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Terrorisme : Salah Abdeslam ne veut plus "être épié 24 heures sur 24"

Salah Abdeslam, détenu à Fleury-Mérogis, est le seul jihadiste encore en vie des commandos du 13 novembre.
Salah Abdeslam, détenu à Fleury-Mérogis, est le seul jihadiste encore en vie des commandos du 13 novembre. AFP, archives

Salah Abdeslam peut-il être filmé dans sa cellule 24 heures sur 24 ? L'avocat du seul jihadiste encore en vie des commandos du 13 novembre a demandé mercredi à la justice de suspendre cette mesure jugée contraire aux droits fondamentaux.

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"Je ne suis pas là pour vous demander la liberté de Salah Abdeslam, il ne sortira jamais de prison. Je suis là pour vous demander le respect de sa vie privée." Franck Berton, l’avocat du seul jihadiste encore vivant des attentats du 13 novembre, souhaite donner un minimum d’intimité à son client. Salah Abdelslam ne veut plus être filmé 24 heures sur 24, dans sa cellule spéciale de Fleury-Mérogis. Son avocat a donc demandé à la justice la suspension de la "décision ministérielle du 17 juin" qui ordonne sa mise sous vidéosurveillance permanente, pour trois mois.

Les juges des référés (procédure d'urgence) du tribunal administratif de Versailles rendront leur décision dans la journée de vendredi.

>> À lire sur France 24 : Polémique sur la détention de Salah Abdeslam : "Tous les détenus ont des droits"

La défense d'Abdeslam juge cette mesure contraire à ses droits fondamentaux. Détenu le plus surveillé de France, Abdeslam est à l'isolement à Fleury-Mérogis (Essonne), la plus grande prison d'Europe, dans une cellule spécialement aménagée, sous la surveillance ininterrompue de caméras : deux se trouvent dans sa cellule, d'autres dans sa salle de sport et ses cours de promenade. Le 20 mai dernier, Salah Abdeslam avait refusé de s'exprimer devant les juges, en se plaignant d'être "épié 24 heures sur 24".

De son côté, le représentant de la Chancellerie, Fabrice Verrièle, a contesté devant le tribunal "l’urgence" de cette requête, soulignant que Salah Abdelslam a mis plus de trois semaines à saisir la justice. Il a également défendu une mesure "nécessaire et proportionnée". "Pourquoi 24 heures sur 24 ?", l'a interrogé l’un des juges. "Question de responsabilité de l'administration pénitentiaire", a-t-il répondu, "pour garantir l'intégrité physique de M. Abdeslam".

Éviter les suicides

Ce système vise à prévenir tout risque de suicide ou d'évasion. "On le surveille pour l'amener vivant à son procès dans quelques années", dit Frank Berton. Mais ce faisant, "on le rend dingue, on l'isole", ajoute-t-il, récusant par ailleurs tout risque d'évasion de cette aile très sécurisée de la prison. La principale hantise de l'administration est un suicide du jihadiste, à l'instar de Yassin Salhi, l'homme qui avait décapité son patron dans une mise en scène islamiste et s'est pendu fin 2015 dans sa cellule, à Fleury-Mérogis.

>> À lire sur France 24 : "Filmer les détenus non-stop augmenterait le risque de suicide"

Risques d'évasion ou de suicide ? Des arguments balayés par Me Berton, qui a visité son client "huit fois". "On veut qu'il comparaisse vivant à son procès", mais "au lieu de le protéger contre lui-même, on le rend dingue, on l'isole".

Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, a déjà prévenu qu'il contre-attaquerait et qu’il présenterait un projet de loi permettant cette vidéosurveillance si le tribunal administratif donnait raison à Salah Abdeslam.

Une visite à Fleury-Mérogis le 29 juin du député LR Thierry Solère avait déjà déclenché la colère de l'avocat. L'élu Les Républicains avait eu accès à la salle de vidéosurveillance d'Abdeslam et décrit ce qu'il avait vu dans Le Journal du dimanche, du brossage de dents à la prière du détenu.

Avec AFP et Reuters

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