Découvertes

Les politiques s'emparent de Facebook Live, en Australie comme en France

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull en direct sur Facebook Live.
Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull en direct sur Facebook Live. AAP Images

En Australie, un débat officiel entre deux candidats politiques sera retransmis pour la première fois sur Facebook Live. En France, l'utilisation de la fonctionnalité par les politiques reste timide.

Publicité

Facebook Live va-t-il changer la donne en politique ? Il en a bien l'intention. En Australie, il sera au centre de la campagne électorale fédérale.

En effet, le site web généraliste news.com a annoncé qu'un débat politique sera pour la première fois hébergé en ligne par la firme de Mark Zuckerberg.

VOIR AUSSI : Les "Facebook live" du monde entier sont désormais accessibles sur une carte interactive

Le Premier ministre et leader du parti libéral, Malcolm Turnbull, a mis au défi son rival du parti travailliste de débattre avec lui sur un support innovant. "Ce sera très excitant de participer à un débat électoral sur un support de notre temps", a-t-il déclaré aux médias, ce mardi.

Pour le Premier ministre, cette nouvelle fonctionnalité du réseau social le plus utilisé de la planète peut permettre de s'adresser à des millions d'Australiens. Quelques heures plus tard, Bill Shorten relevait le défi. La date n'est pas encore fixée, mais il pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine.

Durant la campagne australienne, il y a traditionnellement trois débats. Deux ont déjà eu lieu dans des médias plus traditionnels. Et alors que le dernier aurait dû avoir lieu sur la chaîne Sky News, le gouvernement semble se rappeler que les électeurs ont désormais internet.

Cette première expérience sera donc à suivre de près.

En France, l'arrivée difficile du live dans les mœurs politiques

Dans l'Hexagone, les politiciens tentent peu à peu de s'approprier l'outil. C'est Jean-Luc Mélenchon, le leader du Parti de gauche, qui s'y est essayé le premier diffusant en live sa visite aux salariés de l'usine Vallourec.

Hasard malheureux du calendrier qui ne fera pas plaisir au "candidat des insoumis" pour 2017, le lendemain, c'est Marine Le Pen, la candidate du Front national qui s'empare de l'outil à son tour pour répondre aux questions des internautes en direct. Le Petit journal soulignera, moqueur comme à son habitude, que la représentante du FN n'avait pas l'air d'avoir choisi des questions qui fâchent.

En mars, c'est le président de la République en personne, François Hollande qui avait voulu s'essayer au live via Periscope : un fiasco complet. Le Président s'était retrouvé face à une pluie d'insultes de la part des internautes. Des commentaires alors impossible à modérer à l'époque.

Interrogée par Télérama, Anne-Claire Ruel, spécialiste des réseaux sociaux et de la communication politique et enseignante à l'université de Cergy-Pontoise, pense que le phénomène n'en est qu'à ses débuts : "2017 va être la campagne du live, c’est clair et net." Mais elle pointe aussi du doigt les limites des pratiques actuelles : "Mais pour le moment, c'est seulement la pratique qui change, la politique en elle-même n’est pas renouvelée; les politiques sont encore trop focalisés sur l’outil pour cela, ils ne développent que très peu la démocratie participative, par exemple. Ils ont pourtant intérêt à vraiment entrer dans cette ère du live, mais à condition de le faire dans une logique conversationnelle."

De là à imaginer le débat de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle française diffusée sur Facebook Live comme en Australie, il n'y a qu'un pas. Mais un pas qu'il est difficile de franchir. Pas sûr que les chaînes de télévision acceptent de renoncer à cette occasion de rassembler 17 millions de téléspectateurs comme en 2012.

– Adapté d'un article Jenni Ryall sur Mashable.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine