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Après le Brexit, Valls se prononce contre le traité transatlantique

Le Premier ministre français Manuel Valls, dimanche 26 juin, à Belleville-sur-Mer.
Le Premier ministre français Manuel Valls, dimanche 26 juin, à Belleville-sur-Mer. Charly Triballeau, AFP

Le Premier ministre français Manuel Valls a tenu compte du Brexit lors de son discours prononcé dimanche à Belleville-sur-Mer lors d'un banquet républicain, prenant des positions visant à rassurer sur plusieurs dossiers majeurs.

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Tafta, travailleurs détachés, frontières extérieures de l'Union... Manuel Valls a estimé, dimanche 26 juin, que le vote des Britanniques en faveur du départ de l'Union permettait de "clarifier" les débats pour construire un projet européen "refondé, rebâti".

Devant quelque 200 militants socialistes réunis à Belleville-sur-Mer (Seine-Maritime), le Premier ministre a ainsi passé en revue plusieurs domaines de la thématique européenne qui suscitent l'inquiétude, en particulier à gauche.

Il s'est notamment voulu catégorique concernant le projet de traité de libre-échange entre les États-Unis et l'Union européenne (Tafta ou TTIP) : "Je vous le dis franchement, il ne peut pas y avoir d'accord de traité transatlantique. Cet accord ne va pas dans le bon sens".

>> À voir sur France 24 : "Si elle le veut, la France peut stopper le Tafta"

Les autorités françaises manifestent depuis plusieurs semaines une réticence croissante devant ce projet d'accord négocié, pour les Européens, par la Commission européenne et dont l'Allemagne souhaite une conclusion hâtive.

"Dorénavant, aucun accord de libre-échange ne doit être conclu s'il ne respecte pas les intérêts de l'Union. L'Europe doit être ferme. La France y veillera", a prévenu le chef du gouvernement. Selon lui, le Tafta imposerait "une vision qui ferait le lit non seulement des populismes, mais tout simplement une vision qui serait mauvaise pour notre économie".

Négocié dans le plus grand secret depuis mi-2013, l'accord vise à supprimer les barrières commerciales et règlementaires entre l'UE et les États-Unis pour créer une vaste zone de libre-échange censée doper l'activité économique.

"Le travail détaché illégal fait des ravages"

Il faut "bannir le dumping social, fiscal au sein même de l'Union, avec en particulier un même salaire minimum et des règles très claires sur le détachement des travailleurs", a poursuivi Manuel Valls.

Le Premier ministre a dénoncé à cet égard "le travail détaché illégal [qui] fait des ravages". "Cela ne peut pas continuer ainsi et si le changement de directive [sur les travailleurs détachés] tel que nous le proposons n'est pas accepté, alors il faudra poser cette question sur la table des discussions de l'UE et renoncer à ce qui aujourd'hui met à mal toute la relation entre les salariés en Europe", a fustigé Manuel Valls.

Les thèmes des frontières extérieures de l'Europe et de l'espace Schengen, très sensibles après la pression migratoire sans précédent qu'a connue le continent l'année dernière, et l'élargissement de l'UE, ont également été abordés.

"L'Europe a des frontières. Oui. Des frontières extérieures qui ne sont pas que des postes de douanes, mais aussi des limites symboliques, qui disent ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas. L'Europe commence et s'arrête quelque part. Cela ne peut pas être une course à l'adhésion vers d'autres grands espaces que nous respectons", a ainsi souligné le Premier ministre.

L’espace Schengen "ressenti comme une menace"

Quant à l'espace Schengen, "qui était considéré comme une grande opportunité, (il) est aujourd'hui ressenti comme une menace", a déploré Manuel Valls en souhaitant que les Européens puissent retrouver une "pleine maîtrise" de la question.

Au moment où des voix s'élèvent à droite pour réclamer un référendum sur un nouveau traité européen, Manuel Valls a livré un plaidoyer en faveur des parlements nationaux : "Quand l'Europe n'est pas le bon niveau de décision, alors elle doit s'effacer, et laisser les États décider".

"Un choix a été fait et à partir de ce choix, il faut refonder le projet européen", a dit enfin le Premier ministre à propos du Brexit, en répétant que les procédures pour le départ de la Grande-Bretagne de l'UE devaient s'engager vite.

Selon un responsable gouvernemental, "même les partisans britanniques du Brexit ont actuellement la gueule de bois" devant les résultats du référendum.

Avec AFP

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