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Le Kenya accusé de procéder à des exécutions extrajudiciaires

La police antiterroriste kényane est régulièrement accusée d'intimider ou de tuer des suspects, plutôt que de les arrêter
La police antiterroriste kényane est régulièrement accusée d'intimider ou de tuer des suspects, plutôt que de les arrêter Simon Maina, AFP

Dans un rapport publié mercredi, l'organisation Human Rights Watch accuse les forces de sécurité du Kenya de se livrer, sous couvert de la lutte contre le terrorisme, à des enlèvements et des exécutions en dehors de toute procédure judiciaire.

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Les forces de sécurité du Kenya se livrent à des enlèvements et des exécutions extrajudiciaires contre des personnes soupçonnées d'avoir des liens avec des extrémistes islamistes shebab, accuse Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié mercredi 20 juillet.

L'organisation de défense des droits de l'Homme s’est penchée sur 34 cas de "disparitions forcées" et onze "exécutions extrajudiciaires" présumées, qui se sont déroulées ces deux dernières années, dans le cadre d'opérations antiterroristes menées dans les comtés de Garissa, Mandera et Wajir, où la population est majoritairement d'ethnie somali.

"Les gens dans le nord-est du Kenya méritent d'être protégés contre les attaques des Shebab, pas de subir de mauvais traitements de la part des autorités", estime le directeur exécutif de HRW, Ken Roth, pour qui les cas révélés par son organisation ne sont que "le sommet de l'iceberg".

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La police antiterroriste kényane (ATPU) est régulièrement accusée d'intimider ou de tuer des suspects, plutôt que de les arrêter. Le rapport décrit comment des gens ont été enlevés chez eux par des hommes masqués et armés, non identifiés, ou ont été battus dans les rues avant d'être emmenés dans des véhicules gouvernementaux. Certaines des personnes disparues ont été vues pour la dernière fois sous la garde de policiers ou de militaires. Aucune d'entre eux n'a été inculpé pour un quelconque crime et leurs familles n'ont jamais été en mesure de retrouver leur trace.

"Jusqu'aux plus hauts sommets du gouvernement"

Défenseurs des droits de l'Homme et universitaires mettent en garde contre le risque pour le gouvernement de se mettre à dos et de radicaliser les populations locales avec ces méthodes brutales. "Rafler les gens et ensuite refuser de dire ce qu'ils sont devenus est un crime grave et ne fait qu'accroître la peur et la défiance à l'encontre des forces de sécurité", prévient Ken Roth.

Ces mises en garde sont ignorées, déplore HRW, qui observe que plusieurs composantes des forces de sécurité emploient les mêmes méthodes dans le nord-est du Kenya, sous la supervision du Conseil national de sécurité, composé du président Uhuru Kenyatta et de plusieurs ministres.

Les victimes de ces meurtres et enlèvements sont principalement des hommes âgés de 20 à 40 ans et d'ethnie somali. "C'est une pratique de mauvais traitements commis par plusieurs organismes, avec une structure opérationnelle sophistiquée qui remonte jusqu'aux plus hauts sommets du gouvernement", dénonce Ken Roth.

>> À voir dans la Revue de presse de France 24 : "Brutalités policières inouïes au Kenya"

Le rapport de HRW pointe également le nouveau Centre national de contre-terrorisme (NCTC), établi pour coordonner les opérations antiterroristes du Kenya, ainsi que des donateurs qui soutiennent les forces de sécurité kényanes, comme l'Union européenne, les États-Unis ou le Royaume-Uni.

Depuis qu'il a décidé en 2011 d'envoyer des troupes en Somalie, pour combattre les islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda, le Kenya a été frappé par plusieurs attaques de grande ampleur. Les Shebab s'en sont pris au centre commercial Westgate à Nairobi en 2013 (67 morts) et à l'université de Garissa en 2015 (148 morts), et ont tué une centaine de personnes dans des localités de la côte kényane en 2014.

Avec AFP
 

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