Accéder au contenu principal

Loi travail : Laurent Berger accuse la CGT de se livrer à un "jeu de rôles"

Laurent Berger le 14 mars 2016 à Paris.
Laurent Berger le 14 mars 2016 à Paris. Archives, AFP

Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT accuse la CGT d'utiliser la Loi travail pour "refaire son unité" et dénonce "la dérive des mouvements d'extrême gauche".

PUBLICITÉ

Les blocages contre la Loi travail "viennent de salariés et d'agents qui ne sont pas concernés par le projet de loi". Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT ne cache pas son agacement vis-à-vis de l’attitude de la CGT. Le leader du syndicat "réformiste" dénonce "un jeu de rôles" entre la CGT et le gouvernement, dans une interview au Journal du Dimanche. "Il ne faut pas non plus accepter la dérive des mouvements d'extrême gauche, qui saccagent des locaux de la CFDT ou insultent des salariés", a souligné dimanche 12 juin le leader syndical, ajoutant qu''il faut faire attention, poser les limites".

Interrogé pour savoir pourquoi le conflit sur la Loi travail n'est toujours pas terminé, Laurent Berger y voit "deux causes principales". Tout d'abord, le premier projet du gouvernement était "inacceptable" et "ce ressenti très négatif a perduré alors que le texte a largement évolué en faveur des salariés, grâce à notre action."

"Des postures"

"L'autre raison", poursuit-il, "ce sont les postures. Nous assistons à un jeu de rôles où chacun prétend montrer ses muscles. Il y a d'un côté un gouvernement en difficulté et de l'autre une organisation syndicale qui a voulu refaire son unité".

Le patron de la CFDT estime par ailleurs que la méthode adoptée par le gouvernement "fut très mauvaise", car "elle n'a pas permis de donner le sens du projet". "Regardez où cela aboutit. Le projet de loi préconise le dialogue mais il hystérise la société. Pierre Gattaz [président du Medef, syndicat patronal, NDLR], y est autant opposé que la CGT", affirme Laurent Berger.

Après une longue traversée du désert, la CGT a retrouvé sa capacité à se faire entendre en s'opposant à une Loi travail impopulaire, mais la manière dont le premier syndicat français va négocier la sortie de crise sera primordiale pour son image."La CGT se replace au centre du jeu social et politique" grâce à sa mobilisation contre la Loi travail, estime Stéphane Sirot, historien spécialisé des syndicats.

Alors que le gouvernement a échoué à éteindre la grogne sociale avant le début de l'Euro de football malgré les concessions faites (routiers, cheminots, contrôleurs aériens), une rencontre est évoquée ce week-end entre le numéro un de la centrale, Philippe Martinez, et la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

"Une progression nette de syndicalisation" à la CGT

"Le gouvernement Valls avait pris l'habitude de discuter avec la CFDT pour toutes ses réformes. Aujourd'hui, il se rend compte qu'on ne contourne pas impunément (la CGT) car elle a conservé sa capacité de nuisance", explique un autre expert du secteur, sous le couvert de l'anonymat.

Engluée dans des problèmes internes depuis le départ de Bernard Thibault en 2013, qui avait mal préparé sa succession, la plus vieille organisation syndicale française peinait à faire entendre sa voix. Ses appels à manifester contre la réforme des retraites (2013) ou la loi Macron (2015) avaient ainsi été peu suivis.

Mais la mobilisation contre la Loi travail "est très bénéfique pour nous. Nous constatons une progression nette de syndicalisation", se réjouit Serge Pléchot, numéro un de la fédération BTP à la CGT, tout en soulignant que "le but premier" reste le retrait du texte. 

Avec AFP

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.