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AFRIQUE DU SUD

En Afrique du Sud, des municipales aux allures de référendum pour ou contre Zuma

Un électeur vote dans un township de Johannesburg, le 3 août 2016.
Un électeur vote dans un township de Johannesburg, le 3 août 2016. Gianluigi Guercia, AFP
3 mn

Près de 26 millions d'électeurs sud-africains sont appelés aux urnes, mercredi, pour des élections municipales aux airs de référendum pour le parti au pouvoir, l'ANC. Le célèbre parti de Nelson Mandela pourrait perdre de grandes villes.

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Les Sud-Africains votent, mercredi 3 août, pour des élections municipales aux allures de test pour le Congrès national africain (ANC), le parti de Nelson Mandela au pouvoir depuis 22 ans. Selon les derniers sondages, le parti d'opposition, l’Alliance démocratique (DA), pourrait arriver en tête dans plusieurs grandes villes du pays, une situation inédite depuis la fin de l'apartheid en 1994.

"Dans la tête des 26 millions d’électeurs, cette élection est un référendum pour ou contre la gouvernance de Jacob Zuma [président du pays, NDLR], précise Caroline Dumay, la correspondante de France 24 en Afrique du Sud. C’est comme ça que c’est perçu ici."

"L'ANC pourrait perdre beaucoup de terrain"

Trois villes sont au centre de toutes les attentions : la capitale Pretoria, le hub économique Johannesburg et Port Elizabeth, cité industrielle du bord de l'océan Indien. "L’ANC pourrait perdre beaucoup de terrain. Selon les derniers sondages, Pretoria et Port Elizabeth pourraient passer à l’opposition", ajoute Caroline Dumay.

C’est à Port Elizabeth en effet, que l'opposition a le plus de chances de remporter le scrutin. Dans cette ville où le chômage bat des records (36 % contre 26,7 % au niveau national) les déçus de l'ANC sont nombreux. "L'ANC a échoué lamentablement. Après 1994, ils nous ont promis le paradis sur Terre. On attend toujours", peste Mlungiseleli Kwanini, un chômeur sexagénaire. "Ils nous font des promesses vides. Regardez, j'ai 60 ans et je ne me souviens même plus de la dernière fois que j'ai eu un emploi", poursuit-il.

Plusieurs zones du pays sont toujours privées des services publics de base, comme l'eau ou l'électricité, accentuant le mécontentement des plus défavorisés qui jugent que trop peu de progrès ont été faits depuis la fin de l'apartheid.

"Ce n'est plus l'ANC de Madiba"

Tout au long de la campagne, l'opposition n'a pas hésité à utiliser le nom consensuel de Nelson Mandela pour convaincre les électeurs que l'ANC les a aujourd'hui trahis."Ce n'est plus l'ANC de Madiba [nom de clan de Mandela, NDLR], ce n'est plus l'ANC pour laquelle j'ai voté en 1999. C'est un parti différent, corrompu et qui n'a pas d'intérêt pour les gens ordinaires", a lancé, mardi, Mmusi Maimane, le leader de la DA.

En face, le parti au pouvoir ne panique pas. Ces dernières semaines, les cadres de l'ANC - y compris le président Jacob Zuma - ont fait campagne pour rassurer leur électorat. "Nous restons confiants, nous avons rencontré nos électeurs et ils ont reçu notre message. L'odeur de la victoire est dans l'air, je peux la sentir", a affirmé mardi Cyril Ramaphosa, le vice-président de l'ANC et de l'Afrique du Sud.

Avec AFP

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