dire qu'une "page avait été tournée".

Les responsables se sont visiblement réjouis trop vite. Le refus du FMI de continuer à soutenir financièrement la Grèce "en l'état" des négociations jette le doute sur l'aide à plus long terme prévue par l'accord. Les créanciers européens, Allemagne en tête, avaient en effet accepté le principe d'un allègement de la dette après 2018 (réduire le montant, baisser les taux d’intérêt, allonger la maturité de remboursement), date de la fin du troisième plan d'aide internationale, et d'un soutien financier supplémentaire à Athènes si besoin.

Mais ce compromis suppose la participation du FMI à l'aventure. C'est, en tous cas, une condition sine qua non pour l'Allemagne. "Pour Berlin, ce point est essentiel car en cas de défection du Fonds monétaire international, l’Allemagne se retrouve à être le principal responsable de l’aide à la Grèce”, explique Ian Begg, spécialiste de l'économie européenne à la London School of Economics, contacté par France 24.

Schäuble pas si "vainqueur" ?

Si le Fonds monétaire international a déclaré ne plus vouloir continuer à mettre de l'argent au pot, c'est parce qu'il a des doutes sur les contours du futur allègement de la dette. L'institution internationale répète depuis des mois qu'il doit être rapide, important et surtout inconditionnel, sans quoi la Grèce ne serait pas en mesure de tout rembourser.

Problème : le texte de l'accord signé ne dit rien sur l'ampleur de l'allègement après 2018 et, surtout, pose une condition. Athènes doit, pour en bénéficier, maîtriser ses besoins de financement (l’argent nécessaire pour faire fonctionner l’État) en dessous d’un certain seuil.

Cette formulation correspondait, peu ou prou, à la ligne défendue par Berlin et contestée par le FMI. Pour le quotidien économique allemand Handelsblatt, cela prouvait que "Wolfgang Schäuble [était] sorti gagnant" de son bras de fer avec Christine Lagarde.

La déclaration du responsable du FMI, qui a voulu garder l'anonymat, prouve que l'institution ne s'avoue pas vaincue et que le bras de fer peut continuer. "Nous n'avons pas cédé sur le fait que nous avons besoin des garanties suffisantes sur l'allègement de la dette", a-t-il précisé à l'AFP.

Le pari du Fonds monétaire international est double : que l'Allemagne cède de peur de se retrouver seul capitaine à bord et que les autres pays européens pressent Berlin de faire des concessions de peur que le dossier grec parasite les débats sur le "Brexit".

Mais ce combat de titans entre l'Allemagne et le FMI fait une victime par ricochet : la Grèce. L'incertitude sur la participation du Fonds monétaire ne fait pas les affaires d'Athènes qui ne sait, du coup, toujours pas de quoi sera fait l'après-2018. Un flou qui ne va pas redonner confiance à d'éventuels investisseurs qui seraient tentés de remettre un pied économique en Grèce.

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