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Erdogan reprend la situation en main en Turquie après le coup d’État manqué

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a assisté à des funérailles, dimanche 17 juillet.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a assisté à des funérailles, dimanche 17 juillet. Aris Messinis, AFP

Une vague d'arrestation a eu lieu, dimanche, en Turquie au lendemain d'une tentative de putsch militaire contre le gouvernement Erdogan. Des milliers de personnes se sont rassemblées dans la nuit à Istanbul en soutien au président.

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Le pouvoir turc a poursuivi dimanche 17 juillet la reprise en main du pays, en particulier de l'armée et de la justice, après l'échec du putsch militaire de vendredi soir, et envisage désormais de rétablir la peine de mort pour les partisans du coup d'État.

Plusieurs milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées dans la nuit de dimanche à lundi sur la place Taksim, à Istanbul, ou sur la place Kizilay, à Ankara, afin d'apporter leur soutien au président Recep Tayyip Erdogan, qui a pour sa part réitéré son appel à descendre dans la rue malgré la mise en déroute des putschistes. "Le jour, allons travailler. Le soir, après le travail, poursuivons notre veille sur les places publiques", a renchéri le Premier ministre turc Binali Yildirim devant la foule dans la capitale.

"Il y a environ 6 000 personnes en garde à vue. Le grand ménage continue", avait déclaré, plus tôt dimanche, le ministre de la Justice, Bekir Bozdag. Le gouvernement avait annoncé, la veille, l'arrestation de près de 3 000 soldats pour leur implication présumée, ainsi qu’un nombre équivalent de personnes parmi les juges et les procureurs.

D'après la télévision Nergis TV, 34 généraux de différents grades ont été arrêtés jusqu'à présent. Parmi eux, des figures emblématiques comme Erdal Ozturk, commandant de la troisième armée, et Adem Huduti, commandant de la deuxième armée.

Les juges dans le collimateur du pouvoir

Dimanche, dans la ville de Denizli (ouest), le commandant de la garnison Ozhan Ozbakir a été arrêté avec 51 soldats, a annoncé l'agence Anadolu. Par ailleurs, un gradé de haut rang de l'armée de l'air, le général Bekir Ercan Van, et une douzaine d'officiers ont été arrêtés sur la base d'Incirlik (sud), utilisée par la coalition internationale pour ses raids contre les jihadistes en Syrie. Le Pentagone a annoncé dimanche que les autorités turques avaient rouvert Incirlik aux avions militaires et que les opérations américaines avaient repris contre l'EI.

Le colonel Ali Yazici, aide de camp du président Erdogan depuis le 12 août 2015 et à ce titre un proche du président, a également été placé en garde à vue dimanche.

La purge ne se limite pas à l'armée, selon l'agence Anadolu, qui rapporte que des mandats d'arrêt ont été délivrés à l'encontre de 2 745 juges et procureurs dans toute la Turquie.

Le "cancer" putschiste

Dimanche, devant une foule dense à Istanbul, Recep Tayyip Erdogan a promis d'éliminer "le virus" des institutions. "Nous allons continuer d'éliminer le virus de toutes les institutions étatiques", a-t-il lancé, "hélas ce virus, comme un cancer, s'est propagé à tout l'État". Il a appelé ses sympathisants à rester vigilants au cours des prochains jours, en occupant notamment les espaces publics. Et il a évoqué un possible rétablissement de la peine de mort en Turquie.

Quelques heures plus tard, Recep Tayyip Erdogan a assisté aux obsèques de victimes de la tentative de coup d'État. Le chef de l'État turc, qui contrôle généralement ses émotions, n'a pas pu retenir ses larmes alors qu'il prononçait dans une mosquée de la rive asiatique d'Istanbul l'éloge funèbre de son ami, un publicitaire turc connu, tué avec son fils de 16 ans dans la nuit de vendredi à samedi par des putschistes.

Les réactions internationales

Si les grandes capitales ont affirmé leur soutien au président Erdogan, démocratiquement élu, pendant la tentative de putsch, elles s'inquiètent désormais de l'utilisation qui pourrait en être faite par Ankara.

Le président américain, Barack Obama, a rappelé à la Turquie "le besoin vital" que toutes les parties concernées "agissent dans le cadre de l'État de droit".

Le coup d'État raté en Turquie n'est pas un "chèque en blanc" au président Erdogan pour faire des "purges", a estimé le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault. Dans l'interview accordée à France 3, il a également estimé qu'il était nécessaire de s'interroger sur la fiabilité de la Turquie dans la lutte contre le groupe État islamique.

Pour la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, "le respect de la loi, de l'État de droit et de la démocratie sont [...] le meilleur moyen pour affronter les difficultés que la Turquie vit, avec la guerre à ses frontières, le drame du terrorisme et la nécessité de renforcer la cohésion sociale et le dialogue politique".

Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, a, quant à lui, appelé Ankara à ne pas "utiliser à mauvais escient" le coup d'État manqué et de ne pas en faire une "carte blanche pour l'arbitraire".

Scènes d'affrontements à Ankara et Istanbul

Dans la nuit de vendredi à samedi, des militaires ont tenté de prendre le pouvoir en Turquie. Appuyée par des avions de chasse et des chars, leur tentative de putsch a donné lieu à des scènes d'affrontements inédits à Ankara et Istanbul depuis des décennies. Ces violences ont opposé les rebelles aux forces loyalistes ainsi qu'à des dizaines de milliers de personnes descendues dans les rues du pays.

Selon le ministre turc des Affaires étrangères, plus de 290 personnes, dont une centaine de putschistes, ont péri dans la tentative de coup d’État.

La tentative de putsch semble avoir été le fait d'une minorité de militaires, qui ne disposait pas de soutien parmi la haute hiérarchie de l'armée.

Alors que la tentative de renversement était en cours, le président Erdogan a rapidement accusé le prédicateur exilé aux États-Unis Fethullah Gülen. L'ancien imam a fermement démenti. Ankara a demandé aux États-Unis de l'extrader.

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