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Face à la polémique de la vidéosurveillance à Nice, Hollande et Valls montent au créneau

La responsable de la vidéosurveillance à Nice, Sandra Bertin, dimanche 24 juillet 2016, lors d'une conférence de presse.
La responsable de la vidéosurveillance à Nice, Sandra Bertin, dimanche 24 juillet 2016, lors d'une conférence de presse. Valery Hache, AFP

Alors que la polémique sur la vidéosurveillance à Nice a pris de l'ampleur dimanche, le chef de l'État et le Premier ministre ont pris la défense de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, lundi, déplorant une polémique "purement politique".

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François Hollande et Manuel Valls sont montés au créneau, lundi 25 juillet, pour défendre Bernard Cazeneuve, accusé de travestir la vérité sur le dispositif de sécurité le soir de l'attentat à Nice, le Premier ministre fustigeant une polémique "purement politique" visant "à déstabiliser le gouvernement".

"C'est la justice" qui doit établir la vérité et "personne d'autre", a affirmé de son côté le chef de l'État, alors qu'une policière municipale niçoise a affirmé avoir été soumise à des pressions venues de la place Beauvau pour modifier son rapport sur le dispositif de sécurité le soir du 14 juillet. "La vérité et la transparence seront établies", a-t-il promis.

"Il ne peut pas y avoir de polémique ou d'affrontement. C'est pourquoi le Premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, ont eu raison d'en appeler à la dignité, la responsabilité, tout en garantissant la transparence", a déclaré François Hollande lors d'une visite à Vincennes auprès de militaires de l'opération antiterroriste Sentinelle.

Accusé dimanche par une policière municipale niçoise, Sandra Bertin, chef du service pilotant la vidéosurveillance, Bernard Cazeneuve a annoncé le dépôt d'une plainte pour "diffamation", dénonçant "une campagne de vilénies".

Bernard Cazeneuve est "un homme intègre, un homme d'État, un ministre de l'Intérieur formidable", l'a défendu Manuel Valls, dénonçant une "polémique politique qui vise à déstabiliser le gouvernement" et demandant "que tout cela cesse", même s'"il faut évidemment la vérité". Cette "idée au fond que l'État ment, a quelque chose à cacher, alimente le doute, fracture l'État de droit", a-t-il déploré.

"Avec Trump, c'est exactement la même méthode, la violence politique, l'outrance"

L'exécutif a promis pour cette semaine le rapport de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", sur le dispositif le soir de l'attentat qui a fait 84 morts.

Manuel Valls a de nouveau attaqué l'ex-maire de Nice et actuel président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Estrosi, qui dès le soir de la tragédie avait dénoncé l'insuffisance des moyens de police nationale.

"On doit être digne des conditions d'une élection", a lancé le Premier ministre à l'adresse de Christian Estrosi, élu aux régionales de décembre face à Marion Maréchal-Le Pen (FN) après le retrait de la liste PS-PRG entre les deux tours.

Aux États-Unis, "avec Donald Trump, c'est exactement la même méthode, la violence politique, l'outrance, la mise en cause de la démocratie", a encore attaqué Manuel Valls, faisant un lien avec l'approche de la primaire à droite pour 2017.

"En racontant un peu n'importe quoi, Manuel Valls est dans la ‘trompisation’ des Français", a ironisé Sébastien Huygue, porte-parole LR.

Le compte Twitter de Sandra Bertin fermé dans la nuit de dimanche à lundi

Christian Estrosi, premier adjoint à la sécurité de Nice, s'est défendu des accusations d'"instrumentalisation" de la policière municipale portées par l'exécutif et des élus PS : "Les polémiques, c'est le gouvernement qui les génère en faisant obstruction à l'éclatement de la vérité et en racontant mensonge sur mensonge", a réagi l'ex-ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

Sandra Bertin, qui a maintenu ses accusations dimanche soir, doit faire dès lundi un signalement au procureur de la République pour "faux en écriture publique", selon son avocat.

Sur France 2, cette policière municipale, qui affichait régulièrement son soutien à Christian Estrosi sur son compte Twitter, fermé dans la nuit de dimanche à lundi, a auparavant détaillé les pressions qu'elle dit avoir subies. Elle a assuré qu'un "commissaire de police" disant être envoyé par le ministère et une autre personne disant faire partie du cabinet ministériel, jointe par téléphone, lui avaient notamment demandé "de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale" et de rédiger un rapport "modifiable" [sur PDF].

Alors que son rapport de trois pages affirme que le camion du jihadiste est monté sur le trottoir de la promenade des Anglais sans "aucune présence policière", un rapport de la police nationale assure pour sa part qu'il a voulu éviter un "barrage" de policiers nationaux "isolant le périmètre piéton".

Sandra Bertin, fonctionnaire, "connaît le code pénal", a pour sa part critiqué lundi matin le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas : si elle est confrontée à la manifestation d'un délit "ce n'est pas au JDD qu'elle doit en parler, mais au procureur de la République".

Avec AFP

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