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Éthiopie : une centaine de morts dans la répression des manifestations antigouvernementales

En décembre 2015, des Éthiopiens portent le deuil d'un homme tué par les forces armées dans le village de Yubdo, lors de manifestations.
En décembre 2015, des Éthiopiens portent le deuil d'un homme tué par les forces armées dans le village de Yubdo, lors de manifestations. Zacharias Abubeker, AFP

Une centaine de personnes ont été tuées les 6 et 7 août, en Éthiopie, lors de manifestations antigouvernementales violemment réprimées par les autorités dans le Centre-Ouest et le Nord, selon un bilan d'Amnesty international.

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La contestation a été réprimée dans le sang. Une centaine de personnes ont été tuées les 6 et 7 août en Éthiopie lors de manifestations antigouvernementales violemment réprimées par les autorités dans les régions Oromo (centre et ouest) et Amhara (nord), d'après l'organisation de défense des droits de l'Homme, Amnesty international, qui accuse les forces de sécurité d'avoir tiré à balles réelles sur des "manifestants pacifiques".

Un précédent bilan fourni par l'opposition faisait état d'une cinquantaine de victimes. "Selon nos informations, entre 48 et 50 manifestants ont été tués dans la région Oromo", avait déclaré, lundi, à l'AFP Merera Gudina, figure de l'opposition éthiopienne et président du Congrès du peuple Oromo. "Ce bilan pourrait être beaucoup plus élevé car il y a de nombreux blessés" par balles, avait-il ajouté.

Une source diplomatique en poste à Addis Abeba, interrogée par l'AFP, avait pour sa part rapporté un bilan provisoire de 49 morts pour les deux régions, Oromo et Amhara. Selon cette source, au moins 22 personnes ont été tuées dans la région Oromo, dont 15 dans la seule localité de Nekempte.

>> À lire sur France 24 : "La colère des Oromos, laissés-pour-compte du développement éthiopien"

Le gouvernement n'a pas encore fourni de bilan, mais a évoqué dans un communiqué des manifestations "illégales" organisées par "des ennemis étrangers [...] en partenariat avec des forces locales".

Par le passé, le gouvernement a régulièrement accusé des "groupes terroristes" et des forces étrangères, singulièrement érythréennes, d'être à l'origine de ces mouvements de protestation, aux motivations conjoncturelles différentes, mais qui ont en commun la critique croissante d'un appareil d'État essentiellement aux mains de responsables issus de la région du Tigré (nord).

Embarqués dans des pick-up de la police

Des rassemblements se sont déroulés samedi dans l'ensemble de la région Oromo, y compris dans la capitale Addis-Abeba habituellement épargnée par les manifestations.

Environ 500 manifestants oromo s'y sont rassemblés samedi matin sur Meskel Square, la place centrale de la capitale, les mains croisées au-dessus de la tête en signe de défiance, avant d'être violemment dispersés, et pour certains arrêtés et embarqués dans des pick-up de la police. D'autres manifestations se sont déroulées dimanche dans la région Amhara.

>> À lire sur Les Observateurs : "Les Oromos d’Éthiopie se rebellent contre Addis Abeba"

Dimanche, ce fut au tour de la région Amhara. Ensemble, les deux régions représentent un peu plus de 60% des 100 millions d'habitants que compte l'Éthiopie.

Vendredi, le Premier ministre, Haile Mariam Dessalegn, avait autorisé la police à utiliser tous les moyens nécessaires pour empêcher ces rassemblements.

Lundi, le gouvernement avait affirmé que les "forces locales", selon lui à l'origine des manifestations, avaient été "arrêtées" car elle détruisait des propriétés et tuaient des civils ainsi que des membres des forces de sécurité.

Avec AFP
 

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