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L'ancien Premier ministre Michel Rocard est décédé à l'âge de 85 ans

Michel Rocard le 10 septembre 2015 lors de la journée "La France s'engage pour le climat. En avant la COP21", à Paris.
Michel Rocard le 10 septembre 2015 lors de la journée "La France s'engage pour le climat. En avant la COP21", à Paris. Patrick Kovarik, AFP

L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard est décédé samedi après-midi à l'âge de 85 ans. Il avait été chef du gouvernement sous la présidence de François Mitterrand de mai 1988 à mai 1991.

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L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, théoricien de la deuxième gauche, est décédé samedi 2 juillet dans l'après-midi à l'âge de 85 ans, a annoncé à l'AFP son fils Francis.

Né à Courbevoie, près de Paris, le 23 août 1930 dans une famille de la bourgeoisie, catholique par son père - un des scientifiques à l'origine de la bombe atomique française -, protestant par sa mère.

Socialiste réformiste, Michel Rocard a été Premier ministre de 1988 à 1991 de François Mitterrand, avec lequel il a toujours eu des relations conflictuelles, avant de diriger le PS en 1993 et 1994.

Père de la "deuxième gauche", il entendait incarner une vision rénovée de la gauche, prenant en compte "les contraintes de l'économie mondialisée" sans "renoncer aux ambitions sociales".

Le président François Hollande a d'ailleurs aussitôt salué une "grande figure de la République et de la gauche", qui incarnait "un socialisme conciliant utopie et modernité".


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De son côté, le Premier ministre Manuel Valls, issu lui-même du rocardisme et qui avait travaillé à Matignon auprès de M. Rocard, a jugé qu'il incarnait "la modernisation de la gauche et l'exigence de dire la vérité".

"Aujourd'hui, Michel Rocard a gagné la bataille des idées"

Michel Rocard avait été victime d'une grave hémorragie cérébrale lors d'un voyage en Inde en 2007. Plus récemment, en mars 2012, en visite à Stockholm, il avait dû être hospitalisé cinq jours, après un malaise qui conduisirent les médecins suédois à résorber un caillot sur la partie droite du cerveau.

La gauche "la plus rétrograde d’Europe"

Dans un entretien la semaine dernière au Point, il fustigeait la gauche française, "la plus rétrograde d'Europe" à ses yeux, et jugeait que "les droits des citoyens ne se résument pas aux 'acquis sociaux'" et que "le véritable socialisme, c'est l'accès pour tous aux activités de l'esprit".

C'est également pour parler de l'Europe que Michel Rocard avait été l'invité en mars dernier de l'émission Ici l'Europe de France 24. Il y avait vivement critiqué l'accord conclu entre l'Union européenne et la Turquie sur les migrants.

Relations difficiles avec François Mitterrand

Licencié ès lettres, diplômé de Sciences-Po et du Centre d'études des programmes économiques (CEPE), Michel Rocard sort en 1958 de l'École nationale d'administration (ENA), où il côtoie Jacques Chirac, et rejoint l'Inspection des finances.

Hostile à la guerre d'Algérie, il devient patron du PSU (Parti socialiste unifié) en 1967 qu'il dirige jusqu'en 1973 et qui sera un "laboratoire d'idées" pour la gauche. En mai 68, il s'oppose à la tendance "dure" du PSU et parvient à faire condamner le recours à la violence.

Une fois la gauche au pouvoir, il est nommé ministre d'État, ministre du Plan et de l'Aménagement du Territoire (1981-1983), de l'Agriculture (1983) dont il démissionne en avril 1985, en pleine nuit, pour marquer son hostilité à la proportionnelle pour les législatives de 1986.

À Matignon en 1988, il pratique l'ouverture, ramène la paix en Nouvelle-Calédonie et instaure le RMI (Revenu minimum d'insertion). En mai 1991, François Mitterrand lui demande de démissionner. En 1993, il devient premier secrétaire du PS (jusqu'en 1994). Mais, à nouveau, il ne parvient pas à se mettre en position favorable pour représenter le parti à la présidentielle de 1995.

Il a été ensuite parlementaire européen (1994-2009), sénateur socialiste des Yvelines (1995-1997), ambassadeur chargé de la négociation internationale pour les pôles Arctique et Antarctique (depuis 2009), co-président (avec Alain Juppé) de la Commission sur le grand emprunt, sur décision du président Nicolas Sarkozy.

À gauche comme à droite, les politiques étaient nombreux samedi soir à exprimer leur tristesse face à la disparition de l'ancien chef du gouvernement.

Avec AFP

 

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