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"Dopage d’État" : le CIO crée une commission pour trancher le sort de la Russie

Le président du CIO, Thomas Bach, le 21 juin 2016 à Lausanne.
Le président du CIO, Thomas Bach, le 21 juin 2016 à Lausanne. Fabrice Coffrini, AFP

Au lendemain de la publication d'un rapport accablant démontrant l'existence d'un système de dopage des athlètes russes, le CIO a annoncé la création d'une commission pour trancher sur une éventuelle exclusion de la Russie des JO de Rio.

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Le sort des athlètes russes aux prochains jeux Olympiques de Rio est toujours en suspens. À 17 jours du début de la compétition et au lendemain du rapport McLaren dénonçant le dopage organisé en Russie, le Comité international olympique (CIO) n’a pas encore statué sur une éventuelle exclusion du pays.

Par la voix de son président Thomas Bach, le CIO a indiqué qu’il n’hésiterait pas à "prendre les sanctions les plus sévères qu’il puisse infliger à toute personne ou organisation impliquée", mais qu’il a décidé pour l’instant d'étudier soigneusement le rapport de l’enquête indépendante.

"Il explorera les options juridiques à disposition entre sanction collective par l’interdiction pour tous les athlètes russes de participer aux Jeux Olympiques de 2016 et droit à la justice individuelle. À cet égard, le CIO devra prendre en considération la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) attendue le 21 juillet 2016 concernant les règles de l’IAAF, ainsi que le Code mondial antidopage et la Charte olympique", peut-on ainsi lire dans un communiqué.

Cet avis du TAS concerne l'appel de 60 athlètes russes qui contestent la suspension décidée en novembre dernier de la Fédération russe d'athlétisme et son exclusion des JO de RIO après un premier rapport indépendant de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Pas de ministre russe des sports aux JO

Le CIO a toutefois déjà décidé de prendre des mesures provisoires à l’encontre de la Russie. Le comité va ainsi interdire la présence à Rio "d’officiels du Ministère russe des Sports ou à toute personne citée dans le rapport d'enquête indépendante". Le ministre russe des Sports Vitali Moutko ne sera donc pas présent au Brésil. Dans le rapport commandé par l'Agence mondiale antidopage, le juriste canadien Richard McLaren avait désigné Vitali Moutko et son adjoint Iouri Nagornykh comme les chevilles ouvrières du système de dopage d'État mis en place par la Russie depuis 2011, et ce dans 30 sports, bien au delà de l'athlétisme.

La commission exécutive précise par ailleurs que le CIO "n'organisera ni n'accordera son patronage à aucune rencontre ou événement sportifs en Russie", et notamment pour les prochains Jeux européens 2019, auxquels la Russie était candidate.

Une nouvelle guerre froide sportive

La publication de ce rapport accablant dépasse les seules frontières du sport. Dès l'annonce de ces révélations, les autorités russes ont ainsi dénoncé "une ingérence dangereuse" de la politique dans le sport et évoqué le scénario d'une nouvelle guerre froide. "Oui, la forme de cette ingérence a changé, mais le but est le même : faire du sport un instrument de pression géopolitique", a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est même plaint mardi auprès de son homologue américain John Kerry des "exigences antirusses" de l'Agence américaine antidopage (Usada), qui a appelé à exclure totalement la Russie des JO à Rio.

Pour tenter de calmer la colère du CIO, le Kremlin a cependant voulu montrer qu’il tenait compte des recommandations de l’AMA en promettant de suspendre tous "les responsables mis en cause" par le rapport McLaren. La première tête à tomber lundi dans la soirée a été celle du vice-ministre des Sports, Iouri Nagornykh, l'homme-clé du système russe, nommé à l'origine par Vladimir Poutine.

Avec AFP

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