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États-Unis : les groupes extrémistes noirs et blancs galvanisés par les récentes tensions

Des membres du Ku Klux Klan prennent part à une manifestation, le 11 juillet 2009, à Pulaski, dans Tennessee.
Des membres du Ku Klux Klan prennent part à une manifestation, le 11 juillet 2009, à Pulaski, dans Tennessee. Spencer Platt, AFP

Les groupes racistes noirs et blancs ont fortement augmenté aux États-Unis, notamment en raison de la crise économique, des violences policières et de la campagne incendiaire du candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump.

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Voilà un événement qui ne devrait pas apaiser les tensions raciales aux États-Unis. À la veille de la convention républicaine qui doit se tenir à Cleveland du 18 au 21 juillet, le New Black Panther Party, un mouvement nationaliste noir, organise dans la même ville, du 14 au 17 juillet, une "Convention nationale des Opprimés".

Mouvement créé à la fin des années 1980, le New Black Panther Party propose un discours beaucoup plus radical que les fameux Black Panthers des années 1960 et 1970, n’hésitant pas à tenir des propos racistes et antisémites. Outre sa volonté de créer une nouvelle nation 100 % noire, il affirme notamment que les Blancs ont un plan secret pour commettre un génocide contre les non-Blancs et que les juifs sont responsables du 11-Septembre.

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Au regard des nombreux incidents qui ont émaillé la campagne de Donald Trump, les forces de l’ordre de Cleveland peuvent donc craindre le pire en cas de confrontation entre les deux camps. D’autant que le président du New Black Panther Party, Hashim Nzinga, a affirmé à Reuters que les participants à la Convention nationale des Opprimés envisageaient de venir armés.

"Si c'est un État [l’Ohio] où l'on peut ouvertement porter des armes [ce qui est le cas], nous exercerons notre droit en vertu du deuxième amendement, car il y a d'autres groupes qui menacent d'être là et qui menacent de nous faire du mal", a-t-il expliqué.

Le nombre d’antennes locales du Ku Klux Klan a plus que doublé en un an

Une déclaration qui résume assez bien le climat actuel aux États-Unis, où les groupes extrémistes, et en particulier racistes, se sont développés ces dernières années. Le nombre total de "groupes haineux", répertoriés par le Southern Poverty Law Center (SPLC), une association de surveillance des groupes extrémistes, a ainsi augmenté pour la première fois en quatre ans, faisant un bond de 14 % en 2015.

Parmi eux, les groupes racistes anti-Noirs et anti-Blancs sont ceux ayant enregistré les plus fortes progressions. Les antennes locales du Ku Klux Klan sont ainsi passées de 72 en 2014 à 190 en 2015, selon le SPLC, tandis que les groupes séparatistes noirs ont progressé de 113 à 180 sur la même période.

>> À voir sur France 24 : "Quel avenir pour le mouvement Black Lives Matter après la tuerie de Dallas ?"

"De nombreuses études montrent que la classe ouvrière blanche américaine souffre de plus en plus, explique Mark Potok, l’auteur du rapport de SPLC. Les salaires réels sont en baisse depuis des années, le nombre de suicides et de morts par overdose augmente, les personnes les moins diplômées ont de plus en plus de mal à gagner leur vie et les inégalités de salaires ont atteint des niveaux historiques. Bien sûr, tout ceci vaut pour toutes les minorités, mais les difficultés que rencontrent les Blancs, qui ont historiquement été plus privilégiés, alimentent une vraie colère."

La vague de décès d’hommes noirs tués par des policiers ces deux dernières années est quant à elle à l’origine de l’expansion des groupes radicaux anti-Blancs. "Mais contrairement aux activistes du mouvement Black Lives Matter, les groupes séparatistes noirs ne se contentent pas de demander une réforme des pratiques de la police et l’égalité raciale, ils diabolisent les Blancs, les homosexuels et les juifs", affirme Mark Potok.

Donald Trump coupable de propos incendiaires

Et comme si le contexte n’était pas suffisamment hostile, la primaire républicaine est venue envenimer la situation. "La campagne a été marquée par les propos de Donald Trump qui a passé son temps à attiser la haine et le rejet de l’autre, en attaquant de façon répétée les immigrés mexicains et les musulmans notamment", rappelle Jean-Éric Branaa, spécialiste des États-Unis et maître de conférences à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas.

Le candidat du Grand Old Party (GOP), qui sera officiellement investi le 21 juillet, a ainsi qualifié de trafiquants de drogue et de violeurs les immigrés mexicains, a encouragé ses sympathisants à agresser physiquement les activistes de Black Lives Matter interrompant ses meetings, a affirmé que les Noirs étaient responsables de 81 % des meurtres de Blancs aux États-Unis – alors qu’en 2014, selon PolitiFact, 82 % des Blancs tués l’ont été par d’autres Blancs – et a déclaré vouloir interdire aux musulmans de pénétrer sur le sol américain.

"Ce discours offensant n’est désormais plus cantonné à de simples groupes extrémistes et cela a permis d’installer les pires idées dans le débat national", souligne dans le New York Times Jonathan Greenblatt, le directeur de Anti-Defamation League, une autre association de surveillance des groupes haineux.

Mais le pire est peut-être encore à venir et pourrait davantage concerner les musulmans. Les attaques parisiennes du 13 novembre, la fusillade de San Bernardino et la tuerie d’Orlando, toutes revendiquées par l’organisation de l’État islamique (EI), ont provoqué une montée de l’islamophobie aux États-Unis. Et d’ici l’élection présidentielle début novembre, ce ne sont pas les discours de Donald Trump qui calmeront les esprits.

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