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Lutte contre la pauvreté, aide aux réfugiés, féminisme : le monde selon Jo Cox

Jo Cox, 41 ans, avait été élue députée en 2015 dans le Yorkshire.
Jo Cox, 41 ans, avait été élue députée en 2015 dans le Yorkshire. PRU, AFP

Responsables politiques du monde entier ont réagi avec émotion au meurtre, jeudi, de la députée travailliste proeuropéenne Jo Cox. La campagne du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne a été suspendue.

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Le meurtre de la députée travailliste pro-européenne Jo Cox, jeudi 16 juin, a plongé le Royaume-Uni dans une immense tristesse. Alors que le pays doit s’exprimer par référendum, le 26 juin, sur l'appartenance de Londres à l’Union européenne (UE), l’attaque mortelle dont a été victime la jeune parlementaire constitue une "attaque contre la démocratie".

Mais au-delà de la portée politique de ce drame, c’est la brutalité du crime qui choque : la députée aurait été touchée par trois balles et sept coups de couteau. Le meurtrier présumé, Tomas Mair, aurait crié "Britain first" ("La Grande-Bretagne d'abord") lors de l'attaque. Un acte qui contraste avec la personnalité de Jo Cox que les nombreux hommages décrivent unanimement comme une responsable politique de conviction ayant toujours œuvré pour "un monde meilleur".

"Jo, c'était l'amour"

"La mort de Jo Cox est une tragédie. C'était une députée engagée et bienveillante. Mes pensées vont à son mari Brendan et à ses deux jeunes enfants", a écrit, jeudi, David Cameron sur Twitter. Depuis Gibraltar, le Premier ministre a également salué dans un discours une femme "au grand cœur" qui a "un bilan impressionnant en matière d'aide aux réfugiés".

De son côté, le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a salué la mémoire d'une militante et "parlementaire exemplaire" lors d'une veillée en sa mémoire, qui a rassemblé des dizaines de personnes près du parlement de Westminster dans la soirée à Londres.

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"Jo, c'était l'amour, a résumé à l’AFP Ian Keith son directeur de campagne. Elle s'est tant battue pour ceux qui n'avaient pas de voix, en Syrie et ici, les marginalisés du Yorkshire et du reste de la Grande Bretagne. C'était une mère aimante, une politicienne redoutable et c'est une perte tragique pour notre monde et notre démocratie aujourd'hui."

Figure montante du Parti travailliste

Mortellement agressée ce jeudi 16 juin, Jo Cox était une figure en devenir du Labour. Âgée de 41 ans et mère de deux enfants de 3 et 5 ans, Jo Cox avait été élue en 2015 dans la circonscription de Batley et Spen, dans le Yorkshire, dont elle était originaire.

Après des études à l'université de Cambridge, elle avait occupé différents postes dans des organisations internationales, dont Oxfam, une ONG luttant contre la pauvreté dans le monde. Ce qui l'avait conduite à travailler en Europe, aux États-Unis et dans des zones de conflit dans le monde entier. Elle était particulièrement attachée à la lutte contre l'esclavage.

"Les électeurs se disent choqués par la violence morale de la campagne"

 

Ardente militante pour les droits des femmes, elle avait fait partie du réseau Labour Women’s Network, encourageant l'entrée des femmes dans la vie publique. Au Parlement, elle faisait partie de la commission sur la gouvernance locale, mais aussi du groupe des amis de la Syrie, et participait à des travaux sur les Territoires palestiniens ou le Pakistan. Elle s'était fait remarquer lors du vote sur les frappes britanniques en Syrie en s'abstenant, jugeant qu'il fallait tout aussi bien combattre Bachar al-Assad que l’organisation État islamique (EI).

En dehors de ses activités politiques, cette "étoile montante" de la politique partageait son temps entre son bateau sur la Tamise et sa maison dans sa circonscription. Dans un texte publié peu après l’annonce de sa mort, son mari, Brendan, lui a rendu un vibrant hommage : "Elle aurait voulu absolument deux choses, en cet instant : un, que nos enfants soient entourés d’amour, et deux, que nous nous unissions tous pour combattre la haine qui l’a tuée. La haine n’a pas de principe, de race ou de religion, elle est un poison. Jo n’aurait pas de regret sur sa vie. Elle a vécu chaque jour comme si c’était le dernier."

Objet de menaces recentes

Jo Cox avait fait l'objet de récents messages de menaces, a indiqué la police britannique vendredi. "Des officiers ont reçu une déclaration de la députée Jo Cox concernant des messages malveillants, et en mars 2016 un homme a été interpellé dans le cadre de l'enquête", ont indiqué les forces de l’ordre, précisant que cette affaire est sans lien direct avec son meurtre. Selon le quotidien The Times, la question de mesures de sécurité supplémentaires pour la députée travailliste était à l'étude.

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Peu après l’annonce de sa mort, les campagnes pro et anti-Brexit ont été suspendues jusqu'au week-end. Des veillées se sont tenues jeudi soir dans l'église Saint Peter's de Birstall et devant le parlement britannique, rassemblant des centaines de personnes. Les drapeaux de Buckingham Palace, du Parlement et du 10, Downing Street, la résidence officielle du Premier ministre, étaient en berne vendredi. 

Avec AFP

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