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Verdun : une cérémonie du centenaire sous le signe de la jeunesse

Des jeunes de France et d'Allemagne ont commémoré ensemble les cent ans de la sanglante bataille de Verdun, le 29 mai 2016..
Des jeunes de France et d'Allemagne ont commémoré ensemble les cent ans de la sanglante bataille de Verdun, le 29 mai 2016.. Jean-Christophe Verhaegen, AFP

Cent ans après les combats de Verdun, le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel ont commémoré ensemble cette bataille. Des milliers de jeunes Français et Allemands ont été au cœur de cette cérémonie.

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Des milliers de jeunes sortant de l'ombre de la forêt et courant ensemble entre les rangées de tombes du cimetière de Douaumont. C'est sans aucun doute cette image qui restera des commémorations du centenaire de la bataille de Verdun, dimanche 29 mai.

Maître d'orchestre de cette cérémonie, le réalisateur allemand Volker Schlöndorff a choisi de placer la jeunesse au cœur des célébrations. Au son des Tambours du Bronx, 3 400 élèves français et allemands ont parcouru, d'un même élan, l'ancien champ de bataille, symbole de la Première Guerre mondiale. Alors que leurs aînés se sont livrés ici-même un violent combat il y a 100 ans, faisant 300 000 morts dans les deux camps, la jeunesse d'aujourd'hui leur a répondu par un vibrant plaidoyer pour la vie. Énergie, rythme, couleurs, tout était réuni sous le ciel pourtant gris de Verdun.

"La puissance victorieuse de la vie"

Sur les réseaux sociaux, certains se sont scandalisés de cette danse au milieu des sépultures des soldats morts pour la France. Selon eux, nos aînés n'auraient pas apprécié de voir ainsi leur mémoire foulée au sol par une chorégraphie des plus contemporaines aux tee-shirts bariolés. "Indigne", "Honteux", "Consternant", peut-on lire ici ou là.

Personne ne peut parler à la place de nos poilus. Mais, ne vaut-il pas mieux imaginer qu'ils seraient sans doute heureux, un siècle plus tard, de voir leurs enfants respectueux et souriants, sans armes à la main, évoluant côte-à-côte, là même où leur jeunesse a été fauchée d'un coup de mitraille ou d'obus ? C'est sûrement tout le bien qu'ils pouvaient nous souhaiter. Quel meilleur message, que de voir ces jeunes, autrefois ennemis, désormais réunis ? Célébrer la paix ne pourra jamais être vulgaire.

"Aujourd'hui, c'est la puissance victorieuse de la vie", a ainsi résumé le président François Hollande lors de son discours, en faisant référence à ce rassemblement franco-allemand. "Il n'y a plus de tranchées qui nous séparent. C'est en amis que nous nous souvenons de notre passé et que nous forgeons notre avenir. (..) Puisse cela durer le plus longtemps possible", a salué la chancelière allemande Angela Merkel en félicitant les élèves pour leur participation.

"Pour que cela n'arrive plus jamais"

Déjà le matin, lors de la première cérémonie à la nécropole allemande de Consenvoye, l'accent avait été mis sur la jeunesse. Deux Français et deux Allemands ont déposé une gerbe au côté du président et de la chancelière. Très impressionnés par cette responsabilité, ils se souviendront longtemps de cette journée. "Je me suis rendue compte du nombre de morts tombés ici", a ainsi expliqué Lena Schweiger, 16 ans, après cette cérémonie.  "Pour nous, c'est important d'être ici pour que cela n'arrive plus jamais. Il faut garder les liens et apprendre à se connaître", a ajouté cette jeune Allemande de la région de Hanovre, qui a passé les derniers jours à Verdun aux côtés de 4 000 jeunes des deux pays. Chez les Français, cette rencontre va aussi laisser des traces. "J'ai beaucoup aimé partager tous ces moments ensemble", a résumé Marius, un collégien de la Creuse, très fier d'avoir été présent lors de cette semaine spéciale ponctuée d'échanges et d'ateliers. "C'est bien de célébrer l'amitié franco-allemande et de montrer que cette guerre était inutile", surenchérit Mathieu, un autre participant, originaire lui de Verdun.

Plus de 30 ans après la célèbre main tendue de François Mitterrand à Helmut Kohl sur ce même lieu de Douaumont, la réconciliation est désormais une chose entendue, parole d'enfants. Les deux dirigeants actuels l'ont aussi prouvé en se tenant une nouvelle fois les mains entrelacées dans l'ossuaire. Pour eux, il s'agit désormais d'œuvrer ensemble pour l'Europe. "Les valeurs qui nous sont communes, la liberté la démocratie, l'État de droit sont mises à l'épreuve tous les jours, la France et l'Allemagne les portent plus particulièrement", a insisté Angela Merkel. Pour François Hollande, c'est cette jeunesse réunie aujourd'hui à Verdun qui doit porter à son tour ces valeurs. "Vous êtes le XXIe siècle, vous représentez l'avenir, la diversité", a-t-il conclu.  "Cette voix, c'est la vôtre, elle est européenne".

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