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Jeûner pendant le bac : le défi des lycéens qui font le ramadan

Les dates du baccalauréat 2016 coïncident avec celle du ramadan, mois sacré de jêune dans l'islam.
Les dates du baccalauréat 2016 coïncident avec celle du ramadan, mois sacré de jêune dans l'islam. Fethi Belaid / AFP

Comme en 2015, le bac coïncide avec le ramadan : un défi pour les musulmans, qui ne peuvent s'abstenir de jeûner selon leur religion sous prétexte d’examens. Une récente et controversée "fatwa" française a cependant assoupli cette prescription.

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Passer le bac et respecter le ramadan : c’est le défi de nombreux lycéens musulmans cette année encore. Comme l’an dernier, l’examen, dont les écrits s’étalent du 15 au 22 juin, aura lieu pendant le mois sacré de jeûne dans l'islam, qui a commencé en France le lundi 6 juin.

Cet alignement de calendriers n'est pas anodin en France, où vit une importante communauté musulmane, et alors que le ramadan est un rite massivement suivi, avec plus de 70 % de jeûneurs parmi les fidèles, selon les études. Durant ce mois, les musulmans sont invités à s'abstenir de boire et de manger, de l'aube jusqu'au coucher du soleil. Soit pendant 18 heures environ la semaine des examens.

"On ne prescrit à une personne que ce qu'elle peut supporter"

Le jeûne, quatrième pilier de l'islam, concerne tout musulman pubère. Des dispenses appelant des compensations - par un jeûne différé - sont prévues pour les voyageurs, les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes ou devant allaiter. Mais théoriquement ni pour les travailleurs ni pour les candidats à des examens.

"Passer un examen n'est pas une raison valable pour abandonner le jeûne du ramadan, qui est une prescription religieuse très importante", explique le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech. "Des versets du Coran disent qu'on ne prescrit à une personne que ce qu'elle peut supporter", nuance ce responsable, pour qui "le ramadan n'est pas un point d'achoppement posant des questions métaphysiques".

Fatwa exceptionnelle

Le Conseil théologique musulman de France (CTMF), une commission gravitant dans l'orbite de l'UOIF (issue des Frères musulmans), a toutefois publié dimanche une "fatwa" (avis juridique religieux) permettant une rupture du jeûne pour les candidats.

"Les élèves qui vont passer des examens, décisifs dans leur vie, peuvent ne pas jeûner, pendant la période de préparation, comme pendant les jours des examens, puisqu’ils ont besoin de manger pour leur préparation et leur application dans les réponses, notamment ceux qui connaissent leurs propres faiblesses et leur manque d’endurance", dit le texte, précisant qu’il "leur faut en revanche rattraper ces jours – manqués – après le ramadan". "Les candidats n'ayant des examens que le matin "n'ont pas à se servir de cette dérogation", est-il ajouté. 

"À quand la fatwa pour manger du porc ?"

Cet avis religieux a aussitôt soulevé la controverse. Sur la page Facebook du CTMF, les commentaires réprobateurs abondent: "À quand la Fatwa pour rompre le jeûne pour le permis de conduire ? Celle pour manger du porc durant les entretiens pour l'acquisition de la nationalité ?", écrit un internaute.

"Ce n'est pas sérieux", estime Fateh Kimouche (@Al-Kanz),  auteur d'Al-Kanz, blog incontournable pour ceux qui s'intéressent au hallal. "Si des étudiants peuvent manger et boire, pourquoi pas des ouvriers qui travaillent en plein soleil ? "Beaucoup se sentent plus légers, se sentent mieux lors du ramadan", assure-t-il en vantant ses vertus d'"ascèse spirituelle". Avec ou sans examen à passer.

Avec AFP 

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