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Attentat de Nice : la ville impuissante face aux radicalisations

La police niçoise sur le pied de guerre, quelques heures après l'attentat qui a frappé la ville.
La police niçoise sur le pied de guerre, quelques heures après l'attentat qui a frappé la ville. Anne-Christine Poujoulat, AFP

Depuis 2014, Nice est considérée comme un important foyer jihadiste dans l'Hexagone. Les forces de l'ordre de la cinquième ville de France font face à l'augmentation du nombre de radicalisés, malgré une politique ultra-sécuritaire.

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Depuis plusieurs années, les autorités sont conscientes du danger qui pèse sur Nice et sa région. En 2014 déjà, une note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) indiquait qu'un attentat visant le carnaval de Nice a été déjoué. Depuis quelques années, la cité méditerranéenne fait face à l'augmentation croissante du nombre de radicalisés, au point d'en devenir une "ville-laboratoire" pour déceler et traiter la radicalisation. Dans les données officielles recensant les individus liés aux filières jihadistes en Syrie, les personnes originaires des Alpes-Maritimes, et de Nice en particulier, figurent en haut du tableau, rivalisant en nombre avec celles venant de Seine-Saint-Denis.

Nice, la ville du numéro un des recruteurs français

Ces derniers mois, la ville a été le théâtre de plusieurs arrestations de jeunes de retour de Syrie ou en partance pour la Turquie. En 2015, Christian Estrosi, alors le maire de la ville, estimait qu'une centaine de personnes de la région niçoise avaient été embrigadées dans des réseaux jihadistes.

Ces départs fréquents s’expliquent en partie par le fait que la ville abrite des recruteurs de candidats au jihad. Parmi eux, Omar Omsen, un ancien caïd converti au salafisme, est connu des services de renseignements français pour être l'un des principaux pourvoyeurs de jhadistes français vers la Syrie. Ce Français d'origine sénégalaise de 41 ans s'est rendu célèbre en 2012 avec sa série de vidéos "documentaires" 19HH – pour les 19 terroristes du 11 septembre 2001 et les tours jumelles du World Trade Center. Dès 2010, le recruteur enrôle des dizaines de jeunes à Nice avec ses prêches au pied des tours des quartiers. En 2013, il fonde en Syrie sa katiba (brigade) composée de dizaines de jeunes Niçois.

Les élus sur le pied de guerre

Face à cette menace, les élus locaux mettent rapidement en place une politique sécuritaire massive. L’ancien maire du parti Les Républicains, Christian Estrosi, fait de Nice l’une des villes les plus équipées en matière de sécurité. La ville détient ainsi le record du plus grand nombre de caméras de surveillance de France, soit une pour 360 habitants. Elle possède également le plus gros effectifs de policiers municipaux avec 380 agents, soit un pour 902 habitants.

Et la cinquième ville de France chouchoute ses policiers. Ces derniers sont équipés d'armes à feu de quatrième catégorie (armes de défense et leurs munitions), de Flash-Ball ou encore d'armes blanches. Ils disposent aussi du pistolet à impulsion électrique Taser, dont le port a été de nouveau autorisé par décret. Dernièrement, l’ancien édile militait pour la mise en place de caméras équipées d’un système de reconnaissance faciale.

La mairie possède aussi sa propre équipe avec ses psychologues, ses avocats et son numéro de signalement pour répondre aux familles qui connaissent le départ de l’un des leurs vers la Syrie. Seul problème : tous ces dispositifs s’avèrent inopérants. Nice arrive ainsi en 401e position sur 408 en matière d'atteintes aux biens et en 389e en matière de violences aux personnes. Jeudi 14 juillet, cet arsenal sécuritaire n’a pas non plus permis de déjouer l'attentat qui a frappé la ville en son cœur.

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