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Découvertes

Des abeilles dotées de puces électroniques pour comprendre les dangers qui les guettent

© Intel | Le dispositif électronique est assez léger pour ne pas gêner le vol des pollinisatrices.

Texte par Charlotte VIGUIÉ

Dernière modification : 02/08/2016

L'entreprise américaine Intel a lancé, en partenariat avec un organisme gouvernemental australien, un projet d'étude des abeilles. But : "traquer" les insectes pour comprendre ce qui menace leur espèce, dans une expérience conduite en Australie.

Espionner les abeilles pour comprendre ce qui les tue : voilà l'ambition d'Intel et de l'Organisation fédérale pour la recherche scientifique et industrielle (CSIRO). L'entreprise et l'organisme australien ont décidé d'allier leurs compétences et leurs savoirs pour participer à la conservation des abeilles, en créant le projet "Global Initiative for Honey bee Health" (GIHH).

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Pour ce faire, ils ont "équipé" en Tasmanie, au large de l'Australie, plus de 10 000 abeilles d'une puce électronique afin de pouvoir suivre leurs déplacements hors de la ruche.

De la taille d'un grain de riz, ce minuscule "sac à dos" électronique est en fait une radio-étiquette, soit une micro-puce qui envoie des informations aux appareils auxquels elle est connectée. Si vous ne voyez pas à quoi ça ressemble, ce sont les étiquettes de toutes les couleurs avec des motifs de circuit électronique qui servent aujourd'hui d'anti-vol dans certains magasins.

Assez léger pour ne pas gêner le vol de l'abeille, le dispositif enregistre de nombreuses informations quand l'abeille est de sortie : son trajet, la température et le taux d'humidité, ses contacts avec d'autres colonies ou encore son temps passé en dehors de la ruche. À son retour, ces informations sont transmises à Edison, un micro-ordinateur lui aussi – il fait la taille d'un timbre postal – qui est installé dans la ruche et peut analyser les données.

Comprendre ce qui menace l'espèce

L'extinction des abeilles dans le monde n'est pas une nouveauté. "Rien qu'aux États-Unis, il y a eu une baisse des ruches d'abeilles de 25% par an. La baisse était régulière depuis les années 1940, mais elle empire aujourd'hui", alerte le professeur Paulo de Souza, scientifique au CSIRO. En France, près de 30 % des colonies d’abeilles disparaissent chaque année. D'ailleurs, en 10 ans, 15 000 apiculteurs ont cessé leur activité, selon l'association "Un toit pour les abeilles".

Mais les causes de cette extinction sont encore floues. Les pesticides, le réchauffement climatique, l'urbanisation et donc la perte de lieux de vie... Les causes sont multiples, et il est difficile d'établir laquelle prévaut sur les autres en fonction de la région et du pays.

"Nous ne savons pas exactement quels facteurs, ou quelle combinaison de facteurs, cause(nt) la disparition de ces ruches", explique Paulo de Souza sur le blog d'Intel. "Ce que nous savons, c'est que d'un jour à l'autre, une ruche peut être désertée, ou que toutes ses abeilles peuvent mourir d'un coup."

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Selon les Nations Unies, sur les 100 espèces de culture qui permettent de nourrir 90% de la population, 71 dépendent de la pollinisation, donc des abeilles et autres insectes butineurs. Cela comprend non seulement les graines, mais aussi les fruits et légumes. De l'existence des abeilles dépend donc notre propre capacité à survivre et à s'alimenter à l'échelle mondiale.

"Ce problème doit avoir une initiative et une réponse globale, et nous devons utiliser la technologie et les données pour trouver une solution", explique Paulo de Souza. "Et nous devons la trouver avant qu'il ne soit trop tard."

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Première publication : 02/08/2016