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Le cinéaste iranien Abbas Kiarostami est mort à l'âge de 76 ans

Abbas Kiarostami laisse derrière lui une œuvre d'une vingtaine de longs-métrages qu'il a lui-même écrits, réalisés et montés.
Abbas Kiarostami laisse derrière lui une œuvre d'une vingtaine de longs-métrages qu'il a lui-même écrits, réalisés et montés. Éric Estrade, AFP

Le réalisateur iranien Abbas Kiarostami est mort à l’âge de 76 ans des suites d’un cancer. Le lauréat de la Palme d'or 1997 pour "Le Goût de la cerise" laisse derrière lui une œuvre universelle qui dépasse les frontières de son pays.

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Le cinéma perd l’un de ses plus grands maîtres. Le cinéaste iranien Abbas Kiarostami est mort à l’âge de 76 ans, a-t-on appris lundi 4 juillet, des suites d’un cancer. Le réalisateur avait quitté Téhéran la semaine dernière pour subir un traitement en France, où il est décédé.

Abbas Kiarostami est né à Téhéran en 1940 dans une famille modeste, avant de devenir l'un des cinéastes les plus en vue du cinéma iranien dans les années 1960. Le réalisateur, multi-récompensé, avait obtenu une reconnaissance internationale grâce à la Palme d’or obtenue en 1997 pour "Le Goût de la cerise". "La Palme d’or m’a donné confiance en moi. Ça, c’est pour le bon côté, confiait-il à la télévision française après la remise du prix. Le mauvais côté, c’est que depuis cinq mois, je suis tout le temps en voyage pour rencontrer des journalistes du monde entier, et j’ai dû interrompre la préparation de mon nouveau film."

Depuis ses débuts comme cinéaste en 1970, Abbas Kiarostami n’avait en effet cessé d’écrire, tourner et monter ses propres films, avec des moyens souvent limités. L’artiste téhérani, qui était par ailleurs photographe, poète et peintre, laisse derrière lui une œuvre d’une vingtaine de longs métrages documentaires ou de fiction, et autant de courts.

Un cinéma entre réel et fiction

Auteur d’un cinéma très sophistiqué, Abbas Kiarostami s’était imposé comme un génie de l’image et de la mise en scène qui n’aura eu de cesse d’interroger l’art du cinéma, en mélangeant le réel et la fiction ("Close-Up") ou en usant de la mise en abîme ("Shirin"). Bien que très attaché à la recherche formelle (parfois jusqu’à l’expérimental), le cinéaste n’hésitait pas à défier la censure iranienne en abordant des sujets sensibles comme le suicide ("Le Goût de la cerise") ou la place des femmes dans la société ("Ten").

Ces dernières années, Abbas Kiarostami s’était éloigné de l’Iran pour tourner davantage à l’étranger. En 2010, il avait dirigé Juliette Binoche en Italie pour "Copie Conforme". Deux ans plus tard, c’est au Japon – autre grand pays du cinéma - qu’il avait réalisé "Like Someone in Love". Son nouveau film, dont il a interrompu le tournage en raison de la maladie, devait se passer en Chine.

"La langue de la plupart de mes films est le persan, la terre de la plupart de mes films est l'Iran, mais je ne me contente pas de ces deux critères", affirmait-il à Télérama en 2012 comme pour revendiquer l'universalité de son œuvre.

Peu après l’annonce de sa mort, les hommages ont afflué sur les réseaux sociaux. Gilles Jacob, l’ancien président du Festival de Cannes, a salué un réalisateur qui "était l’art-même".

L'agence iranienne Irna a affirmé que sa dépouille serait rapatriée en Iran pour y être enterrée.

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