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Sahara occidental : décès de Mohamed Abdelaziz, chef du Front Polisario

Mohamed Abdelaziz, le président du Front Polisario, à Madrid le 14 novembre 2014.
Mohamed Abdelaziz, le président du Front Polisario, à Madrid le 14 novembre 2014. Pierre-Philippe Marcou, AFP

Mohamed Abdelaziz, le chef du Front Polisario qui lutte pour l'indépendance du Sahara occidental, est décédé, mardi. Il dirigeait ce mouvement indépendantiste depuis 40 ans et avait noué un lien important avec l'Algérie.

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Le Front Polisario, qui lutte pour l'indépendance du Sahara occidental, est orphelin. Mohamed Abdelaziz, qui le dirigeait depuis 40 ans sur 43 ans d’existence, est décédé mardi 31 mai, à 69 ans. Il a été emporté par les "suites d'une longue maladie", a annoncé le mouvement indépendantiste, cité par l'agence algérienne APS.

Le Polisario a été fondé en 1973 pour défendre, avec le soutien de l'Algérie, l'indépendance de l'ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975. Ce lien historique avec la République algérienne a conduit son président, Abdelaziz Bouteflika, à décréter mardi un deuil de huit jours. Le Conseil des ministres s’est également ouvert par une minute de silence en hommage au dirigeant indépendantiste, a annoncé la télévision.

"Une grande perte pour le peuple sahraoui"

Mohamed Abdelaziz portait aussi le titre de président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée par le mouvement indépendantiste en 1976. "C'est une grande perte pour le peuple sahraoui", s’est ému Mohamed Keddad, un responsable du Polisario. "Il a sacrifié sa vie pour la libération du Sahara occidental. Il incarnait la sagesse, la pondération, l'engagement sincère et ferme pour la libération du Sahara Occidental."

Mohamed Abdelaziz est un Reguibi, une des trois grandes tribus sahraouies, de la fraction des Fokra. Il a fait ses études primaires et secondaires dans le sud marocain, où ses parents se sont installés au milieu des années 1950. Son père était un ancien sous-officer de l'armée royale marocaine.

À la fin des années 1960, il est à Rabat et Casablanca, où il rencontre les premiers militants nationalistes sahraouis, qui fréquentaient alors les universités marocaines. Dans ces milieux très activistes, il fait ses premières armes dans la politique, avant de passer à la lutte clandestine puis ouverte.

Blocage par le Maroc depuis 1992

Il participe à la création du Front Polisario en mai 1973 au côté de Mustapha Sayed el-Ouali, qui en prend la tête. Mohamed Abdelaziz, lui, devient un des principaux chefs militaires de l’organisation et organise les premiers raids contre les garnisons espagnoles. Il participe lui-même aux opérations, et continue de le faire pendant quelques années lorsqu'il devient le "numéro un" sahraoui, à la mort de Mustapha Sayed el-Ouali en 1976.

En février dernier, Mohamed Abdelaziz était apparu affaibli en recevant le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon dans un camp de réfugiés à Tindouf, en territoire algérien. Un plan de l'ONU pour un référendum d'autodétermination du Sahara occidental est bloqué depuis 1992 par le Maroc qui milite en faveur d'une large autonomie sous sa propre souveraineté.

Avec AFP

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