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Les Suisses rejettent le revenu de base pour tous

En mai 2016, sur la plaine Plainpalais à Genève, un poster géant interpelle les passants sur le revenu de base.
En mai 2016, sur la plaine Plainpalais à Genève, un poster géant interpelle les passants sur le revenu de base. Fabrice Coffrini, AFP

L'initiative en faveur d'un revenu de base inconditionnel (RBI) en Suisse a été rejetée par 76,9% des électeurs lors d'un référendum national. Les votants ont en revanche approuvé des projets de loi sur la réforme du droit d'asile.

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C'est non. Les Suisses ont rejeté massivement dimanche 5 juin, sans surprise, la création d'un revenu de base pour tous, un projet révolutionnaire qui a suscité de vifs débats.

Selon les résultats définitifs, 76,9 % des électeurs ont dit non à ce projet controversé. Le taux de participation était de 46 %.

La Suisse était le premier pays à tenir un référendum national sur l'idée d'un revenu de base garanti à chacun, mais d'autres pays, comme la Finlande, étudient des projets du même type.

L'initiative populaire "pour un revenu de base inconditionnel" (RBI) proposait de verser une allocation universelle chaque mois à tous les Suisses et aux étrangers vivant dans le pays depuis au moins 5 ans, qu'ils aient ou non déjà un emploi.

Le montant envisagé par le groupe non politique à l'origine de l'initiative était de 2 500 francs suisses (2 260 euros) par adulte – un montant très faible pour vivre en Suisse – et 650 francs suisses pour chaque mineur.

"L'initiative était surotu destinée à alimenter une discussion"

Pour la majorité des Suisses qui vénèrent la valeur travail, recevoir de l'argent sans contrepartie est inconcevable.

En 2012 déjà, les Suisses avaient refusé de porter leurs congés payés de 4 à 6 semaines, craignant une baisse de leur compétitivité.

"Les Suisses ont jugé dimanche de façon réaliste", a commenté sur la chaîne RTS le politologue Andreas Ladner, de l'université de Lausanne. "Être payé sans travailler, ça aurait été un grand pas. L'initiative n'était pas très claire, elle était surtout destinée à alimenter une discussion", a-t-il ajouté.

Selon Catherine Fiankan-Bokonga, correspondante de France 24 en Suisse, le conseil fédéral suisse ainsi que le gouvernement s'étaient d'ailleurs exprimés contre cette mesure qui, selon eux, pénaliserait l'économie du pays.

FR NW GRAB CATHERINE R1 21H

Le propriétaire de café bâlois Daniel Häni, l'un des coauteurs de l'initiative, a reconnu la défaite des partisans du RBI mais s'est targué d'avoir remporté dimanche une victoire morale.

"Quand je vois l'intérêt porté (au sujet) par les médias, y compris à l'étranger, je me dis que nous lançons là une tendance", a continué Daniel Häni.

Les électeurs suisses ont en revanche soutenu le projet de loi proposant d'accélérer les procédures de demande d'asile, dont une grande partie devront être achevées en 140 jours maximum.

Ils ont également dit oui au diagnostic préimplantatoire (DPI), une technique qui permettra de sélectionner et de congeler des embryons, mais uniquement ceux des couples porteurs d'une maladie héréditaire grave ou qui ne peuvent pas avoir d'enfant par voie naturell.

Avec AFP et Reuters

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