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Burundi : un millier de personnes manifestent contre l'envoi de policiers de l'ONU

Des manifestants devant l'ambassade de France à Bujumbura, le 30 juillet 2016, pour protester contre la décision de l'ONU d'envoyer des policiers dans le pays.
Des manifestants devant l'ambassade de France à Bujumbura, le 30 juillet 2016, pour protester contre la décision de l'ONU d'envoyer des policiers dans le pays. AFP

Une manifestation organisée par le pouvoir a rassemblé un millier de personnes à Bujumbura, la capitale du Burundi, pour protester contre la décision, prise la veille par l'ONU, de déployer 228 policiers dans le pays.

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Bujumbura n'a pas réagi officiellement à l'adoption vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution prévoyant le déploiement de 228 policiers onusiens au Burundi, mais le pouvoir burundais a montré qu'il n'entendait pas l'accepter aussi facilement en mobilisant samedi 30 juillet un millier de ses partisans pour une manifestation dans les rues de la capitale.

Clairement "organisée par le pouvoir", selon une source diplomatique occidentale à Bujumbura interrogée par l'AFP, cette manifestation est partie de la place de l'Indépendance, en plein centre-ville, pour se diriger vers l'ambassade de France – Paris ayant proposé la résolution adoptée par l'ONU.

Le maire de Bujumbura, Freddy Mbonimpa, des députés et de nombreux hauts cadres du parti au pouvoir (CNDD-FDD) et de l'administration figuraient au premier rang des manifestants. Encadrés par de nombreux policiers, ceux-ci ont organisé un sit-in de plusieurs minutes devant l'ambassade, en lançant des slogans hostiles à la France et au déploiement de la future force de police prévue par l'ONU.

Rassemblement dans le calme

"Le peuple burundais dit 'non' à la résolution 2303 de l'ONU", proclamait l'une des pancartes brandies par les manifestants, selon des photos publiées par les médias burundais. "La France veut envoyer des hommes armés au Burundi pour commettre un génocide comme au Rwanda en 1994", accusait une autre.

La manifestation s'est toutefois déroulée dans le calme. "C'était très bon enfant, il n'y a eu aucun problème", a expliqué l'ambassadeur de France, Gerrit van Rossum, interrogé par l'AFP au téléphone depuis Nairobi. "Il y a une incompréhension profonde sur le rôle de la France au Conseil de sécurité. Mais ça n'a aucun lien avec les relations bilatérales. Et puis cette résolution est bonne pour le Burundi", a ajouté l'ambassadeur, qui est descendu dans la rue pour parler aux manifestants et tenter de faire passer ce message.

Le défilé est également passé devant l'ambassade du Rwanda, preuve de l'hostilité envers ce pays que Bujumbura accuse d'entraîner des rebelles burundais.

>> À lire sur France 24 : Après un an de violences, le Burundi sous la menace d'une "logique génocidaire"

Le Conseil de sécurité a voté vendredi une résolution proposée par la France et prévoyant le déploiement progressif de 228 policiers de l'ONU au Burundi, pour tenter d'y ramener le calme et de faire respecter les droits de l'Homme. Ce petit pays d'Afrique des Grands lacs est plongé dans une grave crise émaillée de violences, qui ont fait plus 500 morts et provoqué le déplacement de quelque 270 000 civils, depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature pour un troisième mandat, avant d'être réélu en juillet.

Les policiers de l'ONU seront envoyés à Bujumbura et dans tout le Burundi "pour une période initiale d'un an". Leur mandat pourra être prolongé ou modifié si la situation empire. Ce texte demande au gouvernement burundais de "coopérer pleinement" avec la force de police onusienne. L'ONU risque toutefois de se heurter à son refus, celui-ci n'ayant pour l'instant accepté de n'accueillir que 50 policiers.

Avec AFP

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