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Espagne : la droite en tête, mais sans majorité absolue

Le Premier ministre espagnol et leader du Parti populaire, Mariano Rajoy, dimanche 26 juin 2016 à Madrid, célèbre la victoire de son parti aux élections législatives.
Le Premier ministre espagnol et leader du Parti populaire, Mariano Rajoy, dimanche 26 juin 2016 à Madrid, célèbre la victoire de son parti aux élections législatives. Jose Jordan, AFP

Comme lors des dernières élections législatives en décembre, les électeurs espagnols ont placé, dimanche, le Parti populaire du Premier ministre Mariano Rajoy en tête, devant le Parti socialiste et la coalition de gauche radicale Unidos Podemos.

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Le Parti populaire (PP) du chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy a remporté, dimanche 26 juin, les élections législatives en Espagne, devant le Parti socialiste (PSOE) et la coalition de gauche radicale Unidos Podemos, qui reste finalement la troisième force politique du pays, selon les résultats officiels.

Ces résultats contredisent fortement les sondages à la sortie des urnes diffusés en début de soirée par les médias espagnols, qui plaçaient Unidos Podemos devant le PSOE.

Les explications de notre correspondante en Espagne

>> À lire sur France 24 : "Législatives en Espagne : les conservateurs espèrent tirer profit du Brexit"

En réalité, l'ordre d'arrivée et la fragmentation des voix entre PP, PSOE, Unidos Podemos et Ciudadanos sont quasi-identiques aux élections du 20 décembre, qui avaient conduit à un blocage politique et à la convocation d'un second scrutin en six mois. La participation, légèrement en-dessous des 70 %, a également été similaire.

Dimanche, les conservateurs du PP de Mariano Rajoy sont donc arrivés en tête en obtenant 137 sièges au Parlement sur 320, contre 123 obtenus en décembre, mais toujours loin de la majorité absolue (176). "Nous avons gagné les élections (...) nous revendiquons le droit de gouverner", a déclaré en fin de soirée Mariano Rajoy à ses partisans réunis au quartier général du Parti populaire dans le centre de Madrid.

Le Parti socialiste est arrivé en deuxième position, avec 85 sièges, contre 90 en décembre. La coalition Unidos Podemos, formée par Podemos et le petit parti Izquierda Unida, héritier du Parti Communiste, a obtenu 71 sièges. Un résultat similaire à celui de décembre, quand Podemos avait eu 69 députés et Izquierda Unida deux et qui est apparu bien décevant pour les ex-Indignés. Pablo Iglesias, le chef de Podemos, professeur de sciences politiques de 37 ans, n’a pas caché sa déception dimanche soir. Pour le changement, "peut-être faudra-t-il attendre plus longtemps que ce que nous voulions", a-t-il admis devant une dizaine de candidats dépités d'avoir perdu 1,2 million de voix en six mois.

La progression de la gauche radicale stoppée par le Brexit ?

Les mises en garde de Mariano Rajoy contre les "expérimentations... des extrémistes et des radicaux" après le Brexit, qui a entrainé vendredi la bourse de Madrid dans la pire chute de son histoire, semblent donc avoir endigué la progression de la gauche radicale.

Pablo Iglesias veut gouverner avec le PSOE, qu'il appelle "la vieille social-démocratie". Mais les tensions sont telles entre ces deux formations rivales que leur alliance semble improbable. Ils n'avaient pas réussi à s'entendre la dernière fois.

Le parti libéral Ciudadanos, quatrième des principales formations et lui aussi nouveau venu sur la scène nationale, recule. Il ne recueille que 32 sièges, loin des 40 remportés en décembre quand il avait séduit les électeurs du PP en dénonçant la corruption.

>> À voir sur France 24 : "L'Espagne va-t-elle sortir de son impasse politique ?"

Le nouveau Parlement ne prendra pas ses fonctions avant le 19 juillet et ce n'est qu'alors que le roi Felipe VI pourra charger un chef de parti de tenter de former un gouvernement.

Mais les tractations pour former un gouvernement s'annoncent à nouveau longues et difficiles. La dernière fois, Mariano Rajoy avait renoncé à tenter de former un gouvernement, sachant qu'aucun parti ne voulait gouverner avec le PP, affaibli par de nombreux scandales de corruption et la dure politique d'austérité qu'il a imposé pour le sortir de la crise. Il avait attendu que les autres partis échouent.

Le Premier ministre actuel table cette fois sur la division de la gauche pour qu'elle le laisse former un gouvernement et évite ainsi aux électeurs exaspérés un troisième retour aux urnes. Plusieurs formules sont envisageables, à commencer par une alliance PP-Ciudadanos, une "grande coalition" à l'allemande entre le parti de Rajoy et le PSOE ou même un gouvernement minoritaire de la droite.

Avec AFP et Reuters

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