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Les Espagnols appelés aux urnes pour sortir le pays de l'impasse politique

AFP (archive)

Pour la deuxième fois en six mois, les Espagnols votent pour choisir entre les conservateurs au pouvoir et le parti anti-austérité Podemos. Dimanche, à 16h, la participation était de 51,17 %, 7 points de moins qu'en décembre.

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C'est la deuxième fois en six mois que les 36,5 millions d'électeurs sont appelés aux urnes en Espagne. Les sondages prédisent la victoire au Parti Populaire (PP) du chef du gouvernement sortant Mariano Rajoy mais sans la majorité absolue qui lui permettrait de gouverner seul, comme lors des élections du 20 décembre dernier qui a débouché sur une impasse politique et le nouveau scrutin. Alors qu'à 14h, la participation était à 36,86 %, pratiquement au même niveau qu'en décembre (36,91 %), elle avait chuté de près de 7 points à 16h par rapport au premier scrutin, pointant à 51,17 %.

>> À (re)lire sur France 24 : "Législatives espagnoles : Podemos, entre marxisme et pragmatisme" (article du 21 décembre 2015)

Le parti conservateur PP devrait conserver son rang de première formation politique du pays, avec environ 120 sièges. Mais Ciudadanos ("Citoyens"), son partenaire de coalition le plus évident, ne devrait en remporter qu'une quarantaine, les laissant assez loin des 176 nécessaires pour obtenir la majorité absolue.

La montée en puissance annoncée d'Unidos Podemos ("Ensemble nous pouvons"), une coalition anti-austérité emmenée par Podemos, pourrait, sur le papier, offrir une voie de sortie. En combinant aux 80 siges  que devrait obtenir le PSOE les quelque 90 qu'elle devrait gagner, une majorité absolue est en vue. Avec le soutien de quelques partis régionaux, la voie à la constitution d'une coalition gouvernementale sera ouverte.

Nombre d'analystes pensent cependant que le PSOE, fondé il y a cent trente-sept  ans, préférerait former une "grande coalition" avec le PP de l'actuel président du gouvernement Mariano Rajoy, voire soutenir un gouvernement PP minoritaire plutôt que de s'associer à un parti qui menace son existence.

Élections espagnoles : "Tous les scénarios sont possibles"

La décision des électeurs britanniques de quitter l'Union européenne a exacerbé les tensions et la bourse de Madrid a perdu 12 % vendredi après le Brexit, la pire chute de son histoire. "Ce n'est pas le moment pour les expérimentations", répète Mariano Rajoy, qui a multiplié les appels à faire barrage aux "extrémistes" et aux "populistes", dans une claire allusion à Podemos.

>> À (re)lire sur France 24 : "Le Brexit s'invite dans les élections législatives espagnoles"

"Qu'on chasse les corrompus"

Pour Pablo Iglesias, 37 ans, le Brexit est au contraire la preuve que l'Europe doit changer de cap. "Personne ne voudrait quitter une Europe juste et solidaire", a-t-il déclaré. Née en 2014, la formation de ce charismatique professeur de sciences politiques à queue de cheval a bouleversé la politique espagnole et emporté l'adhésion d'une majorité de jeunes.

"Je vote Podemos, a témoigné un physiothérapeute de 31 ans dans la quartier de l'Hospital de Llobregat près de Barcelone. Je veux un changement général, profond et Unidos Podemos est seul à pouvoir le réaliser". "Je veux qu'on chasse les corrompus, qu'on prenne en compte les questions sociales et qu'on écoute les citoyens".

Mariano Rajoy, 61 ans, au pouvoir depuis 2011, a centré son message sur le retour de la croissance, qui a atteint 3,2 % en 2015 après une douloureuse cure d'austérité. Le chômage a baissé mais à 21 %, il reste l'un des pires de l'UE, derrière la Grèce (environ 25 %).

De plus son parti est secoué par des scandales à répétition. Devenu symbole des années de corruption, Mariano Rajoy n'a pas trouvé de partenaire pour former un gouvernement après sa victoire en décembre avec 28,7 % des suffrages et 123 sièges sur 350.

Le PSOE clé du scrutin

Les frères ennemis de la gauche – le PSOE qui avait encaissé le pire résultat de son histoire avec 90 députés et Podemos qui en avait raflé 69 – n'ont pas réussi à s'entendre pour nouer une alliance.

La quatrième des principales formations, le parti libéral Ciudadanos, lui aussi nouveau sur la scène nationale, devrait selon les sondages obtenir un résultat au mieux équivalent à celui de décembre. Il avait 40 sièges, pas assez pour jouer "les faiseurs de roi" et donner la majorité au PP ni au PSOE.

Paradoxalement le PSOE, en crise d'identité et en perte de vitesse, gardera la clef du scrutin. En choisissant entre l'abstention en faveur du PP et l'alliance avec Podemos ou l'abstention en sa faveur, il pourrait permettre la formation d'un gouvernement.

Les bureaux de vote fermeront à 20h, heure locale. Les premiers résultats officiels sont attendus vers 22h30 (20h30 GMT).

Avec AFP et Reuters

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