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Moyen-Orient

Coup d'État manqué en Turquie : la grande purge d'Erdogan en chiffres

© Yasin Bulbul, AFP | Le président turc a annoncé que la purge allait se poursuivre jusqu’à "l’éradication du virus".

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/07/2016

Depuis la tentative de putsch du 15 juillet, aucun secteur n’échappe à l’épuration ordonnée par le président Erdogan : militaires, policiers, magistrats, journalistes, enseignants et fonctionnaires sont arrêtés, révoqués ou suspendus.

Les jours se suivent et se ressemblent en Turquie, où depuis la tentative de coup d'État du 15 juillet, une purge continue de viser des dizaines de milliers de personnes, soupçonnées de liens avec le mouvement Gülen auquel est imputé le putsch raté. Aucun secteur n’échappe à l’épuration : militaires, policiers, magistrats, journalistes, enseignants et fonctionnaires sont arrêtés, révoqués ou suspendus.

Des chiffres qui donnent parfois le vertige à mesure que les annonces officielles turques se multiplient, et sur lesquels France 24 s’est penché en détails, secteur par secteur. 

  • Armée

D'après des chiffres officiels, 8 651 militaires sont accusés d’être liés aux putschistes. Depuis le 15 juillet, 178 généraux ont été placés en garde à vue, soit la moitié des généraux et amiraux de l'armée, selon des chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur.

Mercredi, 149 généraux et amiraux ont été renvoyés pour "complicité dans la tentative de coup d'État". Parmi eux, 87 hauts gradés de l'armée de terre, 30 de l'armée de l'air et 32 de la marine. En outre, 1 099 officiers ont également été exclus pour cause "d'indignité", auxquels s’ajoutent 1 684 soldats renvoyés "pour conduite déshonorante".

Jeudi 28 juillet, le Conseil militaire suprême turc, le YAS, devrait décider de remplacer une large partie de la hiérarchie à l'issue de sa réunion qui durera une journée.

Par ailleurs, près de 300 militaires de la Garde présidentielle, soit 10 % de ce régiment, ont été mis aux arrêts au lendemain de l'instauration de l'état d'urgence. Le Premier ministre Binali Yidirim a laissé entendre que les autorités comptaient carrément démanteler ce corps d’armée.

  •  Justice

Immédiatement après le putsch manqué, des demandes de placement en garde à vue ont aussi été émises contre 2 854 juges et procureurs. Le 21 juillet, le ministère de la Défense avait annoncé la suspension de 262 juges et procureurs militaires.

>> À voir sur France 24 : " 'Les putschistes avouent que les instructions sont venues de Gülen', déclare Erdogan"

  • Éducation

Un décret signé par le président turc a ordonné la fermeture de 1 043 écoles privées et 15 universités liées à Fethullah Gülen. Le même décret visait 1 229 organisations et fondations caritatives, 19 syndicats, et 35 établissements médicaux.

Le ministre de l'Éducation, Ismet Yilmaz, a affirmé qu'au moins 20 000 enseignants seraient embauchés pour compenser les limogeages et suspensions de professeurs. Et pour cause, les autorités ont exigé la démission de plus de 1 577 doyens d'université, incluant tous les dirigeants des facultés d'État, et suspendu 21 738 employés de ce ministère l'Éducation. 

  • Fonctionnaires

Plus de 250 employés des services du Premier ministre ont aussi été mis à pied, de même que 100 responsables des services de renseignement, ainsi que près de 500 personnes travaillant au sein de l'agence des affaires religieuses, la plus haute autorité musulmane du pays. Les fonctionnaires démis ont été interdits de sortie du territoire.

En outre, alors que certains ambassadeurs turcs sont en passe d’être relevés de leurs fonctions, selon des déclarations du chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, dont le ministère a limogé, jeudi 28 juillet, 88 fonctionnaires.

  • Presse

Les médias ne sont pas en reste, avec la fermeture de plus de 130 médias dont 16 télévisions, 45 journaux, trois agences de presse et 23 stations de radio, annoncée mercredi 27 juillet. Selon la chaîne de télévision privée CNN-Türk il s'agit essentiellement de médias de province, mais aussi de certains médias à diffusion ou audience nationale. L'agence de presse Cihan fait partie de ceux-ci, aux côtés de la télévision pro-kurde IMC TV et du quotidien d'opposition Taraf.

En outre, 15 magazines et 29 maisons d'édition ont été fermés, selon une annonce du gouvernement publiée dans le Journal officiel.

Ankara a lancé également mercredi des mandats d'arrêt à l'encontre de 47 journalistes. Il s’agit d’ex-employés du quotidien Zaman, mis en cause en raison de leurs liens supposés avec le réseau de l'imam Fethullah Gülen. En début de semaine déjà, 42 journalistes ont fait l'objet de mandats d'arrêt, dont un célèbre commentateur, et ancien parlementaire, Nazli Ilicak.

La justice turque avait déjà émis en début de semaine 42 mandats d'arrêt contre des journalistes, dont certains ont été placés en garde à vue. 

  • Entreprises liées à l’État

La compagnie aérienne nationale turque Turkish Airlines a renvoyé plus de 100 employés, notamment dans le management et le personnel navigant, en raison de leurs liens supposés avec les putschistes du 15 juillet, tandis que l'opérateur Turk Telekom, détenu à 30 % par l'État, a décidé de renvoyer 198 employés en "coopération avec les forces de sécurité".

Avec AFP et Reuters
 

Première publication : 28/07/2016

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