TURQUIE

Erdogan hausse le ton contre l'Occident, qu'il accuse de soutenir "le terrorisme" et les putschistes

Le président Recep Tayyip Erodgan lors de son discours, le 2 août 2016.
Le président Recep Tayyip Erodgan lors de son discours, le 2 août 2016. Kayhan Ozer, AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé une attaque extrêmement virulente contre les États-Unis et les Européens, les accusant de soutenir le "terrorisme" et les putschistes qui ont failli le renverser le 15 juillet.

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Remonté et vindicatif. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé une attaque extrêmement virulente contre les Occidentaux, en les accusant de soutenir le "terrorisme" et les putschistes qui ont failli le renverser le 15 juillet.

"Malheureusement, l'Occident soutient le terrorisme et se range aux côtés des putschistes", a-t-il lancé dans un discours au vitriol prononcé depuis son palais présidentiel, en réponse aux critiques des États-Unis et de l'Europe sur l'ampleur des purges engagées dans le pays après le putsch raté.

"Ceux que nous imaginions être nos amis prennent le parti des putschistes et des terroristes", a insisté le chef de l’État lors d'un forum économique à Ankara.

Un "scénario écrit depuis l’étranger"

Il a affirmé que le scénario du putsch "avait été écrit depuis l'étranger". Le pouvoir turc accuse le prédicateur Fethullah Gülen, en exil aux États-Unis, d'être le cerveau du coup d'État, ce que ce dernier dément vigoureusement. "Je demande aux États-Unis : quel genre de partenaire stratégique sommes nous si vous hébergez toujours quelqu'un dont j'ai demandé l'extradition ?", s'est-il interrogé.

Le président Erdogan s'en est également pris à l'Union européenne (UE) "qui n'a pas rempli ses promesses" en ce qui concerne le versement de trois milliards d'euros dans le cadre de l'accord sur les migrants et des visas facilités pour les ressortissants turcs.

"Rien ne se passe sur le front des visas", a-t-il affirmé. "Quand on dit cela tout haut, ces messieurs (de l'UE) sont très mal à l'aise. Pardonnez-moi mais ce pays n'est pas un esclave".

Le chef de l'État s'est par ailleurs insurgé contre la décision des autorités allemandes de lui interdire de s'adresser par un lien vidéo à ses partisans rassemblés dimanche dernier à Cologne (ouest) pour soutenir la démocratie. "Bravo ! Les tribunaux en Allemagne travaillent très vite", a-t-il lancé avec ironie.

Il a enfin rejeté les critiques des Européens sur les mesures prises après le coup, soutenant que "l'état d'urgence respecte les procédures européennes".

"Regardez ce qu'a fait la France : trois plus trois plus six, elle a déclaré un an d'état d'urgence", a-t-il rappelé.

La purge cible le secteur de la santé

Le grand ménage qui est en cours en Turquie, depuis le putsch raté, a gagné mardi l'un des derniers secteurs qui semblaient épargnés, la santé, avec des mandats d'arrêt contre 98 membres du personnel d'un grand hôpital militaire d'Ankara, dont des médecins, a annoncé un responsable turc.

La chasse aux sympathisants réels ou présumés du prédicateur Fethullah Gülen est implacable. Elle avait jusqu'ici surtout touché massivement l'armée – dont près de la moitié des généraux a été limogée – de même que la justice, la fonction publique, l'éducation et la presse. La purge s'est même étendue au sport, la Fédération turque de football (TFF) ayant annoncé avoir licencié 94 de ses membres, dont des arbitres opérant apparemment en première division, selon la presse.

Dans une déclaration à la télévision italienne, le président Erdogan a par ailleurs sommé mardi les juges italiens de "s'occuper de la mafia" plutôt que de son fils aîné Bilal, visé à Bologne par une enquête pour blanchiment d'argent.

"Dans cette ville ils m'appellent dictateur et ils manifestent pour le PKK. (...) C'est ça l'État de droit ?" a-t-il déclaré.

"Dans ce pays, les juges suivent la loi et la Constitution italienne, pas le président turc", a sèchement rétorqué le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, sur Twitter.

Avec AFP
 

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