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Municipales en Italie : la populiste Virginia Raggi prend Rome, revers pour Renzi

La populiste du Mouvement 5 Étoiles, Virginia Raggi, est devenue, dimanche 19 juin 2016, la première femme maire de Rome.
La populiste du Mouvement 5 Étoiles, Virginia Raggi, est devenue, dimanche 19 juin 2016, la première femme maire de Rome. Tiziana Fabi, AFP

La populiste du Mouvement Cinq étoiles(M5S) Virginia Raggi est devenue, dimanche, la première femme élue à la mairie de Rome. Le Parti démocrate du président du Conseil italien, Matteo Renzi, subit un lourd revers à Rome, mais aussi à Turin.

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Virginia Raggi, la candidate populiste du Mouvement 5 Étoiles, a été triomphalement élue, dimanche 19 juin, maire de Rome – une première pour une femme – en infligeant un véritable camouflet au Parti démocrate (PD) du chef du gouvernement italien Matteo Renzi.

Les résultats partiels, après dépouillement dans 80 % des bureaux de vote, accordent à cette avocate de 37 ans 67,2 % des voix selon des résultats quasi-définitifs, loin devant Roberto Giachetti, le candidat du PD (centre-gauche).

À Turin (nord-ouest), une autre novice du M5S, Chiara Appendino, 31 ans, a détrôné avec 54 % l'expérimenté maire sortant Piero Fassino, une figure du PD, qui a dénoncé l'appel de la Ligue du Nord de Matteo Salvini, allié du Front national français, à voter pour les deux candidates du M5S afin de battre Matteo Renzi.

En revanche à Milan (nord), la capitale économique du pays, le candidat du PD Giuseppe Sala, ancien commissaire de l'Exposition universelle, l'a emporté avec 51,7 % des voix.

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Le parti du président du Conseil se maintenait aussi à Bologne (centre), un fief historique de la gauche, mais n'était même pas au second tour à Naples (sud-ouest), où le maire sortant Luigi De Magistris, homme de gauche atypique et ennemi juré de Matteo Renzi, a été largement réélu.

"Un moment historique fondamental, qui marque un tournant"

Pour ces élections partielles, qui concernaient près de 9 millions d'électeurs dans un peu plus d'une centaine de villes, la participation, déjà en berne au premier tour, a accusé un nouveau coup, à Rome comme ailleurs, dépassant à peine les 50 % selon le ministère de l'Intérieur.

Devant la presse, Virginia Raggi a évoqué "un moment historique fondamental, qui marque un tournant : pour la première fois, Rome a une femme maire, à une époque où l'égalité des chances est encore une chimère".

La jeune femme s'est engagée à "ramener la légalité et la transparence dans les institutions après 20 ans d'incurie et de Roma Capitale", du nom d'un vaste réseau de corruption mis au jour en 2014 dans la Ville éternelle.

>> À voir sur France 24 : "Europe : l'anti-système érigé en victoire ?"

Pendant sa campagne, elle est cependant restée discrète sur son programme pour redresser une ville étouffée par une dette de plus de 12 milliards d'euros. Une chose est sûre cependant : la candidature de Rome pour les JO-2024, en concurrence avec Paris, Los Angeles et Budapest, ne sera pas une priorité.

Autre inquiétude : Virginia Raggi n'a présenté que de rares membres de sa future équipe. Ce dernier point est pourtant crucial, l'absence de cadres ayant fait leurs gammes dans la gestion politique au quotidien étant l'une des raisons du bilan mitigé du M5S dans les villes de moindre envergure déjà conquises, comme Parme ou Livourne.

"Tous les autres ont échoué, on espère qu'eux, ils y arriveront", déclarait dans la matinée à l'AFP Aldo, un retraité de 72 ans, après avoir voté M5S à Rome.

Lune de miel terminée entre Renzi et les électeurs italiens

Si la lune de miel entre Matteo Renzi et les électeurs italiens semble bel et bien terminée, une analyse nationale des résultats restera délicate : le M5S était absent à Naples, Bologne et Milan, la droite déchirée à Rome mais unie à Milan.

Pendant des semaines, le chef du gouvernement a d'ailleurs tenté de minimiser la portée du scrutin en répétant que "la mère de toutes les batailles" politiques restait pour lui le référendum prévu en octobre sur sa réforme constitutionnelle. Il s'est engagé à démissionner en cas d'échec.

>> À lire sur France 24 : "Municipales en Italie : un scrutin test pour Matteo Renzi"

Le M5S y compte bien. Fondé en 2009 et devenu le deuxième parti du pays avec 25 % des voix dès les législatives de 2013, il pioche dans ses propositions à droite comme à gauche, y compris dans les extrêmes, et continue de tisser sa toile aux élections locales en s'appuyant inlassablement sur la dénonciation d'une classe politique malhonnête.

"Nous sommes prêts à gouverner le pays", a répété dimanche soir le jeune Luigi di Maio, dauphin pressenti de Beppe Grillo à la tête du mouvement. "Et les Italiens nous reconnaissent la capacité de gouverner. Maintenant c'est à Rome et à Turin, après ce sera le tour du reste du pays".

Avec AFP

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