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JO-2016 : l'État de Rio se déclare en faillite temporaire pour financer les Jeux

Les Jeux olympiques de Rio débutent le 5 août.
Les Jeux olympiques de Rio débutent le 5 août. Yasuyoshi Chiba, AFP

L'État régional de Rio de Janeiro, dont la situation économique est "dramatique", s'est déclaré en "état de calamité publique", soit en faillite, afin d'assurer, du 5 au 21 août, la bonne tenue des Jeux olympiques 2016.

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En proie à une crise budgétaire aiguë, l'État régional de Rio de Janeiro, au Brésil, a pris, vendredi 17 juin, un décret alarmiste afin de pouvoir financer les Jeux olympiques 2016 et les services publics essentiels qui risquent de s’effondrer.

Le décret, qui déclare "l'état de calamité publique", autorise ainsi l'État à "adopter toutes les mesures exceptionnelles nécessaires à la rationalisation des services publics essentiels, en vue de la réalisation des Jeux olympiques et paralympiques de Rio-2016". Il permet ainsi "l'adoption de nouvelles propositions destinées à réduire les dépenses" et donc "optimiser la gestion publique".

Les explications de notre coresspondant

"Concrètement, ‘l’état de calamité’ dure quatre mois, il permet à la mairie de renégocier des contrats ou de diminuer les salaires", précise Nicolas Ransom, le correspondant de France 24 au Brésil.

>> À voir sur France 24 : "Le Brésil en plein instabilité politique, à deux mois des JO"

Le gouverneur par intérim, Francisco Dornelles, explique la prise de ces mesures par "l'importance et l'impact mondial" des JO-2016 pour lesquels "toute déstabilisation institutionnelle impliquerait un risque pour l'image du pays".

L'organisation de ces événements, qui se tiendront pour la première fois en Amérique du Sud (du 5 au 21 août et du 7 au 18 septembre), a entraîné "de graves difficultés dans la prestation de services publics essentiels et peut même occasionner un effondrement dans la sécurité publique, la santé, l'éducation, la mobilité et la gestion environnementale".

Un déficit de près de 5 milliards d’euros

Le gouvernement de l'État de Rio a prévu pour 2016 un déficit de 19 milliards de reais (4,85 milliards d’euros), en raison notamment de la chute des prix du pétrole qui ont affecté les royalties qu'il percevait.

Le Brésil connaît une récession économique historique. En 2015, le PIB national a chuté de 3,8 %, avec parallèlement une inflation à deux chiffres.

En 2016, le chômage a atteint un niveau record de 11,2 % de la population active. Les prévisions pour 2016 font état d'une récession de 3,6 % pour le géant d'Amérique latine, qui s'achemine vers sa pire séquence économique depuis 80 ans.
 

"Cela fait plusieurs mois que l’État de Rio est en faillite. La raison est double : d’un côté, une crise économique et un pays en récession, et de l’autre, une crise politique qui bloque les investissements", rappelle Nicolas Ransom.

La situation est "tragique", a récemment déclaré Fransisco Dornelles. "Je n'avais jamais vu rien de tel au Brésil ni dans l'État, a dit le gouverneur. Maintenant, nous devons agir ensemble avec le gouvernement fédéral" pour voir le patrimoine qui peut être privatisé.

L'État régional a ainsi obtenu 989 millions de reais (252 millions d’euros) de la part de Brasilia pour pouvoir financer la dernière ligne droite des travaux de la nouvelle ligne du métro, qui doit relier la zone chic et touristique d'Ipanema à Barra da Tijuca, le quartier général des Jeux, et qui s'inscrit dans le remodelage logistique de la ville en vue de l'événement planétaire.

Cette ligne 4 a connu de nombreux retards et doit être inaugurée le 1er août en service partiel et réduit, à quelques jours seulement de la cérémonie d'ouverture des JO.

"Dramatique"

"La situation de Rio est dramatique. Le gouvernement devra choisir entre ceux qu'il paie et ceux qu'il ne paie pas", a commenté à l’AFP l'économiste Raul Velloso.

Le gouvernement de l'État a déjà fait une cure d'austérité en supprimant cinq secrétariats et deux programmes sociaux. Les étudiants occupent les écoles depuis des semaines pour protester contre les coupes dans l'éducation. Les enseignants sont ainsi en grève depuis le 2 mars et doivent recevoir leur salaire du mois de mai divisé en plusieurs paiements, tout comme les autres fonctionnaires, ainsi que les retraités pour leur pension.

L'État et la mairie de Rio sont gérés depuis des années par le PMDB, parti de centre droit du président par intérim, Michel Temer, et qui est au cœur des accusations dans le gigantesque scandale de corruption Petrobras.

Avec AFP
 

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