Dans la presse

"L'été sous état d'urgence"

France 24

Au menu de cette revue de presse française, lundi 8 août, le rassemblement de plusieurs centaines de milliers de personnes, hier, à Istanbul, à l’appel de Recep Tayip Erdogan, la répression qui frappe la société civile en Chine, l’été français sous l’état d’urgence, et les plaisirs des vacances solitaires.

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On commence cette revue de presse française en Turquie, où des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées hier à Istanbul, à l’appel de Recep Tayip Erdogan.
 
Le président turc avait invité ses partisans à exprimer leur condamnation de la tentative de putsch qui l’avait visé le 15 juillet dernier - il a été visiblement entendu. La Croix évoque «un rassemblement en faveur du régime», dans un pays «à l’heure Erdogan» - un pays où règne une atmosphère d’unité nationale, dont seule la gauche prokurde du Parti de la démocratie des peuples, le HDP, aurait été exclue. «Aujourd’hui ce qui est important, c’est la défense du pays, bien avant les querelles politiques. En réagissant mollement à la tentative de putsch, vous en Europe, avez fait une grave erreur», explique un vieux partisan kémaliste interrogé par la Croix, qui juge, pour sa part, que le putsch manqué contre Erdogan, qui a répété hier être favorable au rétablissement de la peine de mort, lui a permis de «raffermir encore plus son pouvoir». Si le journal dit «comprendre» que l’Europe «fasse preuve de prudence face à l’un des rares pays encore stables dans une région à feu et à sang», il prévient, néanmoins, qu’«il serait urgent de dessiner les bases d’une réponse européenne concertée fondée sur les valeurs communes, qui dépasse une Realpolitik à courte vue. Sinon, on risque de pousser la Turquie dans les bras d’un Poutine, qui n’en demandait pas tant». Le président russe et le président turc doivent de rencontrer demain, à Saint-Pétersbourg. Selon la Croix, les retrouvailles entre les deux dirigeants devraient permettre au patron du Kremlin «non seulement de tourner la page d’une longue crise diplomatique, mais aussi d’utiliser Ankara dans son bras de fer avec les Européens et les Américains» - et réciproquement. Le journal rappelle que Vladimir Poutine a été le premier à appeler Recep Tayip Erdogan après le putsch manqué, et qu’il n’a pas condamné sa gestion de l’après­-coup d’État – une réaction qui a pris la forme de purges d’une ampleur inouïe, 18 000 interpellations, 60 000 mises à pied, qui est jugée brutale par les Occidentaux, mais à laquelle le président russe a réagi, lui, avec empathie, pour ne pas dire sympathie, accélérant au passage le rapprochement des deux pays - qui s’était déjà manifesté, avant le putsch, par l’annonce de la reprise des vols réguliers et des ventes de voyages organisés de la Russie vers la Turquie, et depuis, par la relance du projet de gazoduc TurkStream, qui doit faire de la Turquie un pays de transit du gaz russe vers l’Europe et éviter ainsi un passage par l’Ukraine.
 
Répression en Turquie, mais aussi en Chine, où trois personnalités de la société civile ont été condamnées, en une semaine, à de lourdes peines de prison. C’est la Croix, toujours, qui fait état de ces «procès-spectacles» qui illustrent, à ses yeux, «la politique de répression tous azimuts» du président Xi Jinping. Une répression contre les présumés corrompus du Parti, mais aussi touts ceux qui proposent une politique alternative au sein de la société civile, dont Gou Hongguo, un militant des droits de l’hommme qui avait combattu les expropriations forcées, condamné vendredi à trois ans de prison avec sursis, Hu Shigen, auteur dissident et responsable d’églises clandestines à Pékin, qui a écopé de 7 ans et demi avec sursis, et Zhai Yanmin, organisateur de manifestations, de trois ans et demi avec sursis.
 
En France, il est beaucoup question, ce matin, des répercussions de la menace terroriste sur le secteur touristique. Depuis l’attentat de Nice, le 14 juillet, la surveillance a été renforcée sur tous les sites accueillant des touristes et des vacanciers. A quoi ressemble «l’été sous état d’urgence?». Le Parisien rappelle que le «contexte anxiogène» a dissuadé beaucoup de touristes étrangers de venir en France, entraînant aussi l’annulation, pour raisons de sécurité, de plusieurs festivités. La plus emblématique est sans doute celle de la braderie de Lille, la plus grande brocante d’Europe, qui se tient chaque année au mois de septembre. Une illustration du «dilemme auquel sont confrontés les politiques», d’après l’Opinion. «Il devient maintenant clair, que de façon durable, nous ne vivrons plus comme avant, qu’il nous faudra capituler sur cet accessoire qui parfois fait l’essentiel. Le massacre de Nice a touché un symbole de la République, cassé une vitrine touristique et discrédité l’efficacité de l’Etat. Les annulations d’événements démontrent qu’il a aussi déstabilisé pour un temps notre vie de tous les jours. Qu’elles n’émoussent pas notre esprit collectif de résistance».
 
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