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Une cinquantaine de diplomates américains réclament des frappes contre Assad

La ville kurde de Kobané en Syrie après une frappe de la coalition menée par Washington en octobre 2014, où les États-Unis ont aidé les Kurdes à repousser les assauts de l'EI.
La ville kurde de Kobané en Syrie après une frappe de la coalition menée par Washington en octobre 2014, où les États-Unis ont aidé les Kurdes à repousser les assauts de l'EI. Aris Messinis, AFP

Des diplomates américains, employés du département d'État, ont rédigé un télégramme diplomatique réclamant que les États-Unis frappent militairement le régime syrien. Une critique de la politique de Barack Obama.

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Ils ne sont pas d'accord avec la politique américaine en Syrie et n'hésite plus à le dire. Une cinquantaine de diplomates américains, travaillant au département d'État américain, ont formé un groupe pour réclamer que les États-Unis frappent militairement le régime de Bachar al-Assad.

Le porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, John Kirby, a reconnu jeudi 16 juin l'existence d'un "télégramme diplomatique dissident, rédigé par un groupe d'employés du département d'État concernant la situation en Syrie". Il a toutefois refusé de dévoiler le contenu précis de ce texte diplomatique, le Wall Street Journal (WSJ) et le New York Times (NYT) affirmant que ce télégramme demande explicitement des frappes militaires américaines contre le régime du président syrien Bachar al-Assad.

Agir pour mettre fin aux tueries

D'après les deux quotidiens, qui disent avoir vu un document provisoire, le télégramme est un court mémorandum signé par une cinquantaine de diplomates et employés du département d'État. Le télégramme plaide, selon le NYT, pour un "recours judicieux" à des frappes de missiles ou de drones américains.

Sur le fond, le mémo juge "évidente et incontestable la logique morale à agir pour mettre fin aux tueries et aux souffrances en Syrie, après cinq années d'une terrible guerre", selon le NYT. Toujours d'après le quotidien américain, ces responsables américains estiment que "le statu quo en Syrie continuera de provoquer des situations de plus en plus catastrophiques en matière humanitaire, diplomatique et de terrorisme".

D'après le département d'État, il existe "officiellement" depuis des années au ministère un "canal dissident qui permet à des employés de faire part de points de vue différents et de perspectives alternatives sur des sujets de politique" diplomatique.

Un tel "canal contestataire" représente "un vecteur important que le secrétaire d'État et le département d'État respectent et qui permet aux employés du ministère d'exprimer auprès de leur hiérarchie leurs opinions de manière franche et confidentielle", a également justifié le porte-parole John Kirby.

La Russie a réagi vendredi à cet appel en soulignant que cette initiative allait à l'encontre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie.

"Il y a des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU qu'il faut respecter", a déclaré un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, cité par l'agence de presse Interfax. L'appel des diplomates américains "ne correspond pas aux résolutions, il faut mener des négociations et chercher à obtenir un règlement politique", a-t-il souligné.

La stratégie de Barack Obama en question

Un tel texte est une critique sévère de la politique menée par Washington depuis le début du conflit syrien. La stratégie du président Obama à l'égard du conflit syrien a provoqué l'une des plus fortes polémiques en politique étrangère de son double mandat.

Elu en 2008, prix Nobel de la paix l'année suivante, le dirigeant démocrate est un grand sceptique de l'interventionnisme militaire à tous crins. Il s'est ainsi efforcé d'extirper l'Amérique des deux guerres démarrées sous la présidence du républicain George W. Bush : l'Irak et l'Afghanistan.

Très réticent à mettre le doigt dans un nouveau conflit au Moyen-Orient, Barack Obama avait renoncé à la dernière minute à l'été 2013 à bombarder des infrastructures du régime de Damas, malgré le fait que l'armée syrienne avait utilisé des armes chimiques contre des civils en août de cette année-là. Dans les mois précédents, le président américain avait promis d'agir contre la Syrie en cas de franchissement d'une telle "ligne rouge".

Depuis, l'administration américaine refuse tout engagement militaire d'envergure en Syrie, en proie à une guerre civile qui a fait 280 000 morts.

Jamais, cette ligne non interventionniste défendue par la Maison Blanche n'avait ouvertement été critiquée. John Kerry, toutefois, a laissé entendre ces derniers mois qu'il aurait voulu faire plus, qu'un mystérieux "plan B" était dans les tiroirs si la voie d'un règlement politique capotait totalement en Syrie.

Washington pilote toutefois une coalition militaire internationale qui a effectué 13 000 bombardements aériens depuis l'été 2014 contre le groupe jihadiste État islamique en Syrie et en Irak. Actuellement, les Américains ont également des dizaines de forces spéciales au sol dans le nord de la Syrie qui prête main-forte aux forces kurdes contre l'EI, mais Barack Obama a toujours refusé le déploiement de dizaines de milliers de militaires.

Avec AFP

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