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ONU : Paris tente d'apaiser les tensions entre Ban Ki-moon et l'Arabie saoudite

Kena Betancur, AFP

Jean-Marc Ayrault a appelé vendredi à apaiser les tensions entre Ban Ki-moon et les autorités saoudiennes. L'ONU avait placé la coalition militaire menée par Riyad au Yémen sur une liste noire de pays violant les droits des enfants.

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Jean-Marc Ayrault a appelé vendredi 10 juin à "tout faire" pour apaiser la querelle qui oppose l'ONU à l'Arabie saoudite depuis plusieurs semaines. Un appel au calme inhabituel pour les Nations Unies, dont le secrétaire général Ban Ki-moon est habituellement celui qui invite à l'apaisement.

Tout a commencé le 3 juin dernier, quand l'ONU a décidé de placer la coalition menée par l'Arabie saoudite sur sa liste noire des pays violant les droits des enfants, l'accusant de la mort de centaines de mineurs au Yémen, où Riyad et ses alliés soutiennent le gouvernement yéménite contre les rebelles chiites houthis. Courroucées les autorités saoudiennes ont aussitôt demandé le retrait de sa coalition de la liste, arguant que les motifs invoqués "étaient très largement exagérés". L'ONU accuse pourtant la coalition d'être responsable à 60 % du bilan de 785 enfants tués et 1 168 mineurs blessés l'an dernier au Yémen. Des accusations que Riyad nie en bloc.

Lundi 6 juin l'ONU a finalement cédé, sous le feu des critiques, et retiré la coalition de la fameuse liste. Mais jeudi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon n'a pas manqué de dénoncer les pressions, y compris financières, exercées par Riyad pour obtenir ce retrait.

Selon des diplomates à l'ONU cités par l'AFP, l'Arabie saoudite a notamment menacé de couper des financements à l'UNRWA, qui aide les réfugiés palestiniens et connaît de graves difficultés financières. Riyad a aussi mobilisé en sa faveur l'Organisation de la coopération islamique (OCI) et la Ligue arabe.

Paris joue l'apaisement

L'affaire prenant une certaine ampleur, la France, qui assure pour le mois de juin la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU, s'en est mêlée. "Je pense qu'il s'agit de tout faire pour apaiser" cette controverse et pour "aider l'ONU à assurer ses missions", a estimé le ministre des Affaires étrangères français Jean-Marc Ayrault devant des journalistes à New York.

Il  a laissé entendre que son pays pourrait contribuer à l'apaisement. "La France peut faire passer aussi des messages et elle le fait", a-t-il ajouté. "Il nous est arrivé d'aider à trouver des solutions lorsque des tensions émergeaient entre certains pays et l'ONU".

Se gardant de soutenir ouvertement Ban Ki-moon contre Riyad, le ministre a aussi tenu à "rappeler les principes" de stricte protection des civils et en particulier des enfants dans les conflits. "Tous ceux qui sont concernés doivent s'engager à les respecter, tous les partenaires", a-t-il souligné. "S'agissant du Yémen, je redis la nécessité d'ouvrir au plus vite les perpectives de paix", notamment par un cessez-le-feu durable. "Je l'ai dit a tous ceux que j'ai rencontrés, y compris l'Arabie saoudite", a-t-il assuré.

Le chef de la diplomatie française a tenu également à rappeler que "l'Arabie saoudite est un partenaire dans la lutte contre Daech".

Avec AFP

 

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