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"Mort aux traitres", clame au tribunal le meurtrier présumé de la députée britannique Jo Cox

Le véhicule de police transportant Thomas Mair, le meurtrier présumé de Jo Cox.
Le véhicule de police transportant Thomas Mair, le meurtrier présumé de Jo Cox. Daniel Leal-Olivas,AFP

Lors d'une première comparution devant le tribunal de Westminster samedi à Londres, Thomas Mair, le meurtrier présumé de la députée britannique Jo Cox, a lancé "Mort aux traitres ! Liberté pour le Royaume-Uni !" au lieu de décliner son identité.

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"Mort aux traîtres, liberté pour le Royaume-Uni", a lancé le meurtrier présumé de la députée europhile Jo Cox, samedi 18 juin, devant la justice, alors que la campagne pour le référendum du 23 juin sur l’appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne (UE) était toujours à l'arrêt.

Thomas Mair, 52 ans, a prononcé ces mots lorsqu'il a été invité à décliner son identité lors de sa première brève comparution devant le tribunal de Westminster à Londres, selon l'agence britannique Press Association. Le quinquagénaire au crâne dégarni, menotté et vêtu d'un survêtement gris, est ensuite resté muet lorsque la magistrate lui a demandé son adresse et sa date de naissance.

Le prévenu a été placé en détention dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, au sud-est de Londres, et doit comparaître de nouveau lundi, devant le tribunal londonien de l'Old Bailey cette fois. La magistrate a également ordonné une expertise psychiatrique.

Thomas Mair avait été inculpé dans la nuit de vendredi à samedi d'homicide volontaire sur la députée travailliste de 41 ans, tuée jeudi dans sa circonscription de Birstall, dans le nord de l'Angleterre, à une semaine du référendum britannique sur l’UE.

>> À lire sur France 24 : "Lutte contre la pauvreté, aide aux réfugiés, féminisme : le monde selon Jo Cox"

Mère de deux jeunes enfants, elle a été visée par plusieurs coups de feu et a été poignardée en pleine rue devant la bibliothèque de la ville. Les propos sans équivoque du suspect devant le tribunal de Westminster semblent conforter les différentes révélations et témoignages selon lesquels le meurtrier présumé aurait crié "Britain first" ("le Royaume-Uni d’abord") lors de son passage à l’acte.

Particularité de la loi britannique, l'inculpation du suspect signifie cependant que les médias n'ont désormais plus l'autorisation de publier ces éléments, notamment sur les possibles motivations du suspect.

Période trouble au Royaume-Uni

L'émotion est toujours extrêmement vive au Royaume-Uni. Vendredi soir à Londres, des centaines de personnes ont déposé des fleurs et observé une minute de silence à l'extérieur du Parlement que Jo Cox avait découvert en 2015 en tant que nouvelle députée.

"Les électeurs se disent choqués par la violence morale de la campagne"

"On traverse un période trouble au Royaume-Uni, comme si la haine avait été libérée. Elle [Jo Cox] a toujours combattu ces forces obscures", a déclaré à l'AFP Alice Poole, 40 ans. Elle était l'une des nombreuses anonymes à rendre hommage à la députée, une fervente avocate des droits des réfugiés qui s'était fortement engagée dans la campagne pour défendre le maintien du Royaume-Uni dans l'UE.

Les deux mois de campagne ont été empreints d'une forte agressivité. Le matin même du drame, Nigel Farage, le leader du parti anti-immigration Ukip, a dévoilé une affiche mettant en scène une colonne de réfugiés et barrée du slogan "Breaking Point" (Point de rupture). Elle a été jugée nauséabonde jusqu'au sein même du camp du Brexit.

Le ton devrait désormais changer, ont estimé les analystes interrogés par l'AFP. Mais aucun d'entre eux ne s'est aventuré à prédire les conséquences de ce drame sur le résultat du vote du 23 juin alors que les dernières enquêtes d'opinion, réalisées avant le meurtre, donnaient les partisans du "Brexit" en tête.

Avec AFP

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