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Crimée : tensions entre Kiev et Moscou après le déploiement d'un système anti-missiles russe

AFP

Après avoir accusé l'Ukraine d'envoyer des groupes "terroristes" en Crimée, la Russie a annoncé avoir déployé un système anti-missiles dans la région. Washington et l'Union européenne ont exprimé leur préoccupation.

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La tension entre la Russie et l'Ukraine s'est accrue, vendredi 12 août, avec l'annonce par Moscou du déploiement en Crimée de systèmes de défense antiaérienne et antimissile dernier cri.

L'Union européenne (UE), par la voix de sa chef de la diplomatie, Federica Mogherini, a appelé, à la suite de Washington, à éviter "toute action qui pourrait mener à une nouvelle escalade", et a réaffirmé son soutien à la "souveraineté" de l'Ukraine. L’UE "condamne et ne reconnaît pas l'annexion illégale de la Crimée" par la Russie en 2014, a rappelé Federica Mogherini dans un communiqué.

Par un communiqué militaire cité par les agences de presse russes, un régiment russe basé en Crimée avait auparavant confirmé avoir "reçu le système de défense S-400 Triumph". Ce déploiement était attendu, un haut responsable russe l'ayant annoncé le mois dernier, mais il intervient à un moment où le ton est monté entre Moscou et Kiev, avec les accusations les plus graves échangées depuis des mois.

"Provocations"

À l'origine de cette nouvelle crise : les services de renseignement russes (FSB) accusent Kiev d'avoir envoyé en Crimée des groupes de "saboteurs-terroristes", avec lesquels des affrontements ont causé la mort, selon Moscou, d'un agent du FSB et d'un militaire russe. Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a affirmé que la Russie pourrait rompre les relations diplomatiques avec l'Ukraine s'il n'y avait pas d'autres "moyens d'influer sur la situation".

Les explications de notre correspondante à Moscou

Kiev, qui a placé ses troupes en état d'alerte le long de la ligne de démarcation avec la Crimée et dans l'Est, a rejeté ces accusations et a répliqué vendredi, par la voix du ministère de la Défense, que "l'ennemi prévoit des provocations de masse le long de la ligne de front dans l'est de l'Ukraine, qui seront suivies d'accusations selon lesquelles la partie ukrainienne ne respecte pas les accords de Minsk".

>> À voir sur France 24 : "Ukraine, la crise oubliée par l'Europe ?"

Pour les observateurs, les conditions de ces affrontements demeurent "très obscures", indique Elena Volochine, correspondante de France 24 en Russie. L’hypothèse la plus partagée par les analystes à Moscou, c’est celle d’une tentative de diversion autonome et isolée qui aurait été montée en épingle par le FSB pour embraser la situation. Mais de nombreuses questions restent en suspens, notamment celle sur la stratégie de Vladimir Poutine qui a immédiatement fait de cet incident une affaire d’État et refuser de participer aux prochains pourparlers de paix sur l’Ukraine prévus en septembre."

Situation "très alarmante"

Face à ce regain de tensions, les États-Unis se sont déclarés jeudi "extrêmement inquiets" et ont appelé les deux camps à éviter toute "escalade". Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a souligné la nécessité de résoudre le conflit "par le dialogue".

C'est "un nouveau pas vers la sortie de la logique du processus politique et un pas vers la logique d'un affrontement militaire", a déclaré de son côté à l'AFP le représentant spécial du gouvernement allemand pour la Russie, Gernort Erler. "Tout cela est très alarmant".

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a quant à lui appelé les Occidentaux à mettre en garde Kiev "contre des mesures dangereuses qui pourraient avoir les conséquences les plus négatives".

Dans ce contexte, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui surveille l'évolution de la situation en Ukraine, a annoncé vendredi avoir augmenté le nombre de ses observateurs au niveau de la frontière avec la Crimée.

Au cours d'une séance à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU, l'Ukraine a demandé à la Russie de fournir des preuves pour étayer ses accusations, également mises en doute par les États-Unis et l'Otan.

Avec AFP

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