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Bilan, revendication de l'EI, profil du tueur : ce qu'on sait de la tuerie d'Orlando

Des véhicules de police devant les lieux de la tuerie d'Orlando, dimanche 12 juin 2016.
Des véhicules de police devant les lieux de la tuerie d'Orlando, dimanche 12 juin 2016. Gregg Newton, AFP

L’organisation État islamique a revendiqué la tuerie ayant fait, dans la nuit de samedi à dimanche, 50 morts et 53 blessés dans une boîte de nuit gay d’Orlando. Il s’agit de la fusillade la plus meurtrière dans l’histoire des États-Unis.

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Cinquante personnes ont été tuées et 53 blessées, dimanche 12 juin en Floride, dans la fusillade la plus meurtrière de l'histoire des États-Unis, perpétrée par un Américain, abattu sur les lieux, qui avait prêté allégeance à l'organisation État islamique (EI). Quarante-huit d'entre elles ont été identifiées, a fait savoir lundi le maire de la ville, Buddy Dyer, lors d'une conférence de presse.

 • Une attaque "menée par un combattant de l’État islamique"

"L'attaque armée qui a visé une discothèque gay dans la ville d'Orlando de l'État américain de Floride qui a fait 100 morts ou blessés a été menée par un combattant de l'État islamique", a déclaré Amak, l'agence de presse de l'EI.

Américain d'origine afghane de 29 ans, Omar S. Mateen avait prêté allégeance à l'EI dans un appel passé aux services d'urgence, quelques instants avant son crime. Il a fait référence aux frères Tsarnaev, auteurs du double attentat contre le marathon de Boston en 2013.

"Il n’y a pas d’avis définitif sur les motivations du tueur", avait déclaré le président des États-Unis, Barack Obama, peu de temps avant la revendication de l’EI, lors d’une allocution vers 14 h (18 h GMT) depuis la Maison Blanche.

Un responsable de la police fédérale américaine (FBI) a déclaré qu'Omar Mateen pourrait avoir eu une attirance pour l'EI mais que la preuve d'un lien effectif entre le suspect et l'organisation jihadiste nécessitait de plus amples investigations.

Un responsable des services de renseignement américains a jugé qu'il n'était pas surprenant d'entendre l'EI revendiquer cette attaque, étant donné son recul et ses pertes sur le terrain en Irak et en Syrie. "Le fait qu'un site Internet lié à Daech applaudisse ne signifie rien", a souligné ce responsable. "Ils reculent chez eux et il n'est pas surprenant qu'ils cherchent une espèce de victoire alambiquée."

 • Omar Seddique Mateen, un assaillant connu des forces de l'ordre

Il était déjà connu du FBI pour ses "sympathies" islamistes, ont affirmé les télévisions NBC et CNN. L'auteur du pire attentat aux États-Unis depuis le 11-Septembre a en effet été interrogé à deux reprises par la police fédérale, en 2013 et 2014, mais sans suite.

"Le FBI a eu connaissance de son existence quand il a fait des remarques à ses collègues laissant penser à d'éventuels liens avec des terroristes", a expliqué l'agent Ronald Hopper au cours d'une conférence de presse, précisant qu'il avait été interrogé à deux reprises. "Au final, nous n'avons pas été en mesure de vérifier la substance de ses commentaires et l'enquête a été close", a poursuivi Ronald Hopper. Puis, il avait à nouveau été interrogé pour des liens avec un jihadiste kamikaze américain, Moner Mohammad Abusalha, mort en Syrie. Là encore, sans suite.

Omar S. Mateen, qui aurait agi seul, vivait selon des médias à quelque 200 kilomètres au sud-est d'Orlando, dans la ville de Port Saint Lucie. Il travaillait depuis 2007 pour G4S, l'une des plus importantes entreprises de sécurité mondiale. Il avait le droit de porter une arme dans le cadre de son métier, selon la société américaine.

Le père du suspect, Mir Seddique, plaide un coup de sang envers les homosexuels pour expliquer son acte plutôt que des liens avec un mouvement jihadiste. Il a raconté à la chaîne NBC un épisode survenu il y a quelque temps : "Nous étions dans le centre-ville de Miami [...], les gens jouaient de la musique. Et il a vu deux hommes qui s'embrassaient sous les yeux de sa femme et son enfant, et il est devenu très énervé. [...] Ils s'embrassaient et se touchaient et il a dit : 'Regarde ça. Devant mon fils, ils font ça'", a-t-il ajouté, assurant que la fusillade de dimanche n'avait "rien à voir avec la religion".

 • La fusillade la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis

Avec au moins cinquante personnes tuées et 53 autres blessées, le bilan de la fusillade d’Orlando est le plus lourd de l’histoire des États-Unis, devant l'attaque de l'université de Virginia Tech qui avait fait 32 morts en 2007 et le massacre dans une école élémentaire de Newtown (Connecticut) qui avait coûté la vie à 26 personnes dont 20 enfants en 2012.

"Nous sommes confrontés aujourd'hui à quelque chose qui n'avait jamais été vue et qui est inimaginable", a déclaré le maire d’Orlando, Buddy Dyer.

Un officier de police, qui travaillait comme agent de sécurité dans la discothèque "Pulse", a d'abord échangé des coups de feu avec l'assaillant vers 2 h (6 h GMT). La situation s'est ensuite transformée en une prise d'otages avant qu'une unité d'intervention de la police (Swat) pénètre dans l'établissement et abatte l'agresseur.

Cette intervention a été déclenchée car l'auteur de la tuerie avait menacé de faire
exploser une bombe, a expliqué le chef de la police d'Orlando. Il n'a pas été établi à quel moment ce dernier a tiré sur les victimes.

Un fusil d'assaut et une arme de poing ont été retrouvés sur l'assaillant, a affirmé le shérif d’Orange County.

 • Des réactions très politiques

De Barack Obama au pape François, en passant par François Hollande ou les candidats à la présidentielle américaine de novembre, les réactions ont été nombreuses pour condamner la tuerie d’Orlando.

Certains n’ont pas hésité à affirmer qu’il s’agissait d’un acte terroriste en lien avec le jihadisme, à l’image du candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump, qui a affirmé sur Twitter avoir eu "raison" au sujet du "terrorisme islamiste radical".

D’autres, comme Barack Obama ou Hillary Clinton, ont été plus prudents, préférant ne pas tirer de conclusions trop hâtives.

Avec AFP et Reuters

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