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Pourquoi les jeunes ont-ils moins de rapports sexuels que leurs aînés ?

Malgré toutes ces applications de rencontres, les millenials couchent moins qu'avant.
Malgré toutes ces applications de rencontres, les millenials couchent moins qu'avant. Roberto Machado Noa, Getty Images

Une étude publiée le 1er août par trois chercheurs américains montre que la génération d'adultes née dans les années 90 a la vie sexuelle la moins active depuis les années 20.

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Vous pensez que les millenials sont une jeunesse décomplexée qui enchaîne les coups d'un soir rencontrés dans les bars ou sur Tinder ?

Une étude publiée dans le journal Archives of Sexual Behavior le 1er août... montre le contraire. Les jeunes adultes de la génération née à la fin des années 80 et durant les années 90, sont deux fois plus susceptibles d'être sexuellement inactifs durant leur vingtaine que ne l'était la génération précédente. Il faut remonter aux années 20 pour retrouver des taux similaires d'inactivité sexuelle.

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L'étude a examiné 26 700 adultes américains représentatifs de la population totale. Les questions portaient sur le nombre de partenaires sexuels entre l'âge de 18 et 24 ans.

"La génération des millenials attend plus longtemps avant d'avoir des relations sexuelles. Une majorité de plus en plus grande attend même le début de la vingtaine pour leur premier rapport voire plus", explique Jean Twenge qui a dirigé la recherche.

Un résultat surprenant pour notre génération? Pas tant que ça au regards des facteurs suivants.

"Génération Tanguy"

En décembre 2015, une étude de la Fondation Abbé Pierre révélait qu'en France, 4,5 millions de majeurs vivaient encore chez leurs parents. Parmi eux, 1,3 million avaient plus de 25 ans. Ce phénomène vaut à notre génération d'être souvent qualifiée de "génération Tanguy", en référence à la comédie d'Étienne Chatiliez mettant en scène cette situation.

Bas salaires, temps partiels subis, précarité des contrats de travail et fort taux de chômage des jeunes sont autant de facteurs qui compliquent la prise d'indépendance. Et incitent les jeunes à prolonger leurs années passées dans le cocon familial.

Mais ce refuge a un prix : le manque d'intimité. Pas évident pour tout le monde de ramener un ou une partenaire potentiel(le) à la maison quand il y a papa et maman dans la pièce d'à côté.

Accro aux écrans

Ah, ces verres sirotés assis en face d'une personne plus captivée par son téléphone que par la discussion. Si nos écrans sont à bien des égards de fantastiques moyens de découvrir, partager, communiquer... ils peuvent aussi devenir un frein au développement de relations personnelles.

"En théorie, les applications de rencontre devraient aider les millenials à trouver plus facilement des partenaires sexuels", explique Jean Twenge, spécialiste en psychologie à l'université de San Diego. "Mais la technologie peut avoir l'effet contraire. Les jeunes passent tellement de temps en ligne qu'ils en oublient d'interagir avec la personne, et donc n'ont pas de relations sexuelles".

Pour contrer ce phénomène, des initiatives se mettent en place pour forcer notre génération à parler à la personne en face de soi. Un bar d'Hove, dans le Sussex, en Angleterre, s'est transformé en cage de Faraday afin de bloquer les ondes des téléphones et forcer les clients à communiquer.

L'évolution de la notion de consentement

Une autre raison qui peut expliquer cette diminution du nombre de relations sexuelles des millenials est l'évolution du rapport au consentement. Si ce n'est pas encore parfait, notre génération prête toujours plus attention au consentement de son partenaire – et c'est tant mieux.

Heureusement que le féminisme est passé par là. Les femmes n'ont plus peur de dire non aux relations, explique ainsi Stephanie Coontz, historienne de la famille, au Washington Post. "Les gens sont devenus plus exigeants sur ce que signifie le consentement. Nous acceptons beaucoup moins le sexe forcé".

"Nous acceptons beaucoup moins le sexe forcé"

Les campus américains s'organisent pour abolir "la culture du viol". Beaucoup ont mis en place la règle du "yes means yes" : un consentement verbal est nécessaire de la part des deux partenaires.  En clair, si une fille est ivre au point de ne plus tenir debout ou d'être incapable de dire non, ça ne veut pas dire qu'elle est d'accord. Ça n'a jamais été le cas d'ailleurs.

Porno partout, sexe nulle part

Et si notre génération n'était tout simplement pas en train d'expérimenter le revers de médaille, celui de l'accès toujours plus simple à des contenus pornographiques ? Fini les déplacements furtifs chez un kiosquier pour mettre la main sur un magazine osé, on peut maintenant trouver du contenu pornographique en trois clics et deux mots-clés.

Une banalisation du sexe qui ne serait pas sans conséquences sur la sexualité. Plusieurs articles s'alarment des effets addictifs du porno mais aussi de la baisse de désir de "sexe réel" qu'induit la consommation massive de vidéos pour adultes.

Cependant, difficile de mesurer la véracité de ces études puisque d'autres indiquent le contraire. Exemple avec cette étude de 2014 produite par des chercheurs californiens qui conclue, au contraire, que la consommation de porno est le signe d'une bonne libido.

Pas le temps pour ces distractions

On pourra dire ce qu'on veut, les millenials sont une génération d'ambitieux. Le Washington Post fait d'ailleurs témoigner plusieurs d'entre eux, bien trop occupés par leurs études ou leur carrière que par la quête de partenaires sexuels.

L'un d'eux, Noah Patterson, un webdesigner de 18 ans déclare même : "Pour un rendez-vous moyen, je dois investir deux heures de mon temps et ce sont deux heures durant lesquelles je ne pourrais pas faire quelque chose que j'aime. Je préfère encore regarder des vidéos sur YouTube et gagner de l'argent. De plus, les relations ne sont pas quelque chose d'intéressant pour le CV."

Un comportement qui ne surprend par Helen Fisher, anthropologiste et conseillère scientifique du site de rencontre Match.com : "C'est une génération très motivée et ambitieuse. Ils ont peur de se retrouver coincés dans un truc et ne plus être capables de se remettre à leurs bureaux et continuer à étudier."

À croire que pour nous les jeunes, l'argent fait plus le bonheur qu'une partie de jambes en l'air.

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