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La Turquie ferme les casernes et la base aérienne des putschistes

 Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, et les chefs d'état-major autour du président Erdogan, jeudi 28 juillet.
Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, et les chefs d'état-major autour du président Erdogan, jeudi 28 juillet. Kayhan Ozer, AFP

Le Premier ministre turc a annoncé, vendredi, la fermeture des casernes liées à la tentative de coup d'État ainsi qu'une base aérienne, près d'Ankara. Erdogan a de son côté décrété une réorganisation de l'armée désormais placée sous son contrôle.

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La Turquie réorganise son armée. Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a annoncé, vendredi 29 juillet, que les autorités allaient fermer toutes les casernes ayant pris part au putsch manqué du 15 juillet, ainsi qu'une base aérienne proche de la capitale Ankara, qui a servi également aux putschistes."Nous fermerons toutes les casernes qui ont envoyé des chars et des hélicoptères", a déclaré Binali Yildirim dans un discours retransmis en direct de la base aérienne d'Akinci, au nord d'Ankara, qui a servi elle-même aux comploteurs.

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De son côté, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a fait savoir qu'il souhaitait que l'armée et les services secrets (MIT) soient placés sous le contrôle de la présidence et non plus du Premier ministre.

La veille, le Conseil militaire suprême (YAS), organe de supervision des forces armées en Turquie, s’est réuni pendant cinq heures, pour nommer 99 colonels au rang de général ou d'amiral et placer 48 généraux à la retraite.

Erdogan "empoisonné"

Près de deux semaines après la tentative de coup d'État d'un groupe au sein de l'armée, qui a fait au moins 246 morts et qui a valu à près de 1 700 militaires, dont 40 % de généraux et amiraux, d'être congédiés pour conduite déshonorante, les principaux responsables de l'état-major sont maintenus à leur poste. Cette décision "est perçue comme un message de confiance vis-à-vis de cette armée, analyse Fatma Kizilboga, correspondante France 24 en Turquie. Cela vise à remonter le moral des troupes, mais aussi rassurer la population, les investisseurs et la communauté internationale."

Seuls changements notables, le chef d'état-major adjoint, le général Yasar Guler, est nommé commandant de la gendarmerie et le chef de la prestigieuse Première Armée, le général Umit Dundar, le remplace en tant que numéro deux de l'état-major, toujours dirigé par Hulusi Akar.

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Les adversaires du président turc, qui a échappé de justesse à un enlèvement voire à une possible exécution pendant la tentative de coup de force, accusent Erdogan de se servir du putsch comme prétexte pour procéder à une répression aveugle de toute opposition dans le pays de 80 millions d'habitants.

Washington "profondément préoccupé"

Les États-Unis et l'Union européenne ont déjà fait part de leur inquiétude face à l'ampleur des purges. Jeudi, le directeur du Renseignement américain, James Clapper, a déclaré que les limogeages d'officiers avaient un impact sur la coopération entre Ankara et Washington contre le groupe État islamique. "Beaucoup de nos interlocuteurs ont été arrêtés", a-t-il relevé. "Nul doute que cela va rendre la coopération plus difficile avec les Turcs."

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Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a balayé ces inquiétudes en arguant que l'armée turque sortirait renforcée une fois "nettoyée" de ses éléments gülénistes. Recep Tayyip Erdogan accuse l'imam Fethullah Gülen, installé aux États-Unis, d'avoir fomenté le coup d'État, ce que ce dernier dément. Cet ancien allié devenu ennemi juré du chef de l'État a estimé, dans une interview au Corriere della Sera, publiée vendredi que Tayyip Erdogan était "empoisonné" par le pouvoir.

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Autre critique émanant de Washington, le département d'État s'est dit "profondément préoccupé" par les arrestations de journalistes lancées depuis le début de la semaine en Turquie. Mevlut Cavusoglu a répondu que les personnes interpellées dans les médias n'étaient pas "de vrais journalistes".

Avec AFP

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