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Jeux de Rio : les incidents s'accumulent, la sécurité sous le feu des critiques

© AFP, Ysuyoshi Chiba | Des soldats brésiliens patrouillent à l'aéroport international de Rio.

Texte par Alcyone WEMAËRE

Dernière modification : 09/08/2016

Braquages, agressions, balle perdue… Malgré le dispositif de sécurité spectaculaire déployé à Rio, les incidents autour des JO se multiplient. Lors des événements internationaux, une trêve de la criminalité est pourtant traditionnellement observée.

"Je pense que Rio sera la ville la plus sûre du monde au mois d’août". Cette déclaration du maire de la ville, Eduardo Paes, qui remonte à plusieurs semaines, ferait presque sourire alors que le coup d’envoi des Jeux remonte à 72 heures. Car malgré la mobilisation sans précédent dans l’histoire du Brésil pour garantir la sécurité de la ville pendant les olympiades, le désaveu semble déjà sans appel. À chaque jour, son lot d'incidents suffisamment graves pour être relayés dans les médias du monde entier.

La première agression à faire du bruit depuis le début des Jeux est, en soi, tout un symbole : vendredi 5 août, le soir même de la cérémonie d’ouverture, le coordinateur de la sécurité des cérémonies des Jeux, Felipe Seixas, a été pris à partie par quatre hommes armés de couteaux à la sortie du stade Maracaña. L’un des deux policiers en civil qui l’escortaient a abattu l’un des voleurs présumés.

Le lendemain, c’est une balle, de calibre militaire, qui a traversé la toile de la salle de presse des épreuves d'équitation…. sans faire de blessé mais en ratant de peu un officiel néo-zélandais. Une balle perdue "qui ne visait pas les Jeux", a précisé la direction de la communication du comité organisateur. Le même jour, près de la plage de Copacabana, une petite explosion a été entendue à proximité de la ligne d'arrivée de l'épreuve de cyclisme sur route. Une fausse alerte à la bombe : un sac suspect avait été trouvé et les forces de l’ordre ont décidé d'appliquer la procédure et de faire exploser l'objet. La crainte d’une attaque terroriste pèse sur les Jeux et fin juillet, dix personnes suspectées de préparer un attentat ont été arrêtées.

Dimanche, le commissariat spécialisé pour les touristes (DEAT) a confirmé l’agression d’"un ministre d'État étranger" la veille au soir à Ipanema, l'un des quartiers les plus chics de Rio. Les détails ont filtré depuis : la victime est le ministre de l'Éducation du Portugal, Tiago Brandao Rodrigues, 39 ans. Menacé à l’arme blanche par deux hommes, il s’est fait délester de son argent, de son téléphone portable et de son sac. L’un des deux agresseurs a été arrêté peu après et le ministre a pu récupérer ses effets. "Cela a été une belle frayeur", a commenté une collaboratrice du ministre.

Hausse de 81 % des vols à la tire en juin

Mais la criminalité autour des Jeux n’a pas attendu le coup d’envoi des JO : au mois de mai, le navigateur espagnol Fernando Echavarri et deux autres membres de l’équipe espagnole s’étaient fait voler leurs téléphones portables sous la menace d’une arme. "Nous avons eu de la chance de nous en sortir", avait alors réagi le sportif. En juin, la navigatrice paralympique australienne, Liesl Tesch, et une dirigeante de la fédération s’étaient fait voler leurs vélos sous la menace d’une arme dans un parc près de l’hôtel. La responsable de la délégation olympique australienne avait alors appelé les autorités brésiliennes à hausser immédiatement le niveau de sécurité "avant qu'un athlète ne soit blessé". En juillet, la délégation danoise a, pour sa part, déposé environ 150 plaintes pour des vols de vêtements, téléphones et autres tablettes au Village olympique. Il y a quelques jours, les athlètes jamaïcains rapportaient, eux, avoir entendu des coups de feu près de leur hôtel situé près de l’aéroport.

Cette succession non exhaustive d’incidents entourant les Jeux n’est pas un phénomène isolé ne touchant que les athlètes. Pour le seul mois de juin, 11 000 vols à la tire ont été recensés dans les rues de Rio… soit 81 % de plus que l’an passé à la même période, relève ainsi le New York Times. Mi-juillet, alors que plusieurs fusillades mortelles en l’espace de quelques jours avaient suscité l’inquiétude dans la ville, le secrétaire d'État chargé de la sécurité de Rio, José Mariano Beltrame, avait commenté, fataliste : "historiquement, malheureusement, Rio de Janeiro est ainsi".

Près de 85 000 hommes – dont 23 000 soldats – ont pourtant été déployés dans les rues de la ville, soit deux fois plus que pour les JO de Londres en 2012, aiment à rappeler les autorités brésiliennes. La ville va-t-elle vraiment enregistrer un regain de criminalité lors des Jeux ? Il est encore trop tôt pour le dire. Pendant les grands événements internationaux, une "trêve" de la criminalité est traditionnellement observée dans la ville. La Coupe du monde 2014 avait, par exemple, été considérée comme un succès vis-à-vis de la protection des touristes et des sportifs.

Amnesty craint un regain de violences policières

Sans surprise, le niveau de sécurité à Rio est un sujet de vives tensions sur le plan politique. Un mois avant le début des JO, le maire de la ville avait ainsi ouvertement critiqué, sur CNN, l’État de Rio : "Assurer la sécurité est de la responsabilité de leurs équipes. Mais, jusqu’à maintenant, elles n’ont pas assuré. Elles ont fait un travail horrible et terrible", avait-il raillé. Au cœur de la discorde : les coupes budgétaires en matière de sécurité. De nombreux policiers sont d’ailleurs en conflit avec l'État de Rio : ils affirment ne pas avoir été payés depuis des semaines. À la sortie de l'aéroport de Rio en juillet, ils accueillaient les touristes avec des pancartes "welcome to hell"  (bienvenue en enfer).

Au-delà des inquiétudes concernant la sécurité des visiteurs, les organisations de défense des droits de l’Homme s’inquiètent d’un possible regain de violences policières visant les habitants des favelas à l’occasion des Jeux. "En 2014 – quand le Brésil a accueilli la Coupe du monde de la Fifa – le nombre d’homicides commis par la police dans l’État de Rio de Janeiro a augmenté de 40 %", a alerté Amnesty international dans un rapport paru en juin. On peut y lire qu’en 2015, à Rio, un homicide sur 5 a été commis par la police. De jeunes hommes noirs pour la plupart.

 

Première publication : 08/08/2016

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