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Euro-2016 : après les violences à Marseille, le match Turquie-Croatie sous haute surveillance

Des supporters britanniques ont envahi le centre de Marseille avant le match Angleterre-Russie dans le cadre de l'Euro-2016, le 11 mai 2016.
Des supporters britanniques ont envahi le centre de Marseille avant le match Angleterre-Russie dans le cadre de l'Euro-2016, le 11 mai 2016. Leon Neal, AFP

Au lendemain des violents affrontements entre hooligans anglais, russes et français qui ont fait au moins 35 blessés dont un entre la vie et la mort, les forces de l'ordre sont à pied d’œuvre pour encadrer les prochaines rencontres.

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Les forces de l’ordre sont sur le pied de guerre. Au lendemain du match Angleterre-Russie à Marseille de l'Euro 2016 où des affrontements ont fait 35 blessés dont un supporter anglais entre la vie et la mort, la rencontre entre la Turquie et la Croatie dimanche à Paris est placée sous haute surveillance.

Ces violences, qui ont éclaté samedi 11 juin dans laprès-midi sur le Vieux-Port de Marseille entre des supporters en majorité britanniques, mais aussi des Russes et des Français et se sont poursuivies jusque tard dans la nuit, feront-elles tache d'huile ? À Nice, une bagarre a éclaté samedi soir entre des Niçois et des supporters nord-irlandais, faisant sept blessés dont un souffrant d'un traumatisme crânien, avant le match qui doit opposer dimanche à 18 h la Pologne et l'Irlande du Nord.

Selon des sources concordantes, dix personnes (des Anglais, un Autrichien, un Allemand, des Français et des Russes) ont été placées en garde à vue à Marseille. Plusieurs seront renvoyés en comparution immédiate lundi, a indiqué le parquet de Marseille, précisant que des enquêtes se poursuivent pour certains d'entre eux, notamment pour les faits les plus graves.

En outre, l'UEFA, instance du football qui gère l'Euro-2016, a ouvert dimanche une procédure disciplinaire contre la fédération de Russie pour les incidents impliquant ses supporters au Vélodrome à la fin du match contre l'Angleterre (1-1). Il est reproché aux Russes des "perturbations" dans les tribunes, un "comportement raciste" et le lancer de "fumigènes". L'instance disciplinaire de l'UEFA examinera ce dossier le 14 juin. L'UEFA ne gère que les incidents qui ont lieu à l'intérieur des stades, ce qui se déroule autour relève des autorités du pays hôte.

Alerte "niveau 3"

Dimanche à 15 h, le Parc des Princes à Paris accueillera le match Turquie-Croatie, deuxième des cinq rencontres, après Angleterre-Russie, classées "niveau 3" sur une échelle de risques de 4.

Les trois autres sont Allemagne-Pologne (16 juin au Stade de France), Angleterre-Pays de Galles (16 juin à Lens) et Ukraine-Pologne (21 juin à Marseille).

Tous feront l'objet d'un dispositif de maintien de l'ordre renforcé. Après les violences de samedi à Marseille, "il n'y a pas de constat d'échec dans la mesure où l'intervention rapide et efficace des forces de l'ordre a permis de circonscrire les incidents", a estimé le commissaire Antoine Boutonnet, le chef de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), interrogé par l'AFP.

"Des coups de barre de fer"

Vers 17 h 30 samedi, plus de trois heures avant le match Angleterre-Russie, un supporter anglais a reçu "des coups de barre de fer, vraisemblablement à la tête", selon une source policière. Un CRS a tenté de le réanimer sur place avant qu'il ne soit évacué vers l'hôpital. Son pronostic vital est engagé, selon le préfet de police Laurent Nunez.

Trois autres personnes sont considérées comme "grièvement blessées" par la préfecture de région, sans que leur pronostic vital ne soit engagé.

Vers 0 h 30, de nouveaux incidents ont éclaté sur le Vieux-Port, où avaient convergé jeunes marseillais, supporters anglais et quelques supporters russes, à l'issue du match qui s'est conclu sur un nul (1-1). Les autres rencontres de samedi, Albanie-Suisse (0-1) et pays de Galles - Slovaquie (2-1) sont passées complètement au second plan.

Les CRS ont à plusieurs reprises tiré des grenades lacrymogènes, notamment pour permettre la fermeture des derniers bars, puis autour de la Canebière, où des jeunes se livraient à des courses avec la police, a constaté l'AFP.

Au terme de la journée, le bilan était de six interpellations, selon le préfet de police. Quelque 1 200 policiers étaient mobilisés.

Même si ces incidents n'ont rien de comparable avec le degré de violence atteint en ville quelques heures plus tôt, ces images font mauvais effet à l'intérieur d'un stade où se déroule une partie du troisième événement sportif mondial.

La "honte"

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a assuré dans un communiqué que ce risque "était pleinement pris en compte" par ses services, "au même titre que les autres menaces, terroristes notamment".

L'UEFA, instance suprême du foot européen qui gère l'Euro-2016, a "fermement condamné" les "actes de violences" à Marseille, perpétrés par des "gens qui n'ont rien à faire dans le football". Lors de précédents Euros, l'UEFA avait menacé de sanctionner l'Angleterre (2000) et la Russie (2012).

Les journaux français et anglais ont exprimé leur "honte". Pour L'Équipe, "l'Euro est déjà gagné par la peur". "Retour aux années noires", titre le supplément sport du Mail on Sunday.

Avec AFP

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