TURQUIE

Coup d'État manqué : la justice turque émet un mandat d'arrêt contre Fethullah Gülen

Fethullah Gülen dans sa propriété de Saylorsburg, en Pennsylvanie, le 24 septembre 2013.
Fethullah Gülen dans sa propriété de Saylorsburg, en Pennsylvanie, le 24 septembre 2013. Selahattin Sevi, Zaman Daily, AFP

Accusé d'être l'architecte du putsch manqué du 15 juillet, Fethullah Gülen fait l'objet d'un mandat d'arrêt, émis par la justice turque jeudi. L'ancien allié du président Recep Tayyip Erdogan vit aux États-Unis depuis 1999.

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La justice turque a émis, jeudi 4 août, un mandat d'arrêt à l'encontre de l’imam Fethullah Gülen, exilé depuis 1999 aux États-Unis et accusé par Recep Tayyip Erdogan d'être le cerveau du putsch manqué du 15 juillet.

Le mandat d'arrêt émis par un tribunal d'Istanbul accuse l'ex-mentor du président turc "d'avoir ordonné la tentative de coup d'État du 15 juillet", a rapporté l'agence progouvernementale Anadolu. Cette démarche ouvre la voie à une demande formelle d'extradition auprès de Washington, qui de son côté réclame des preuves à Ankara de l'implication de l'imam septuagénaire, qui vit reclus en Pennsylvanie.

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Les plus hauts responsables de Turquie ont déjà réclamé de nombreuses fois aux États-Unis l'extradition du "terroriste" Gülen. La Turquie a annoncé avoir déjà fourni à deux reprises des "dossiers" sur le rôle de Gülen dans le coup d'État manqué. Le prédicateur avait condamné la tentative de renversement du pouvoir, depuis son exil américain.

L'administration américaine a répété, jeudi, par la voix du porte-parole du département d'État Mark Toner, que cette procédure juridique prenait du temps. Le ministère de la Justice "essaie toujours de déterminer si les documents fournis constituent une demande formelle d'extradition", a-t-il expliqué.

Par ailleurs, le neveu de Gülen, Muhammet Sait Gülen, a été placé, jeudi, en détention à Ankara, a annoncé la télévision CNN Turk. Il avait été placé en garde à vue le 23 juillet dans la ville de Erzurum, dans l'Est.

"Nid de terroristes"

Par ailleurs, deux juges de la Cour constitutionnelle ont été limogés jeudi, a annoncé Anadolu. Comme chaque jour depuis le coup d'État manqué, le président Erdogan a dénoncé en termes très vifs le "virus" des sympathisants de Gülen "qui s'est répandu partout" et que la Turquie "est obligée de nettoyer".

"Chaque école, chaque maison [...] et chaque compagnie de cette structure (le réseau des proches de Gülen) est un nid de terroristes, a lancé le chef de l'État. Ces gens sont des meurtriers, des hypocrites [...] des voleurs."

"Ceux déjà arrêtés ne sont que le sommet de l'iceberg, a-t-il poursuivi. Les autres restent à l'œuvre. Il ne fait pas de doute que le monde des affaires est un pilier de l'organisation", a-t-il assuré devant un groupe de membres des Chambres de commerce à Ankara. "Nous couperons tous leurs liens d'affaires, tous les revenus des entreprises liées à Gülen", a-t-il promis.

Purge généralisée

La traque implacable des sympathisants, réels ou supposés, de Gülen en Turquie a touché tous les secteurs de la société, laminant en particulier l'armée -- près de la moitié des généraux ont été limogés -- l'éducation, la justice et les médias, dont 131 ont été abruptement fermés.

Selon les dernières données fournies mercredi par le ministre de l'Intérieur Efkan Ala, près de 26 000 personnes ont été placées en garde à vue et 13 419 étaient en détention préventive. Au total plus de 50 000 limogeages ont eu lieu.

Avec AFP

 

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