SOUDAN DU SUD

Juba accepte le déploiement d’une force régionale au Soudan du Sud, affirme l'Igad

Un soldat ougandais de la Force de défense du peuple ougandais (UPDF), sur une base militaire de Juba le 22 octobre 2015.
Un soldat ougandais de la Force de défense du peuple ougandais (UPDF), sur une base militaire de Juba le 22 octobre 2015. Charles Lomodong, AFP

L’organisation des États d’Afrique de l’Est a affirmé vendredi que le Soudan du Sud avait accepté l'envoi sur son territoire d'une force régionale, à la suite des récents affrontements dans la capitale, Juba.

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Le Soudan du Sud a accepté le principe de l'envoi sur son territoire d'une force régionale à la suite de récents affrontements dans sa capitale Juba, ayant mis en péril un fragile accord de paix, a annoncé vendredi 5 août Mahboub Maalim, le secrétaire exécutif de l'organisation des États d'Afrique de l'Est (Igad).

"Les chefs d'État ont demandé aux chefs d'état-major des pays membres de se rendre à Juba et de travailler avec le gouvernement sud-soudanais pour déterminer les modalités exactes de cette force", qui pourrait avoir pour rôle d'aider à la mise en œuvre de l'accord de paix d'août 2015, ainsi que la "protection des civils et des questions humanitaires", a-t-il précisé.

Cette annonce a surpris plus d’un diplomate. En effet, le président Salva Kiir avait martelé, dans la foulée des combats entre ses troupes et celles de l'ancien vice-président Riek Machar (8-11 juillet), être farouchement opposé au déploiement de nouvelles troupes étrangères dans son pays. Certains voient dans cette décision un stratagème du gouvernement sud-soudanais pour gagner du temps.

Mission de l’ONU insuffisante

Les Casques bleus sont déjà 12 000 au Soudan du Sud mais la mission de l'ONU (Minuss) a été critiquée pour ne pas avoir réussi à endiguer les récents combats à Juba, qui ont fait plus de 300 morts et au moins 60 000 réfugiés.

L'Union africaine, lors de son dernier sommet mi-juillet, s'était prononcée en faveur de l'envoi d'une "force régionale de protection" avec un mandat plus robuste que la Minuss. L'Éthiopie, le Kenya et le Rwanda s'étaient dits prêts à fournir des troupes dans le cadre de cette force régionale.

Riek Machar a fui Juba dans la foulée des affrontements de juillet et le président Kiir a ensuite annoncé son remplacement à la vice-présidence par le ministre des Mines du gouvernement d'union nationale, Taban Deng. C'est ce dernier qui représentait le gouvernement sud-soudanais au dernier sommet de l'UA.

L'Igad a appelé Riek Machar à rentrer à Juba et Taban Deng aurait offert de lui rendre le poste de vice-président s'il répondait à cet appel, selon Mahboub Maalim.

Les récents combats ont coïncidé avec le cinquième anniversaire de l'accession à l'indépendance du pays, en proie depuis décembre 2013 à une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de mort et 2,5 millions de déplacés. Selon l'ONU, six millions de Sud-Soudanais, sur une population de 11 millions, ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence.

Avec AFP
 

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