SYRIE

Syrie : "À Manbij, l'EI utilise les civils comme boucliers humains"

Un membre des forces rebelles syriennes devant un immeuble de Manjib bombardé par la coalition internationale.
Un membre des forces rebelles syriennes devant un immeuble de Manjib bombardé par la coalition internationale. Delil Souleiman, AFP

Après avoir repris une partie de la ville de Manbij des mains de l'EI, les forces rebelles syriennes sont ralenties dans leur progression. En raison, notamment, des civils utilisés comme boucliers humains. Le photoreporter Mathieu Delmas raconte.

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Depuis deux mois, les Forces démocratiques syriennes (FDS, rébellion) combattent les jihadistes du groupe État islamique (EI) à Manbij, localité du nord de la Syrie à mi-chemin entre Alep et Kobané. Après avoir repris 70 % de la ville, les rebelles, appuyés par les forces kurdes, semblent ne plus progresser.

"Les combattant de l’EI sont actuellement en grande difficulté puisqu’ils sont totalement assiégés depuis quatre semaines, mais ils opposent malgré tout une résistance farouche", rapporte à France 24 Mathieu Delmas, photojournaliste actuellement à Kobané.

Au moins 2 300 habitants ont pu quitter Manbij mais des milliers d'autres sont toujours pris au piège à l'intérieur de la ville, ce qui ralentit l’avancée des rebelles. "L’EI utilise les civils comme boucliers humains afin de se protéger des frappes de la coalition internationale menée par Washington, indique le reporter. L’avancée des rebelles est également ralentie par la grande présence d’explosifs que le groupe jihadiste dissémine un peu partout dans la ville lorsqu’ils se retirent des zones perdues."

"Ville stratégique à double titre"

Ville menant vers la frontière turque, Manbij est stratégique à double titre. Pour l’EI, tout d’abord, qui depuis janvier 2014 en a fait "une plaque tournante lui permettant de faire transiter armes, combattants étrangers et pétrole vendu en contrebande en Turquie, précise Mathieu Delmas. La perte de la ville constituerait pour l’EI le début de la fin en Syrie.

Manbij est également importante pour les FDS et les forces kurdes. Après la chute de la ville, ces derniers "espèrent rejoindre la canton d’Efrine [dans l’Ouest] et le connecter au reste du Kurdistan syrien",

Formée l'an dernier, l'alliance des FDS regroupe la puissante milice kurde des Unités de protection populaire (YPG), qui avait combattu à Kobané, et des combattants arabes. Lancée il y a deux mois, leur offensive contre Manbij est appuyée par des éléments des forces spéciales de l'armée américaine.

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