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Val-d'Oise : nouvelle nuit de violences après la mort d'un homme, neuf interpellations

Un pistolet SIG-Sauer porté par un policier à Persan, dans le Val-d'Oise, le 5 septembre 2013.
Un pistolet SIG-Sauer porté par un policier à Persan, dans le Val-d'Oise, le 5 septembre 2013. Lionel Bonaventure, AFP

Des violences ont éclaté dans la nuit de mercredi à jeudi à Beaumont-sur-Oise et à Persan, (Val-d'Oise) après la mort d'un jeune homme au moment de son interpellation par les gendarmes. Neuf personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue.

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Deuxième nuit de violences consécutive dans le Val-d'Oise, en Île-de-France. Ces incidents ont éclaté suite à la mort d'un homme de 24 ans, survenue mardi 19 juillet, lors de son interpellation à Beaumont-sur-Oise, qualifiée de "bavure" par ses proches.

Au cours de la nuit du 20 au 21 juillet, neuf personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour des faits "d'attroupements armés, incendies volontaires et jets d'objet incendiaire sur les forces de l'ordre", a indiqué le directeur de cabinet du préfet du Val-d'Oise, Jean-Simon Mérandat. À 4h30 jeudi, la situation était "calme", a-t-il déclaré à l'AFP.

Quinze véhicules ont été incendiés et 35 feux sur la voix publique ont été recensés, ainsi que deux tentatives d'incendie, contre la mairie et une école maternelle de Beaumont-sur-Oise, a-t-il en outre précisé. La situation a été "tendue de 22h30 à 4h30 [à Persan et Beaumont-sur-Oise, NDLR], mais maîtrisée grâce au robuste dispositif mis en place", a-t-il ajouté. Les forces de l'ordre comptaient cette nuit 180 agents, pour faire face à environ 200 personnes. Aucun blessé n'est à déplorer.

Les violences qui avaient suivi l'annonce de la mort du jeune homme, mardi, avaient fait cinq blessés légers chez les gendarmes. Les forces de l'ordre avaient également essuyé des "tirs d'armes à plomb", selon une source proche des autorités.

"Il était en pleine santé"

Le jeune homme décédé, prénommé Adama, a fait un malaise cardiaque d'après le parquet, et a été arrêté vers 18h15, mardi 19 juillet, pour "rébellion". Le jeune homme a dans un premier temps été présenté comme étant suspecté dans une affaire d'extorsion de fonds. Mais, selon une source proche de l'enquête, Adama se serait en fait interposé lors de l'interpellation de son frère, le véritable suspect recherché dans cette affaire, avant d'être lui-même interpellé.

Le lendemain, les jeunes du quartier Boyenval à Beaumont-sur-Oise, l'un de ceux où ont eu lieu les échauffourées, parlaient de "bavure", réfutant la thèse d'un arrêt cardiaque. "Il était en pleine santé, c'était un grand sportif, un costaud", assure ainsi Sofiane, 30 ans, entouré d'autres jeunes des communes avoisinantes, certains les larmes aux yeux. "Adama est mort le jour de son anniversaire", lâche Sofiane.

Autopsie

Dans l'après-midi, des jeunes du quartier se sont rendus à la mairie de Persan où devait être organisé un point presse avec le maire de la commune et Jean-Yves Latournerie, préfet du Val-d'Oise : "On veut voir le corps, qu'on nous explique", disaient-ils. Ils sont repartis sans explications, le point de presse ayant été annulé.

Selon le procureur de la République de Pontoise, Yves Jannier, Adama "a fait un malaise pendant le trajet dans le véhicule" vers la gendarmerie. "Immédiatement alertés", les pompiers sont intervenus pour lui porter secours, mais n'ont pas pu le ranimer. L'enquête sur les causes de sa mort a été confiée à la section de recherches de Versailles (Yvelines) et à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN).

"On va faire procéder à une autopsie pour avoir le maximum d'éléments d'information", a indiqué à l'AFP le procureur de Pontoise, précisant qu'une information judiciaire avait été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances du décès.

Il a évoqué la "possibilité, pour des membres de la famille très proches", de voir le corps du jeune homme avant l'autopsie. Les résultats des analyses médico-légales devraient être connus jeudi en fin de journée. Une marche blanche aura lieu mercredi entre Persan et Beaumont-sur-Oise, selon le directeur de cabinet du préfet.

Avec AFP et Reuters

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