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Mali : les forces de l'ONU de plus en plus exposées

Un véhicule des forces de l'ONU à Gao, le 1er juin.
Un véhicule des forces de l'ONU à Gao, le 1er juin. STR, AFP

La Mission de l'ONU au Mali se retrouve de plus en plus exposée face à la recrudescence des attaques jihadistes dans le pays. À cela s'ajoute le manque d'effectifs et de matériels adaptés mais surtout de renseignement.

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Au mois de mai dernier, la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a perdu 12 casques bleus en l'espace de deux semaines, dans trois attaques jihadistes. Face à la recrudescence de ces incidents, les forces de l'ONU se retrouvent de plus en plus exposées. En cause : le manque d'effectifs et de matériels adaptés, mais surtout de renseignement, faute de coopération de la population, selon des responsables des Nations unies et des experts.

Outre leur multiplication depuis 2015, "les attaques sont de plus en plus complexes et sophistiquées, combinant des dispositifs explosifs placés en bord de route et des embuscades", a souligné le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Et en l'absence d'autorité de l'État dans une grande partie du nord du Mali, "la Minusma est devenue la première cible des groupes extrémistes violents". Dans son rapport trimestriel il a demandé des renforts et une modification du mandat de la Minusma.

Ses demandes, portant notamment sur 2 500 militaires et policiers supplémentaires, pour un effectif actuel d'environ 12 000, seront examinées par le Conseil de sécurité le 16 juin.

Déployée depuis juillet 2013, dans la foulée de l'intervention militaire, à l'initiative de la France, contre les jihadistes qui contrôlaient le nord du Mali depuis mars-avril 2012, la Minusma est, de toutes les missions de paix de l'ONU en cours, celle qui connaît le plus fort taux de mortalité par rapport à l'effectif.

Renseignement humain

Mais même si elle obtient des renforts, tout se jouera sur le terrain, selon les protagonistes. Le chef d'état-major de la force militaire de la Minusma, le général Hervé Gomart, reconnaît d'ailleurs ses défaillances en terme de renseignement.

"Pour agir contre les groupes terroristes, il faut savoir où ils sont, combien ils sont et comment ils agissent", a expliqué le général Gomart devant la presse jeudi 9 juin. "Cela demande des moyens techniques qu'aujourd'hui nous n'avons pas. Mais cela demande surtout du renseignement qu'on appelle 'humain'." "Il y a des gens qui savent qui pose les mines et les IED (engins explosifs improvisés, NDLR). Il y a des gens qui savent où ils sont fabriqués, et on n'a rien", a-t-il déploré.

"Nous avons besoin de davantage de coopération de la part des Maliens et des groupes armés signataires" de l'accord de paix conclu en mai-juin 2015 entre le camp gouvernemental et l'ex-rébellion à dominante touareg, censé isoler les jihadistes, a insisté le général Gomart.

Les groupes pro-Bamako et l'ex-rébellion boycottent certaines instances de l'accord de paix pour obtenir la mise en place des autorités intérimaires dans le Nord prévue par ce document.

Avec AFP

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