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Avec le Brexit, Londres risque de perdre son statut de capitale de la tech

Le Heron Tower, le 'Cheesegrater,' et le 'Walkie-Talkie' : des tours emblématiques du centre de Londres et de sa "Silicon Valley".
Le Heron Tower, le 'Cheesegrater,' et le 'Walkie-Talkie' : des tours emblématiques du centre de Londres et de sa "Silicon Valley". BLOOMBERG / GETTY IMAGES

Avec le Brexit, et si Londres cessait d'être la capitale de la tech ? Ce statut pourrait être alors convoité par Paris ou Berlin.

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Alors que le Royaume-Uni va quitter l'Union européenne à l'issu d'une victoire du camp du Brexit, la nébuleuse tech s'agite et se demande de quoi demain sera fait. Déjà, parce que selon une étude techUK menée auprès de plus de 250 dirigeants de start-up du pays, 70% estimaient qu'un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne était primordial afin de rester attractif pour les investisseurs du monde entier. 

VOIR AUSSI : Brexit : ce qui attend le Royaume-Uni et l'Europe

Mais aussi, parce que ne plus appartenir à l'Union européenne, c'est aussi potentiellement voir bientôt décélérer la fuite des cerveaux – ces diplômés européens qui étaient autrefois ravis de traverser la Manche pour travailler en plein cœur de Londres. 

Les travailleurs étrangers devront demander un permis de travail

Ainsi, la force de travail étrangère devra systématiquement faire la demande d'un permis de travail – des démarches que l'on sait plus fastidieuses que le simple fait de justifier d'une nationalité européenne. Alors que la ville de Londres a su capitaliser sur un effervescent bouilllonnement d'idées venues des quatre coins du continent, le Brexit risque d'offrir au pays un capital sympathie (forme de "soft power") bien moins important. C'est sans compter les effets que cette sortie induit sur le cours de la livre sterling, ce qui peut avoir pour conséquence d'apeurer les investisseurs.

Un "soft power" moins important

Aujourd'hui, les termes de la sortie restent à être discutés. Mais l'on sait d'ores et déjà qu'un certain nombre de pays européens (dont la France) refuseront de rendre trop faciles les modalités du retrait, de peur d'offrir un argument de plus aux eurosceptiques de tous bords. Ainsi, à moins que des accords bilatéraux se mettent en place, sortir du marché commun reviendra fatalement à mettre en place des douanes et des taxes.

Certaines entreprises voudront délocaliser

Le cofondateur de Skype, Niklas Zennstrom, avait déjà fait savoir que le Brexit ferait forcément perdre à Londres des entrepreneurs comme lui. Car en 2003, s'il a choisi d'installer les bureaux de Skype dans la capitale du Royaume-Uni plutôt qu'en Suède, d'où il vient pourtant, c'est bien pour son côté "hub financier" et la possibilité d'attirer des salariés de partout en Europe.

La sphère tech britannique s'interroge plus que jamais

Il faut dire que l'écosystème européen est un vivier particulièrement excitant pour un secteur aussi neuf que celui de la tech. Une semaine avant le référendum, Brent Hoberman, le cofondateur du site de voyages LastMinute.com, lançait une campagne en faveur d'un "marché unique pour start-up", sorte de nouveau cadre légal qui aiderait les start-up à se développer. Pour l'entrepreuneur, il est primordial que le Royaume-Uni continue à avoir accès au marché unique numérique, Brexit ou pas.

En attendant, ailleurs en Europe, d'autres capitales – comme Paris ou Berlin – pourraient en profiter pour attirer les désillusionnés de Londres. Dans tous les cas, il reste au moins deux ans (le temps des négociations sur les conditions du retrait) au Royaume-Uni avant de quitter l'Union européenne pour de bon. La sphère tech britannique s'interroge plus que jamais, à mi-chemin entre la tentation de délocaliser et l'attente de voir de quoi les accords seront faits. Certains fonds, à l'instar du fonds Partech, promettent d'ores et déjà qu'ils continueront à parier sur la tech anglaise. Chose sûre : le Brexit a principalement été emmené par les plus de 60 ans... quand les entreprises de tech sont surtout peuplées de diplômés trentenaires europhiles.

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