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Munich : l’hypothèse d’un tueur raciste se précise

Un mémorial en hommage aux victimes de la tuerie de Munich, devant le centre commercial où elle a eu lieu le 22 juillet.
Un mémorial en hommage aux victimes de la tuerie de Munich, devant le centre commercial où elle a eu lieu le 22 juillet. Christof Stache, AFP

Au fil de l'enquête, le profil de David S., auteur de la tuerie qui a fait neuf victimes à Munich le 22 juillet dans un centre commercial, commence à s’affiner. Et certains éléments laissent à penser que son acte a pu être motivé par le racisme.

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Référence à Hitler, à la “race aryenne”, haine des Turcs et des Arabes : David S., le tueur de Munich qui a fait neuf victimes le 22 juillet avant de se suicider, semble avoir agi pour des motifs racistes, d’après les derniers éléments rapportés par la presse allemande, mercredi 27 juillet.

Les enquêteurs ont ainsi appris de proches du jeune allemand d’origine iranienne de 18 ans qu’il se targuait d’être né le même jour qu’Adolf Hitler, le 20 avril, assure le quotidien Frankfurter Allgemeine, citant des sources du “renseignement”. David S. se vantait aussi de ses origines iraniennes, faisant de lui un “aryen”. Sous le IIIe Reich, l’Iran était présenté comme le berceau de la “race aryenne”.

Faux profil sur Facebook

Dans son échelle de valeur, le tueur s’estimait de ce fait supérieur aux “Turcs et aux Arabes”, qu’il détestait, raconte l’hebdomadaire Der Spiegel. Un ami de ses amis a assuré au magazine qu’il ressentait “une haine immense à l’égard de tous les immigrés” en partie à cause de problèmes que David S. affirmait avoir eu avec certains d’entre eux au lycée. Il interdisait à ses proches de l’appeler Ali, qui est pourtant son deuxième prénom, trop connoté selon lui. Il avait aussi crié “salauds de Turcs” et “je suis Allemand” à un habitant des environs du centre commercial munichois où s’est déroulé la tuerie.

David S. semble également avoir échafaudé un plan pour attirer des Allemands d’origine turque sur les lieux de son futur crime. Il s’était fait passer pour une jeune turque sur Facebook afin de lancer une invitation publique à un rassemblement dans un fast-food munichois vendredi 22 juillet, jour de son passage à l’acte. La machination ne semble pas avoir fonctionné car aucun des internautes ayant “Liké” le message n’a été retrouvé parmi les victimes ont constaté les autorités.

Autant d’éléments qui accréditent la thèse selon laquelle les victimes n’ont pas été choisies au hasard. Toutes avaient des origines étrangères, et la majorité d’entre elles appartenait à la communauté turque. En outre, David S. est loin d’avoir épuisé les 300 munitions qu’il détenait, suggérant qu’il n’a pas tiré à l’aveugle. La piste raciste semble prendre le pas sur celle d’une virée meurtrière sans mobile d’un déséquilibré, évoquée immédiatement après la tragédie munichoise.

Breivik ou Columbine ?

Car les enquêteurs n’ont pas encore tiré de conclusions définitives. Un autre scénario, sans composante politique, intéresse les autorités, souligne la Sueddeutsche Zeitung. La police a interpellé, dans la nuit de mardi à mercredi, un jeune camarade de jeux vidéo de David S. qui semblait sur le point de commettre à son tour une tuerie. De nombreuses munitions, des couteaux et des composants chimiques ont, en effet, été retrouvés à son domicile.

Les deux adolescents discutaient, sur des forums de jeux vidéo, de tueries de masse avec une fascination particulière pour la fusillade du lycée de Columbine, où deux adolescents avaient tué 12 étudiants et un professeurs aux États-Unis en 1999. Sur Instagram, où ils se plaignaient de leurs échecs scolaires et de leur manque de reconnaissance, ils avaient posté des images d’armes et d’explosifs, se qualifiant eux-mêmes de “psychopathes”. L’”ami” de David S. a été envoyé en centre psychiatrique après avoir été interrogé par la police. Cette dimension de l’affaire a été révélée à la police par un internaute qui avait pisté les traces laissées par le tueur de Munich sur Internet.

Les enquêteurs ont donc le choix entre deux profils. L’un fait de David S. un fanatique d’extrême-droite fasciné par les idées et actes du tueur de masse norvégien Anders Behring Breivik. À tel point qu’il a décidé de commettre sa tuerie cinq ans jour pour jour après le massacre de 77 personnes sur l’île d’Utoya. L’autre fait du jeune homme une sorte de version allemande d’Eric Harris ou Dylan Klebold, les deux lycéens américains qui ont perpetrés la tuerie à Columbine.

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