ISRAËL

Israël arrête un second employé humanitaire, accusé d'aider le Hamas palestinien

À Gaza, des Palestiniens devant une résidence financée par le Programme des Nations unies pour le développement.
À Gaza, des Palestiniens devant une résidence financée par le Programme des Nations unies pour le développement. Saïd Khatib, AFP

Les autorités israélienne ont annoncé, mardi, l'arrestation et l'inculpation d'un deuxième employé palestinien, qui travaille pour l'ONU dans la bande de Gaza. Il est accusé de contribuer aux activités terroristes du Hamas, qui dirige l'enclave.

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Pour la seconde fois en moins d'une semaine, Israël a annoncé, mardi 9 août, l'arrestation d'un autre humanitaire palestinien travaillant dans la bande de Gaza et accusé de s'être mis au service du Hamas islamiste qui dirige ce territoire.

Si le premier humanitaire dirigeait les opérations de la grande ONG chrétienne américaine World Vision dans la bande de Gaza, le second travaillait pour l'une des grandes agences onusiennes, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

Le gouvernement israélien a vu dans ces deux arrestations exceptionnelles l'illustration du propos qu'il tient de longue date sur l'exploitation faite, selon lui, de l'aide internationale par son ennemi le Hamas. Il a laissé entendre qu'elles pourraient ne pas être les dernières.

Wahid Borsh, 38 ans et originaire de Jabalia (nord de la bande de Gaza), a été arrêté le 16 juillet dans des circonstances non précisées, et a été inculpé mardi, a indiqué le Shin Beth, la sécurité intérieure israélienne, dans un communiqué publié par le gouvernement.

Ingénieur employé depuis 2003 par le Pnud et travaillant à la démolition des bâtiments endommagés au cours des conflits successifs dans la bande de Gaza, il est accusé de "s'être servi de son poste pour fournir une assistance matérielle aux activités terroristes et militaires du Hamas", ajoute le Shin Beth.

Dépendants de l'aide étrangère

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Si le Hamas dirige sans partage la bande de Gaza, Israël en contrôle les frontières (sauf celle du sud fermée quasiment en permanence avec l'Égypte) et soumet le territoire, en proie à une crise humanitaire chronique, à un strict blocus. Deux tiers des 1,9 million de Palestiniens qui vivent entassés sur un territoire exigu sont tributaires d'une aide étrangère dont l'acheminement dépend à la fois d'Israël et des islamistes palestiniens du Hamas.

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Agissant sur les instructions d'un haut responsable non identifié du Hamas, Wahid Borsh a participé l'an dernier à la construction, avec des ressources du Pnud, d'une jetée destinée aux activités navales du Hamas, selon le Shin Beth. Il intervenait auprès des responsables du Pnud pour qu'ils donnent la priorité, dans leurs programmes de réhabilitation, à des secteurs habités par des membres du Hamas, a ajouté le service de sécurité israélien. Quand des armes ou des tunnels à vocation militaire étaient découverts dans des maisons vouées à la réhabilitation par le Pnud, il en informait le Hamas qui prenait le contrôle des lieux, a-t-il poursuivi.

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Le 4 août, Israël avait annoncé une première arrestation, survenue mi-juin, et l'inculpation du directeur à Gaza de l'ONG chrétienne américaine World Vision, Mohammed Halabi. Les services israéliens l'accusent d'avoir détourné chaque année 7,2 millions de dollars (6,5 millions d'euros) pour le Hamas et sa branche armée. World Vision a dit prendre les accusations très au sérieux et a suspendu ses opérations à Gaza, mais a émis des doutes sur plusieurs points, notamment les chiffres présentés par Israël qu'elle a jugés irréalistes.

"Exploitation systématique"

Selon le Shin Beth, Wahid Borsh a déclaré que d'autres palestiniens employés par les organisations d'aide travaillaient aussi pour le Hamas.

"Il ne s'agit pas d'un cas isolé, mais d'une tendance inquiétante à l'exploitation systématique des organisations onusiennes, par les terroristes du Hamas", a déclaré dans un communiqué l'ambassadeur d'Israël aux Nations unies, Danny Danon. Les Nations unies doivent écarter tous leurs employés travaillant en même temps pour le Hamas, couper tous les ponts avec des organisations qui le soutiennent et mettre en place de vigoureux mécanismes de contrôle, a prévenu Danny Danon.

Israël avait déjà accusé le Hamas de se servir d'installations de l'ONU pour combattre l'État hébreu pendant la guerre de 2014.

L'arrestation du directeur d'une ONG aussi connue que World Vision et l'ampleur de la fraude qui lui est reprochée ont suscité l'émoi parmi les nombreuses organisations intervenant à Gaza et dans la communauté des pays donateurs qui les financent.

Avec AFP

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