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La police disperse quelques milliers de manifestants anti-Kabila à Kinshasa

Des policiers montent la garde à Kinshasa à la suite de manifestations en janvier 2015.
Des policiers montent la garde à Kinshasa à la suite de manifestations en janvier 2015. Papy Mulongo, AFP (Archives)

La police congolaise a dispersé une manifestation de quelques milliers d'opposants au président Kabila. Selon un officiel de l'ONU, un manifestant et une policière ont été tués à Goma dans des échauffourées. La police dément.

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La contestation anti-Kabila monte en République démocratique du Congo. La police congolaise a dispersé jeudi 26 mai à Kinshasa une manifestation de quelques milliers d'opposants au président Joseph Kabila qui s'étaient écartés de l'itinéraire autorisé par les autorités locales.

Trois coalitions d'opposants avaient appelé la population à descendre dans la rue dans tout le pays. Objectif : exiger la tenue d'une présidentielle avant le terme du mandat de Joseph Kabila, le 19 décembre.

Les manifestants entendaient également dénoncer un récent arrêt de la Cour constitutionnelle autorisant le chef de l'État à se maintenir dans ses fonctions si l'élection n'est pas organisée d'ici là, comme cela semble chaque jour un peu plus certain. La Constitution interdit à Joseph Kabila de se représenter. Ses détracteurs l'accusent depuis des mois de chercher à tout faire pour contourner cet obstacle et se maintenir au pouvoir.

Manifestations interdites au Nord-Kivu et à Lubumbashi

Les autorités locales avaient autorisé la marche de l'opposition à Kinshasa mais au Nord-Kivu, province de l'est de la République démocratique du Congo, toute manifestation avait été interdite, tout comme à Lubumbashi, la deuxième ville du pays, dans le sud-est.

Une des plateformes de l'opposition avait appelé la population à braver ces interdits. Mais à Lubumbashi, fief de l'opposant Moïse Katumbi, candidat à la présidentielle ayant quitté le pays vendredi après des ennuis judiciaires, un déploiement massif des forces de l'ordre a dissuadé toute volonté d'attroupement, selon des journalistes de l'AFP sur place.

À Goma, capitale du Nord-Kivu, des policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs regroupements de jeunes ayant dressé des barricades sur la voie publique, selon un correspondant de l'AFP.

"Il y a eu quelques échauffourées", a dit à l'AFP le porte-parole de la police nationale congolaise, le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu, mentionnant sans plus de précisions "quelques interpellations". Un officiel de l'ONU a fait état de la mort d'un manifestant et d'une policère lors des ces heurts à Goma. Mais les autorités locales ont démenti ces informations. Interrogés par l'AFP, des responsables de la police de Goma ont affirmé qu'aucun agent de la police n'avait péri dans la ville et que le civil tué était "un pillard".

La manifestation de Kinshasa dispersée

À Kinshasa, ville de 10 millions d'habitants, quelque 5 000 personnes ont répondu à l'appel de l'opposition et manifesté pour demander "le respect des délais constitutionnels" pour la tenue de la présidentielle censée avoir lieu cette année, selon une journaliste de l'AFP.

La manifestation s'était éloignée depuis longtemps de l'itinéraire convenu lorsque la police a tiré des grenades lacrymogènes sur le cortège vers 11 h 45. Des pierres ont alors fusé de la foule vers les policiers, qui ont fini par charger pour disperser les manifestants. "Ce n'est pas l'itinéraire, qu'est-ce qu'ils sont allés faire-là ?", a déclaré à l'AFP le colonel Mwanamputu, "dans ces cas-là, rien à faire, on n'a pas à négocier, on disperse".

Vers 13 h 15, quelques centaines de jeunes hommes revenus au point de départ de la manifestation affrontaient de nouveau à coups de pierre les forces de l'ordre, qui tentaient de les disperser avec des gaz lacrymogènes.

Mercredi soir, le secrétaire-général de l'ONU, Ban Ki-Moon avait indiqué être "profondément préoccupé" par la situation politique au Congo, pays ravagé par deux guerres entre 1997 et 2003 et dont la partie orientale continue d'être déchirée par la violence de multiples conflits armés.

Avec AFP et Reuters
 

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